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Pourquoi je suis devenue Vegan

Un jour, je suis allée interviewer Franz-Olivier Giesbert. J’avais prévu d’interroger le sémillant directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Le Point sur les rapports des politiques à l’exposition de leur vie privée, Mitterrand-Mazarine, Hollande-Gayet… Mais il m’a raconté une toute autre histoire et elle m’a remuée. Fog venait de sortir un livre intitulé l’animal est une personne. Un réquisitoire pour le bien-être animal. Une cause où personne ne l’attendait. Le journaliste qui avait grandi à la campagne racontait ces veaux qu’on séparait de leur mère à la naissance et qui marchaient à peine lorsqu’on les dirigeait vers l’abattoir. Si terrifiés qu’ils sanglotaient comme des enfants, tellement en manque d’amour maternel qu’ils léchaient la main qui allait les tuer … Autour de moi, l’histoire avait fait sourire.

On sait aujourd’hui que les animaux sont sensibles, intelligents, sociaux. Comme n’importe quel être humain doté d’un tant soit peu d’empathie, j’ai frôlé le malaise en voyant les images de ces porcs asphyxiés lentement au dioxyde de carbone, après une courte vie passée emprisonnés dans une cage si petite qu’ils ne peuvent même pas se retourner, trouvé courageux ces employés d’abattoir qui risquent leur job en introduisant sur leur lieu de travail une caméra pour le compte de L214, j’ai été interpellée par les scandales à répétition touchant l’industrie de la viande…

J’étais comme beaucoup : à me révolter un jour et puis à passer rapidement à autre chose parce que la nourriture toute faite, qu’on avale sans se poser de questions, c’est quand même beaucoup plus pratique ; Vive les pâtes bolo, les cordons bleus pour les enfants, manger n’importe quoi à n’importe quelle heure, lors de bouclages qui s’éternisent parfois jusque tard dans la nuit. Le distributeur de boissons chocolatées, les « boites de 20 » du MacDo étaient mes amis. Je me suis fait avoir par les trésors d’ingéniosité déployés par l’industrie pour me faire oublier - parce que nous ne demandons que ça, oublier- qu’il y avait un lien entre la viande qui se retrouvait dans mon assiette et l’animal.

Et puis un jour, à force de lire, d’écouter, de me documenter, l’idée qu’il fallait arrêter la viande et le lait s’est imposée. Parce que les souffrances imposées aux animaux me sont devenues insupportables. Pourquoi s’indigner devant ces chinois qui mangent des chiens, nous qui avalons des poulets, des lapins, des bœufs, gavons des oies ? Giesbert l’avait souligné dans son interview : Nous vivons une époque où les animaux de compagnie sont traités d’une façon jamais vue dans l’histoire de l’homme : certains vont chez le psy emmené par des maitres « in love". D’autres, les animaux de boucherie sont plus mal traités qu’ils ne l’ont jamais été. Saignés à vif lorsque la viande doit être halal. Pendus à des crocs, désencornés parfois encore vivants lorsque l’électronarcose (l’étourdissement des bêtes par décharge électrique) n’a pas fait son effet. Et dans les blancs de poulet achetés sous vide ou chez le boucher, je n’ai bientôt plus vu que les torses surdimensionnés des volailles déséquilibrées par la croissance accélérée qui leur est imposée….

On ne va pas se mentir : je ne suis pas devenue une vegan obsessionnelle, à concocter des recettes avec des nouveaux aliments dont je n’avais même pas entendu parler six mois auparavant. Je manque trop de temps pour passer des heures en cuisine mais je veux savoir ce que je mange. Ce que je fais manger à ceux que j’aime. Comment continuer à leur faire ingurgiter cette viande bourrée d’antibios et de toxines que l’animal stressé libère à l’approche de sa mise à mort ? Comment continuer en tant que consommateur à soutenir l’élevage intensif qui épuise les ressources de la planète, encourage la déforestation, est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre ? Bientôt, nous serons dix milliards et il n’y aura plus assez de terre et d’eau pour nourrir toute la planète. Cette terre dont les scientifiques annoncent qu’elle a vu, en quarante ans, disparaître 60% du vivant…

Evidemment, ne plus porter ce fabuleux sac Chloé acheté sur Vestiaire collective ne me fait pas particulièrement plaisir. Et je lutte contre la petite musique qui me dit que ce it bag a été acquis il y a plusieurs mois, que l’animal était déjà mort bien avant que je prenne conscience de tout cela… Je vacille, je résiste, j’apprends, je doute parfois…

Mais je ne veux plus être dupe. D’autant qu’il existe des alternatives. C’est le nom de cette page destinée à accompagner des transitions comme la mienne vers le véganisme. Une transition douce, raisonnée et en fin de compte pas si difficile. Je suis une vegan en devenir. J’ai déjà repéré des sites où les sacs vegan sont loin d’être moches. Des doc Marteens qui ressemblent à s’y méprendre à celles en cuir. Des supermarchés où je peux commander des produits veggie en une seule fois sans avoir à courir tout Paris. Des trucs assez bons d’ailleurs et pas trop chers ! Des aliments dont on sait qu’ils sont bons pour la santé. D’autant que le lien entre viandes rouges et certains cancers et maladies cardio-vasculaires est avéré. Nous sommes à la veille d’une révolution alimentaire, ne pas l’appréhender est une folie. De la viande de synthèse existe: Bill Gates, Di Caprio, Evan Williams, le fondateur de twitter investissent pour développer des produits révolutionnaires qui ressemblent à de la viande et qui en ont le goût mais sont 100% à base d’ingrédients végétaux, sans soja, sans gluten, sans cholestérol, sans OMG, antibiotiques ou hormones . L’urgence est là ; Car si tous les habitants de la planète voulaient manger autant de viande qu’un européen moyen, une seule planète ne suffirait pas.

Le but d’Alternative Vegan est d’informer, d’enquêter, de dénoncer et de proposer. Après 30 ans de presse, j’ai appris à décrypter les postures des avocats – enfin, je crois – l’habileté des puissants pour contourner la loi, le talent des marques et de l’industrie de luxe et des cosmétiques pour faire oublier d ‘où vient leur matière première. Sur cette page qui n’a aucun intérêt commun avec les industries agro-alimentaires et qui ne bénéficie d’aucune recette publicitaire, interviennent des spécialistes. Certains qui se dressent contre l’enfer qui vient, d’autres que la puissante industrie alimentaire tente de faire taire, d’autres encore qui ont trouvé des solutions alternatives. Parce qu’une autre alimentation est possible. Un nouveau mode de vie, qui gagne en qualité, de nouveaux plaisirs sains, un nouveau mode de consommation, plus responsable et plus économique. Sans carences. Et sans prise de tête. Et si je voulais vous donner encore davantage l’envie de me suivre, je vous dirais que les vegans pèsent dix kilos de moins que les mangeurs de viande et ont moins d’attaques cardiaques. Ils vivent mieux et plus vieux. Alors ? Alors, on y va ! c’est la seule alternative :) 

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