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Alternative Vegan informe, enquête, explique, accompagne concrètement vers un mode de vie plus sain, respectueux de l’environnement et des animaux, sans renoncer aux plaisirs de la vie.

Devinez quel est le secret des super centenaires qui vivent à Loma Linda…

Loma Linda - la ville des centenaires

Aimeriez-vous vivre vieux ? A cette question, la plupart d’entre nous répondent tout d’abord oui. Avant de préciser, vivre vieux ok, mais à condition d’être en bonne santé … Vieillir en bonne santé, c’est une question que les habitants de Loma Linda ne se posent pas. Ils ne se la sont même jamais posée.

Des centenaires sous haute surveillance scientifique

Depuis novembre 2005 et un article de l’auteur explorateur Dan Buettner dans le National Geographic, les centenaires fringants de cette ville située à une heure de Los Angeles sont surveillés par les scientifiques comme le lait sur le feu.

Et Loma Linda, la ville où vivent ces cheveux blancs a été classifiée « zone bleue » [1], du nom de ces cinq endroits dans le monde où la probabilité d’atteindre en bonne santé les 100 ans est 10 fois supérieure au reste du monde !

Non seulement les habitants de Loma Linda vivent vieux, mais ils vivent mieux…

  • Ces seniors champions de la longévité vivent 6 à 9 ans de plus que les autres habitants de la Californie [2]. Et ils ont :
  • Réduit de façon significative les maladies cardiovasculaires et le cancer, deux des plus grosses causes de mortalité aux États-Unis.
  • 75% moins de chance que l’américain moyen de développer de l’hypertension [3]
  • 57% moins de chances de développer un diabète de type 2 [4]

« Toutes les maladies qui finissent par tuer les gens sont repoussées chez eux de 4 à 7 ans ».

Affirme le docteur Gary Fraser, professeur de cardiologie à l’université de Loma Linda, qui mène une grande enquête sur la santé de 100 000 habitants de la ville.

Les habitants de Loma Linda n’ont pas de gènes miraculeux…

Ils sont végétariens.

Depuis toujours.

Pas (encore ?) vegan (personne n’est parfait) mais végétariens convaincus. La moitié de la population de Loma Linda appartient en effet à l’église adventiste du septième jour qui prône une rigueur à la fois spirituelle et alimentaire. Pas de viande, pas d’alcool, une intégration dans la vie de la communauté et de l’activité physique, modérée mais régulière. Les petits messieurs et petites dames de Loma Linda n’ont jamais été des habitués des salles de muscu. Mais ils marchent, jardinent, bricolent et se rendent service les uns aux autres.

Ils sélectionnent leurs aliments, veillent à manger des légumes de saison, des graines complètes, des légumineuses.

Ils sont accros aux noix, qu’ils consomment cinq jours par semaine, ou d’autres fruits à coques dont les acides gras insaturés abaisserait le taux de mauvais cholestérol en préservant le bon.

En dehors de tout jugement philosophique ou moral

Ces super centenaires sont la preuve qu’un régime anti viande permet de vivre plus longtemps.

La vie douce, longue et saine des vieux les plus joyeux du monde illustre parfaitement les conclusions de l’étude Campbell. Nom de ce biochimiste américain qui a signé la plus grande enquête nutritionnelle jamais effectuée.

En avez-vous entendu parler ? Si vous êtes français, il est probable que non.

Aux États-Unis, le livre tiré de cette étude s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires. En France, où il est sorti en 2013, il a été complétement zappé. Oublié des plan promos et des émissions télé !

Pourtant, le biochimiste T. Colin Campbell, a travaillé vingt ans durant avec les chercheurs des universités de Cornell (État de New York), d’Oxford, en Grande Bretagne et la Chinese Academy of Preventive Medecine.

Son travail a consisté à comparer les conséquences sur le long terme d’un régime à base de plantes et d’un régime à base de viande.

Ses conclusions – qui, encore une fois, font mondialement référence – sont sans appel. Elles démontrent qu’il y a un lien direct entre la consommation de produits d’origine animale (produits laitiers compris) et cancers du sein, de la prostate et du colon, maladies cardiaques, calculs rénaux et sclérose en plaque.

Et pourtant Campbell, qui a grandi dans une ferme laitière, était plein d’a priori sur les végétariens ! L’étude menée, il s’est rendu à l’évidence

« J’ai réalisé, écrit Campbell, à quel point les bienfaits d’une alimentation végétarienne étaient nombreux et bien plus impressionnants que toute la panoplie médicamenteuse et chirurgicale de la médecine traditionnelle. Nous pouvons éviter dans une large mesure les maladies cardiaques, le cancer, le diabète, les attaques vasculaires cérébrales, l’hypertension, l’arthrite, les cataractes, la maladie d’Alzheimer, l’invalidité et d’autres désordres chroniques (…)[5]

Avant d’expliquer que les innombrables « recherches effectuées sur l’importance des liens entre l’alimentation et la maladie pointaient dans la même direction : les personnes qui mangeaient une très grande quantité d’aliments d’origine animale étaient aussi celles qui souffraient le plus de maladies chroniques » [6]

Depuis des décennies , les super centenaires de Loma Linda savent qu’on peut trouver plus de protéines dans la spiruline ou dans le soja que dans la viande. J’ai d’ailleurs écrit un article sur les meilleures sources végétales de protéines.

Ils savent aussi que contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, ces protéines végétales et animale se valent. (ce sera d’ailleurs l’objet d’une de mes prochaines newsletters).

Enfin, comme les centenaires d’autres zones bleues de la planète, les habitants de Loma Linda ont un « plan de vida »

il consiste à se lever chaque matin en se disant qu’ils ont quelque chose à faire. Ils savent pourquoi ils vivent, même s’il s’agit d’aller aider le voisin à passer la tondeuse !

Ils savent aussi qu’ils sont dans le vrai. Observés, choyés comme des pépites, invités sur des plateaux télé, nos centenaires ont aussi la « chance » de vivre aux États Unis. Un pays où le végétarisme comme le véganisme sont en effet soutenus par les autorités officielles et notamment l’association américaine de diététique (qui compte plus de 70 000 membres, diététiciens et nutritionnistes).

Rien à voir avec la France où le ministère de la santé ne communique aucunement sur la possibilité de vivre sans produits carnés et laitiers. La France où les lobbys veillent. Et où l’État se couche.

Comme le souligne le Dr Jérôme Bernard-Pellet, médecin nutritionniste, dans sa préface consacrée à l’enquête Campbell : « En France, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) n’ose pas aller contre la culture dominante. Or, le rôle des scientifiques ne devrait pas être de chercher un consensus mais bien de dire : voici ce que révèlent les études et voici comment il faudrait s’alimenter si l’on veut être en bonne santé ».

Si vous souhaitez réagir ou si vous avez des questions, je suis preneuse, venez les partager en commentaires sous cet article, j’échangerai avec plaisir avec vous.

On se retrouve très vite,

Laurence


Références

[1] Les autres zones bleues sont :

Buettner les as baptisées zones bleues avec les scientifiques Gianni Pes et Michel Poulain, avec lesquels il travaillait.

[2] 6,1 pour les femmes et 9,5 pour les hommes. Etude menée auprès de 73 308 hommes et femmes de l’église adventiste. Recrutés entre 2002 et 2007, par des chercheurs de l’université de Loma Linda.

[3] Cité dans Moins de viande , Dr Jean-Paul Curtay, Véronique Magnin, Solar editions, p 129

[4] Abeer M.Mahmoud et al., «  Soy isoflavones and Prostate Cancer : A Review of Molecular Mechanisms ». J Streoid Biochem Mol Biol, 2014, 140: 116-32 , cite dans dans Moins de viande , Dr Jean-Paul Curtay, Véronique Magnin, Solar editions

[5] Cité par Aymeric Caron, Nosteak, ed Fayard 2013

[6] L’enquête Campbell, T.Colin Campbell et Thomas M .Campbell, ed J’ai Lu, p 29


Mode éthique : Top 20 des marques vegan en ligne

Marque Vegan éthiques

Qu’est-ce qu’une mode vegan ? C’est une mode qui produit des vêtements sans matières animales ( cuir, soie, fourrure, laine) bien sûr mais pas que… C’est aussi une mode éthique qui utilise des matériaux innovants et souvent recyclés. Les créateurs travaillent du cuir de fruit, du chanvre, du lin, du bambou, de la fausse fourrure, dessinent des doudounes sans plumes…

Longtemps perçue comme un outsider, la mode végane est incarnée dans l’industrie du luxe par Stella McCartney, qui a fait date lors de la fashion week de Paris en 2015 avec sa fausse fourrure ( « fur free fur »).

Cette mode s’est depuis popularisée et l’on trouve aujourd’hui, sur de nombreux sites en ligne des vêtements vegan tendance et abordables. Nous en avons sélectionné une vingtaine, nos préférés.

Bien entendu, aucune des marques que nous vous recommandons ne nous a rémunérés ou offert des produits .

1/ La Seine & Moi

La Seine & Moi est la première marque française de fausse fourrure créée à Paris. Après avoir remporté le prix vegan de la mode décernée par PETA dans la catégorie meilleure fausse fourrure, la réputation de cette enseigne n’est plus à faire. En effet, La Seine & Moi propose de la fausse fourrure de qualité, composée d’acrylique et de modacrylique.

Marque Vegan : La Seine et Moi

Par ailleurs, les pièces proposées se distinguent par un style rétro-pop aux couleurs fun à l’instar du modèle LANA rouge (370€) pour ce printemps ou du manteau fausse fourrure bleu ciel ANNA (550€) pour cet automne/hiver.

C’est un peu cher, mais c’est le prix à payer pour du made in France cruelty-free de qualité !

2/ Asos Green Room

Le célèbre e-shop Asos propose une sélection de pièces eco-friendly à petits prix (entre 15 et 50 euros). Si vous recherchez un jean en coton bio abordable comme le modèle Monki Taiki, nous vous invitons à faire un petit tour sur leur site !

Marque Vegan : Asos
Jean Vegan Taille Haute

3/ Poétique Paris

Poétique Paris revisite des pièces iconiques en apportant sa petite touche d’originalité. Les modèles présentent une très jolie doublure dessinée par des artistes talentueux.

Marque Vegan : Poétique Paris

Labellisée Peta, cette marque éco-responsable propose du faux cuir certifié par l’organisme de contrôle Ecocert et Animal Free à base de polymères issus de ressources durables. On craque pour l’intemporel perfecto en cuir (modèle blouson Grand Cerf) ,  au prix de 360 euros.

4/ Marque Vegan : Numéro Sept

Numéro Sept est une marque mode vegan chic. Si la majorité des pièces sont un brin classiques, le pantalon Fever (110€) et la veste Night (165€) assortie en jacquard et lurex sortent du lot. Numéro Sept utilise des tissus synthétiques, mais elle affirme sa volonté de se tourner vers des matières plus écologiques. On salue l’initiative, nous l’avons donc inclus dans notre sélection !

Marque Vegan : Numéro Sept
Pantalon Vegan

5/ 1083

1083 est une marque vegan qui propose des jeans made in France en coton biologique et en coton recyclé. À moins de 100 euros, vous pouvez trouver le jean parfait pour votre morphologie : droit, évasé, ajusté, fuselé… De quoi satisfaire même les plus exigeants !

Marque Vegan : 1083
Jean Vegan

6/ Save The Duck

Save The Duck est une marque italienne qui propose des vêtements vegan pour hommes, femmes et enfants. Cette enseigne est renommée pour ses doudounes sans plumes d’oie, conçues avec un duvet synthétique. Côté prix, il vous faudra débourser 149 euros pour un modèle classique.

Marque Vegan : Save the Duck
Doudoune Vegan

7/ Marque Vegan : Stella McCartney

Impossible de réaliser une liste des meilleures marques vegan sans mentionner la pionnière de cette mode responsable.

Marque Vegan : Stella McCartney
Robe Vegan

Stella McCartney propose des vêtements haut de gamme conçus avec des matières synthétiques. La collection est époustouflante, mais il faut compter plus de 1000 euros pour une robe (comme le modèle Briana). Du coup, on se contente d’admirer !

8/ Lulu’s

Lulu’s est un e-shop américain qui propose quelques pièces vegan à petit prix !

Marque Vegan : Lulus
Cuir Vegan

Sa gamme de chaussures est beaucoup plus étoffée que sa gamme de vêtements, mais vous pouvez tout de même dénicher de belles opportunités à l’instar de ce perfecto en simili cuir à seulement 69 euros.

9/ Aatise

Aatise propose des vêtements éco-responsables fabriqués en France.

Marque Vegan : Aatise

Si la simplicité est à l’honneur chez les hommes, la collection femme est quant à elle un poil plus extravagante avec des écritures fun et des imprimés estivaux.

On craque pour le t-shirt en lin don’t call me baby (65€) et le débardeur Zuvy imprimé vert kimono (105€).

10/ Dauntless NYC

Dauntless NYC est une marque new-yorkaise qui propose de sublimes perfectos en cuir vegan. Coupe ajustée, finitions remarquables, modèles tendances… c’est le site où shopper les plus belles vestes biker vegan ! Le modèle Hudson (315$) est idéal si vous êtes à la recherche d’un perfecto intemporel.

Marque Vegan : Dauntless
Perfecto Vegan

Par ailleurs, si vous recherchez une pièce originale à la pointe de la mode, vous pouvez jeter votre dévolu sur le modèle Chloe et ses franges bohèmes (380$) ou le modèle Kara et sa fausse fourrure ultra chic (295$).  Les prix sont un peu élevés, mais ils sont justifiés.

11/ Marque Vegan : Hoodlamb

Hoodlamb est une marque certifiée par PETA qui propose des vestes et des manteaux vegan. L’enseigne utilise des matières innovantes pour confectionner ses pièces comme le chanvre ou le plastique recyclé.

Marque Vegan : Hoodlamb

Si vous recherchez une veste en jean, Hoodlamb propose deux modèles hommes et femmes à 130 euros pièce. Mais on vous conseille plutôt de profiter des promotions : en ce moment, il y a 70% sur les parkas !

12/ Marque Vegan : Noumenon

Noumenon est une marque hollandaise vegan certifiée par PETA. L’enseigne utilise des matériaux naturels comme le lin, le coton bio, le Tencel, mais aussi des matériaux innovants recyclés.

Marque Vegan : Noumenon
Top Vegan

Le site propose des pièces raffinées, parfaites pour les amoureuses du style casual chic. On craque pour le Samantha Top idéal pour les beaux jours, mais on reste un peu refroidi par son prix de 165 euros.

13/ Marque Vegan : By Nath

By Nath est une marque de vêtements vegan qui propose des vêtements bio.

Marque Vegan : Bynath fair vegan
T-Shirt Vegan

Si vous recherchez un t-shirt ou un sweat qui clame votre amour pour les animaux (coup de cœur pour le modèle let live), vous trouverez assurément votre bonheur.

Il n’y a pas un choix très large, mais à 30 euros le t-shirt, on ne va pas faire les difficiles !

14/ Dalia Macphee

Dalia Macphee propose des robes de soirée extravagantes dignes des plus grandes stars sur le tapis rouge.

Marque Vegan : Dalia MacPhee
Robe soirée Vegan

Si vous avez une occasion particulière et que vous souhaitez vous la jouer Julia Roberts dans Pretty Woman, vous apprécierez sans aucun doute le modèle Strapless Brocade Gown à 349$. C’est cher, mais n’est pas Julia Roberts qui veut !

15/ Wuxly Movement

Wuxly Movement est une marque canadienne qui propose des manteaux vegan très chauds conçus avec des matériaux innovants. Il n’y a aucune extravagance, à part celle du coût : comptez 569$ pour un bomber et 649$ pour une parka. À ce prix, on préfère économiser un peu plus pour succomber chez Stella McCartney !

Marque Vegan : Wuxly

16/ Marque Vegan : Pepaloves

Pepaloves est une marque de vêtements vegan espagnole.

Marque Vegan : Pepaloves

Sur leur site, vous pouvez retrouver des pièces estivales, colorées et féminines à petit prix. Certains imprimés sont un peu osés, mais quelques articles vintage sortent du lot comme le top Taylor à 39,90€ ou la robe Cheryl à 59,90€.

17/ Marque Vegan : Manifeste 011

Manifeste 011 est une boutique de mode vegan et responsable implantée à Paris.

Marque Vegan : Manifeste 011

Sur leur site en ligne, vous pouvez shopper quelques pièces extravagantes pour un look unique qui ne passera pas inaperçu ! Les plus discrets pourront craquer sur des pièces plus sobres comme la petite robe bustier noire en coton bio (104€) ou le short en soie de bambou (69€).

18/ Marque Vegan : Brave Gentle Man

Brave Gentle Man propose des vêtements vegan pour hommes.

Marque Vegan : Brave Gentle MAN
Chemise Vegan

Les articles sont de qualité, mais le choix est mince et les prix sont un peu trop élevés.

Pour adopter une allure dandy cet été la chemisette en denim recyclé vous coûtera 245 euros. Du coup, il vaut mieux craquer pour leurs chaussures.

19/ Marque Sport Vegan : Miakoda

Miakoda propose des vêtements de sport vegan fabriqués à l’aide de matériaux bio et recyclés.

Marque Vegan : miakodanewyork

Si vous êtes sportive et que vous recherchez une tenue vegan, n’hésitez pas à visiter leur site. La brassière en bambou est à 60$, contre 98$ pour le legging. On vous l’accorde, c’est un peu cher pour faire du yoga…

20/ Marque Vegan : Yazahi

Yazahi est une marque vegan qui propose des t-shirts imprimés pour toute la famille à seulement 35$.

Marque Vegan : Yazahi
T-Shirt Vegan

Cette marque respectueuse de l’environnement imprime chaque vêtement à la commande afin de réduire le gaspillage.Par ailleurs, l’encre utilisée est écologique. Les t-shirts adultes sont sympas, mais on craque surtout pour la collection enfant ultra cute et son modèle Be Brave Tee.

Abattoirs : Manger de la viande c’est cautionner l’enfer

Je veux vivre animaux

Ceux qui y sont rentrés vous disent que ça sent le sang frais, comme à la boucherie, mais en plus fort, une odeur à laquelle il faut ajouter celles des tripes, des intestins, des estomacs… L’odeur est si forte que les gars qui y travaillent s’éloignent des autres en salle de pause pour éviter de dégouter les collègues. Être affecté à la Boyauderie est pour tous une punition…

Je ne connaissais pas ce mot «  boyauderie », et je n’avais aucune raison de le connaître. A la boyauderie, se passent des choses dont le commun des mortels ne doit pas avoir connaissance, comme dans tous les abattoirs d’ailleurs, des choses qui risqueraient de heurter le consommateur. C’est dans la boyauderie de son abattoir de Limoges que Mauricio Garcia Pereira a découvert que certains des utérus des vaches qu’on jetait à la poubelle contenaient des fœtus.

Ces bêtes arrivaient à son poste saignées, déjà décapitées, suspendues par une patte arrière.

Elles avaient été tuées alors … qu’elles étaient pleines.  « Parfois le veau, lui était toujours vivant, à l’intérieur du ventre. Je le voyais bouger, il essayait de sortir ». Au milieu des tripes et des boyaux, Mauricio a ainsi vu dégringoler du ventre de leur mère des fœtus à peine formés mais aussi des veaux sur le point de naître.

Ces phrases sont insupportables à lire, je le sais. Mais est-ce que parce que tout cela est terrible qu’il faut l’occulter ?

QU’AI-JE VU DE PLUS TOUCHANT DANS MA VIE ?

J’ai entendu Mauricio raconter cela et je me suis souvenu des veaux que j’avais vu venir au monde dans la ferme angevine ou je passais mes vacances enfant. Qu’ai-je vu de plus touchant dans ma vie que ce petit sortant du ventre de sa mère, tout humide, chancelant sur ses pattes et tentant bravement, dès ses premières minutes d’existence, de se lever ?

Un vrai combattant ! Une ode à la vie.

Quiconque a approché les veaux sait à quel point ils sont crédules et doux. Sans défense aussi. Ce sont des…bébés.

Les veaux de mon enfance étaient des chanceux. Ils vivaient dans une vraie ferme. Quand une vache vêlait -ça se passait souvent la nuit- c’était l’événement ! Le fermier veillait sa bête quand la mise à bas était imminente, les « renforts » présents à la ferme étaient tirés de leur lit, on toquait à leurs portes et peu importait l’heure !

Il fallait aider la vache. On tirait sur la corde nouée autour des pattes du petit qui se présentait pour l’extraire du ventre maternel d’où il chutait, tout humide sur la paille de l’étable. Là où il allait passer ses premières heures, ses premiers mois avec sa mère.

«JE CROIS QU’ILS NOUS MÉPRISENT. ILS ONT RAISON»

Aujourd’hui, les veaux grandissent seuls et dans des boxs si petits qu’ils ne peuvent se retourner sur eux-mêmes.

Loin de leur mère à laquelle ils ont été arrachés quelques heures à peine après leur venue au monde, ils poussent au sein d’un élevage intensif au milieu d’une armée de semblables volontairement anémiés (pour que leur chair soit plus blanche) et piqués d’antibiotiques. Le journaliste Franz Olivier Giesberg, a décrit ces hangars à engraissage.

«  Dans leur manufactures à escalopes écrit -il  les veaux au regard d’enfant ne se laissent cependant pas prêts à lécher tout ce qui se présente à eux, mais parfois, quand ils lèvent leur museau humide pour nous observer, leurs regards semblent accusateurs, en tous cas là et fatigués de nous voir. Je crois qu’ils nous méprisent. Ils ont raison. Si on est un homme, on ne peut que détourner les yeux devant les leurs ».

Les veaux lèchent tout ce qui s’intéresse à eux, y compris la main qui va les mener à la mort. Ils sanglotent aussi. Comme des nouveaux-nés.

Ce qui est vrai pour les veaux l’est aussi pour les agneaux. Martial Albar, un inspecteur des services vétérinaires qui a fini par démissionner au bout de 12 ans, se souvient de l’abattage des agneaux comme de la pire épreuve de sa carrière : «  Avant d’être abattus, quand ils sont parqués, ils pleurent comme des bébés. On se croirait dans une crèche.» (1)

LES HOMMES COMME LES BÊTES FACE À L’ÉPOUVANTE

A l’abattoir de Limoges, Mauricio Garcia Pereira a su qu’il allait devenir fou quand il a manqué de poignarder son chef de poste…

Ouvrir le ventre des vaches gestantes l’a fait disjoncter. « Choc post-traumatique » a dit le toubib. Maurizio est parti. Non sans avoir filmé l’enfer pour l’association l214 . Il est aujourd’hui sans job. Enfin, il en a un, mais il n’est pas rémunérateur. Il est « lanceur d’alerte », comme on dit aujourd’hui de ceux qui dénoncent, apportent des preuves contre les lobbys, le plus souvent sans gagner une thune.

Il a fait de ses années d’abattoirs un livre (2). Il revient d’un autre monde, où les animaux de boucherie font face à l’épouvante, que vivent aussi à leur façon, les hommes qui croisent leur dernier regard.

UN MONDE PARALLÈLE AU MILIEU DE NULLE PART

Je me souviens d’un de mes cousins à la campagne qui n’était pas trop doué pour les études. A 18 ans, il est parti travailler à l’abattoir. Ca fait trente ans maintenant. Mais je n’ai jamais su exactement ce qu’il y faisait. Les rares fois où l’on a évoqué le sujet, il a éludé… On ne choisit pas ce job. On ne sait même pas exactement d’ailleurs où il s’exerce.

Les abattoirs n’ont en effet pas d’adresses précises, ils sont installés au milieu de nulle part ; Parfois , on ne les trouve même pas sur les GPS. Et quand on les trouve, on ne peut les approcher tant ils sont protégés par des caméras.

UNE ENCEINTE OÙ SEULS LES PLUS ENDURCIS ONT ACCÈS

A l’intérieur même, on se méfie, le pire se planque. La mise à mort des bêtes aux pattes tremblantes, au cul mouillé (face à la peur, les bêtes nous ressemblent, elles se font dessus) se fait « à part », dans une enceinte à l’intérieur de l’abattoir. Seuls les ouvriers les plus endurcis ou les plus taiseux y ont accès.

Les autres plus sensibles, comme Maurizio interviennent à d’autres endroits de la chaîne où l’on ne voit pas les animaux agoniser, bouger encore, suspendus à leur rail parce que le matador a vrillé, ou que le temps entre l’étourdissement et la mise à mort a été trop long et qu’ils se sont réveillés.

14%  DES ANIMAUX SONT DÉCOUPÉS CONSCIENTS

Savez-vous combien d’animaux arrivent à la découpe en toute conscience ? 14% … Quand ça arrive, pas question d’arrêter la chaine ! Au rythme d’une bête abattue par minute, le temps, c’est de l’argent ! Alors dans ces cas-là et contrairement à la loi, il arrive que des animaux soient suspendus encore vivants, saignés, « dépouillés » de leurs sabots et éviscérés alors qu’ils ne sont pas encore morts.

QUI A FAIT CE RÊVE ENFANT ?

Vous, moi, ne résisterions pas deux secondes à un travail dans un abattoir.

Des ouvriers y passent une vie. S’abîment (3). S’alcoolisent parfois. Tous ou presque partent en vrille. Ils sont 80 000 en France aux prises avec un isolement moral, n’osant pas discuter avec leurs collègues ou leurs proches de leur travail, craignant d’être taxés de sensiblerie. La détresse animale se double d’une détresse humaine. Aucun d’entre nous n’a rêvé enfant, de travailler dans un abattoir.

Comme Maurizio, qui a trouvé ce job (12 heures de travail par jour pour 1100 euros net par mois) après avoir dormi dans sa voiture, ils sont là, faute de mieux. Maurizio devait payer sa pension alimentaire. Comme mon cousin, qui, quand il a pris ce travail, accueillait son premier enfant.

À NOUS LES GRILLADES, À EUX LES MÉTIERS DE SALAUDS !

Aux ouvriers des abattoirs, l’insupportable. Eux prennent chaque jour la réalité en pleine face. Pas nous… Je repose la question : est-ce parce que tout cela est terrible qu’il nous faut l’occulter ?

Plus d’un milliard d’animaux sont tués en France chaque année.  

Pardon, mais comme dans un film de science-fiction, j’en viens à trouver légitime que les bêtes de boucheries aient un jour envie de se venger.

BIO OU PAS, LES ANIMAUX SONT TUÉS DE LA MÊME MANIÈRE

Alors, je vous entends comme je m’entendais moi… Je me revois argumenter : « Je n’achète jamais de la viande ailleurs que chez le boucher , au moins, je connais sa provenance ». « Je n’achète que du bio ».

Mais bio ou pas, petits éleveurs ou pas, les animaux sont abattus de la même manière ! Il y a belle lurette que l’abattage est interdit à la ferme pour des raisons sanitaires. L’abattoir de Boischaut dans l’Indre épinglé en novembre 2018  par L214 pour son extrême brutalité était un établissement bio.  Celui de Mauléon (objet d’une enquête en mars 2016) était étiqueté bio et label rouge.

CAMÉRAS DANS LES ABATTOIRS : L’ETAT S’EST COUCHÉ !

Il y a eu des moments avant de devenir vegan ou je me suis rassurée en me disant que maintenant, il y avait des caméras dans les abattoirs. C’était une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Elle n’a pas été tenue.

Au moment de généraliser la vidéosurveillance dans les abattoirs, la chambre syndicale a manifesté son opposition dans un communiqué. « Cela reviendrait à dire que les femmes et les hommes qui œuvrent dans les entreprises françaises ne font pas, ou mal, leur travail. Nous ne pouvons tolérer cela ! » a prévenu la filière dans une tribune diffusée le 28 janvier 2019. L’Etat s’est couché. Seuls les abattoirs « volontaires » peuvent aujourd’hui faire l’objet d’une vidéosurveillance…

UN ABATTAGE CORRECT ? 80% DES ABATTOIRS SOUFFRENT DE «DYSFONCTIONNEMENTS MAJEURS»

Je me suis rassurée aussi en me disant qu’en France, en 2019, tout était mis en œuvre pour que les animaux soient abattus correctement. Après tout, et en dehors de toute considération morale, les industriels eux-mêmes y ont intérêt !

Un animal stressé, sentant la mort venir, est en effet un animal pas bon à manger : sa chair est remplie de toxines.

Las ! Bouffez de la barbaque avec toxines, du moment que vous la bouffez !

Sur les 263 abattoirs d’animaux de boucherie que compte la France, 80% présentent sur leurs chaines d’abattage des « non conformités » ou  des « dysfonctionnements non généralisés mais majeurs » . C’est l’inspection de la protection animale qui le dit, l’écrit.

Et alors ? Et alors rien !

Exiger des industriels qu’ils respectent ces normes, c’est prendre le risque de s’exposer au chantage de la fermeture d’entreprises. Un trop gros risque.

LE BIEN-ÊTRE ANIMAL , UNE PRIORITÉ VRAIMENT ?

Pourtant, des solutions permettant de rendre moins cruelle la mort des animaux d’élevage existent.

Martial Albar, cet ex inspecteur des services vétérinaires qui a fini par démissionner, a sa petite idée : « Il faudrait «  sectionner la moelle épinière au niveau des premières vertèbres cervicales, a t-il expliqué dans une interview à Libération qui a fait date (4).

“Cela entraînerait une insensibilité totale de l’animal et permettrait une mise à mort par saignée sans souffrance. Mais, en France, déplore t-il, on n’est toujours pas capables de tuer des animaux sans les faire souffrir.

La question du bien-être animal n’est une priorité que dans les textes de loi (5).

Aux Etats-Unis, l’universitaire autiste Mary Temple Grandin, professeur de zootechnie et de sciences animales à l’université d’État du Colorado, docteure et spécialiste de renommée internationale , a travaillé sur les animaux « de rente » et a rapproché la perception animale de celles des autistes.. Cette universitaire, surnommée la « voix des sans voix » a listé ce qui effraie tout particulièrement les animaux : les bruits métalliques, les chaînes qui pendent, les alarmes de recul des véhicules, les petits objets traînant par terre, les entrées de couloirs trop sombres…

Si la moitié des abattoirs d’Amérique du nord est aujourd’hui équipée avec du matériel qu’elle a conçu, c’est loin d’être le cas en France.

LES ANIMAUX SONT COMME VOUS ET MOI, ILS NE VEULENT PAS MOURIR

Impossible par exemple de faire entrer les porcs sans brutalité dans les couloirs trop exigus des abattoirs français. Paniqués, sentant qu’ils vont mourir, les porcs refusent d’avancer, même sous les coups d’aiguillon électrique des employés. Les animaux sont comme vous et moi, ils ne veulent pas mourir…

LE MENSONGE DES ANIMAUX ÉTOURDIS

Si les animaux sentent la mort, au moins, peut-on se dire, ne souffrent-ils pas quand il s’agit de les mettre à mort. En France, la loi impose en effet que l’abattage ordinaire passe par une phase d’étourdissement.

Pour étourdir un animal, on peut utiliser un pistolet à tige perforante, un pistolet d’abattage à percussion, l’électrocution ou l’électronarcose (une décharge électrique traversant le cerveau de l’animal dispensé à l’aide de pinces électriques posées sur leurs oreilles) ou enfin une exposition au dioxyde de carbone.

Problème : tous ces procédés sont censés laisser l’animal inconscient jusqu’à la mort. Ce n’est pas le cas

« Il n’y a pas à ma connaissance d’étude sur la perte de sensibilité à la douleur qu’induit l’électronarcose, explique Martial Albar. Autrement dit, rien ne prouve que l’animal ne ressent pas ce qui se passe ensuite. Ce système d’étourdissement, comme les autres procédés, est avant tout utilisé afin de favoriser le travail de l’homme pour la mise à mort car après avoir reçu la décharge, l’animal tombe à plat, inerte (…) »

« Dans tous les abattoirs que j’ai connus, presque systématiquement, les animaux reprennent conscience avant d’être saignés car trop de temps s’est écoulé depuis le choc électrique. L’électronarcose, ce procédé franchement archaïque, provoque ainsi une souffrance supplémentaire et inutile à l’animal avant d’être tué».

 «PARFOIS , LES ANIMAUX SE RÉVEILLENT D’ENTRE LES MORTS»

Autre procédé qui ne soulage en rien, le matador, une tige électrique de quelques centimètres qui s’enfonce et ressort du crâne des ovins «  Comme une balle à blanc » dit Mauricio. Logiquement, le matador devrait leur faire perdre conscience le temps qu’ils soient exécutés.

«En réalité, l’étourdissement par matador échouerait dans 16% des cas, presque une fois sur six…» (5)

«  Les animaux se débattent, luttent et se réveillent parfois d’entre les morts, la gorge pourtant tranchée depuis de longues minutes. Ces revenants hantent les cauchemars des ouvriers » explique le journaliste Geoffrey Le Guilcher (6) ».

LE MENSONGE DES COCHONS « ENDORMIS »

Les porcs n’ont pas davantage de chance. Eux qui ont déjà quasiment tous été castrés sans anesthésie au cours de leur courte vie (pour que leur viande ne dégage pas d’odeur qui indisposerait le consommateur) ,  passent dans une fosse à CO2 destinée à leur faire perdre connaissance avant leur mise à mort. Un procédé asphyxiant qui brûle leurs voies respiratoires et provoque une douleur extrême.

On pourrait les croire « endormis », c’est en tous cas ce qu’on veut nous faire croire. En réalité, les porcs paniqués « comprennent parfaitement qu’ils sont en train de mourir et poussent des cris perçants peut-on lire dans « La face cachée de nos assiettes », un livre écrit par les associations L214 et Eyes on animals (5).

«Ils se débattent et se jettent contre les parois de la nacelle à la recherche d’un peu d’oxygène . Ils le font tous, sans exception ».

L’HORREUR DES POULETS ÉLECTRIFIÉS

La perte de la conscience avant la mort ne se pose même pas pour les pauvres poulets, qui sont plongés dans un bain d‘eau électrifié.

Quelle a été leur vie, eux qui ne mettent plus que 41 jours avant d’être transformés en poulets rôtis ? Eux qui ont été débecqués à vif poussins, eux qui sont si fragiles qu’ils meurent plus que de raison de défaillances cardiaques ?

OK C’EST HORRIBLE, ME DIREZ-VOUS , MAIS CA VA TRÉS VITE

Tout dépend de ce que l’on entend par « vite »…

Et tout dépend si vous mangez halal ou pas. Comment ça, vous ne mangez pas halal ? Détrompez vous !

Qu’est-ce que l’abattage rituel ? C’est un abattage (halal ou casher) où les animaux ne sont pas étourdis avant d’être égorgés. En théorie, tués de cette façon, les animaux devraient moins souffrir.

Dans la réalité, les bovins ainsi saignés souffrent abominablement car ils peuvent demeurer conscients une quinzaine de minutes, parfois davantage, après égorgement …

«CES SCÈNES DÉPASSENT L ENTENDEMENT»

Martial Albar raconte : « Généralement, les moutons sont suspendus par une patte arrière et égorgés en pleine conscience. Les vaches et les veaux sont quant à eux placés dans des dispositifs mécaniques de contention, des sortes de cages rotatives qui se referment sur eux et se retournent. L’animal se retrouve les pattes en l’air, la tête enserrée dans un système qui fait tendre son cou. Le sacrificateur tranche profondément sa gorge, puis le piège se retourne à nouveau, l’animal tombe, parfois il tente de se relever, alors que sa tête ne tient plus que par la colonne vertébrale, avec des projections de plusieurs mètres… Ces scènes dépassent l’entendement. »

IL VOUS ARRIVE DE MANGER HALAL MAIS VOUS N’AVEZ PAS LE DROIT DE LE SAVOIR

Comment la chair de ces poulets, bovins, , hang selon des méthodes qui « dépassent l’entendement » peut-elle donc se retrouver dans le circuit traditionnel ? Réponse : parce que cette viande n’a pas l’obligation d’être étiquetée !

Les industriels s’opposent en effet à la mention obligatoire « abattage sans étourdissement » de peur de faire fuir les consommateurs.

C’est juste dingue quand on y pense: vous n’avez même pas le droit de savoir ce que vous mangez !

SURTOUT NE PAS FÂCHER LES GROS CLIENTS

Et, vous savez dans tout cela quel est le plus révoltant ? C’est que les bêtes tuées façon halal pourraient mourir avec moins de souffrances si tout cela n’allait pas à l’encontre des intérêts des industriels français.

Ces derniers ont en effet pour plus gros clients l’Egypte et l’Arabie Saoudite qui ont sur le sujet de l’abattage halal des positions extrêmes, qui ne supportent aucune forme d’étourdissement.

«Des positions qui sont loin de faire l’unanimité dans le monde musulman » remarque L214, qui poursuit « Pour ne pas braquer leurs gros clients, les transformateurs français bloquent donc aujourd’hui, tout débat sur la possibilité pourtant réelle de proposer de la viande 100% halal obtenue au prix de moins de souffrances pour l’animal» (5)

MANGER DE LA SOUFFRANCE ET DE L’HUMILIATION

Qui sommes nous pour infliger cela aux animaux ?

Manger cette viande issue de ces abattoirs , c’est manger de la souffrance, bestiale et humaine, de l’humiliation.

Ne pas vouloir savoir ce qui s’y passe, c’est accepter de se faire enfumer par les lobbys.

Le lobby de la viande et de l’industrie laitière cherche à tout prix à dissocier de l’esprit des consommateurs la viande de la bête. Jean-Paul Bigard, patron de la marque Charal, l’a complétement assumé devant la commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs (5).

En clair, bouffez  vos saucisses, on s’occupe de tout ! (5)

NI IGNORANTS, NI COMPLICES !

Je n’accuse personne. Je revendique juste le droit que nous ne soyons plus tenus dans l’ignorance. Qui parmi vous, nous, a envie de faire sciemment du mal aux animaux ? Personne !

Qui a envie de continuer à être les complices passifs de ce que nous leur faisons subir, à eux et aux hommes qui leur donnent la mort ?

Je me souviens d’un dîner où une dame m’avait demandé de lui expliquer pourquoi je ne mangeais plus de viande. Au bout de cinq minutes, elle m’avait demandé d’arrêter : « Je ne veux pas parler de ça ».

Alors, certes, je peux parler de tout et de rien en caressant le chat de la maison qui, lui, à la chance d’être bien traité même s’il n’est pas plus intelligent que les animaux que nous mangeons (à ce sujet lire L’intelligence du cochon).

 Je le peux mais je ne pourrais pas ignorer longtemps, tout comme vous, que les ressources de la planète étant limitées, nous serons bientôt obligés de renoncer à la viande et aux produits animaux.

En France ( 5ème pays producteur de viandes) comme partout dans le monde, des alternatives fleurissent de partout.

Si vous continuez à lire mes newsletters, vous serez au fait de toutes ces alternatives.

Vous saurez qu’il y a plein d’autres solutions. Et qu’en changeant une seule chose, son alimentation, on peut changer plein de choses (7).


Toute le série des Repentis : Pourquoi devenir Vegan ?

Les repentis 1 – Maurizio Garcia Pereira
Les repentis 2 – Sivalingam Vasanthakumar
Les repentis 3 – Rémi Thomas
Les repentis 4 – Carole


Sources :
(1) – Libération , 16 mai 2016

(2) – Ma vie toute crue, Mauricio Garcia Pereira, edition Plon

(3) – Selon un rapport commandé par la Mutualité Sociale Agricole en…2005, (MSA) et exhumé par le journaliste Geoffrey Le Guilcher qui s’est infiltré dans un abattoir, 89% des hommes et 92% des femmes travaillant dans les abattoirs bretons souffrent de TMS (Troubles musculo-squelettiques) Selon ce rapport, le métier d’opérateur en abattoir est « l’un des plus difficiles du monde industriel ». Rapport de 2005 intitulé «  Santé et travail dans l’industrie de la viande »

(4) – Depuis 2013, tous les abattoirs de France sont tenus de désigner dans leur personnel “un responsable du bien-être des animaux, qui est garant de la bonne application des mesures relatives au bien-être des animaux”.

(5) – Cité dans La face cachée de nos assiettes, L214, eyes on animals, ed Robert Laffont

(6) – Steak Machine, Geoffrey Le Guilcher ed Goutte d’Or 2017

(7) – L’animal est une personne, ed Fayard


15 sacs vegan, éthiques et tendance

Sacs Vegan Ethiques Tendance

Oubliez les idées reçues ! Les sacs vegan ne sont pas seulement éthiques, ils sont également tendance et sont aujourd’hui capables de concurrencer les plus grandes marques de maroquinerie.

En quoi sont-ils faits ? Le simili cuir a lontemps été le premier composant à remplacer le cuir véritable mais les créateurs utilisent aussi aujourd’hui des matériaux innovants. Bouteilles de plastiques et même chambres à air recyclées font ainsi de très jolis sacs.  Tout comme le cuir végétal (Piñatex et Muskin) qui a désormais détroné le synthétique.

Alternative vegan vous a sélectionné une vingtaine de sacs pour se faire plaisir.

Et bien entendu, aucune des marques citées dans ce top 15 ne nous a offert de produits ou rémunéré.

1/ Matt & Nat

Logo Matt and Nat

Matt & Nat conçoit des sacs vegan et écologiques. La marque connaît une renommée internationale et les plus grandes stars hollywoodiennes en raffolent, à l’instar de Nathalie Portman, Charlize Theron ou encore Eva Mendes.

Fervent défenseur de l’environnement, l’enseigne confectionne toutes ses doublures à partir de bouteilles en plastique recyclées.

Mais la marque ne s’arrête pas là. Elle a récemment créé une collection de sacs en pneus de vélo recyclés. On vous l’accorde, c’est assez déroutant !

Pour notre plus grand plaisir, le site propose un large choix de sacs chics et tendance. On craque pour le modèle MINKA Dusk (130€) ou le sac banane CIEL Clear Chili ultra tendance cette saison (174€) !

2/ Lulu’s

Logo Lulus

Lulu’s est un e-shop américain qui propose quelques sacs vegan tendance pas chers.

Idéal pour les petits budgets, ce site permet de trouver son bonheur sans craindre un appel de son banquier.

On est particulièrement fan des sacs bracelets très estivaux : Bambalina (38€) Clear to me vinyl and tortoise tote bag (44€) et Mellow mood white net tote (52€).

3/ Stella McCartney

Logo Stella McCartney

Stella McCartney est LA référence incontestée de la mode vegan.

L’initiatrice de cette nouvelle industrie propose de nombreux sacs haut de gamme absolument incroyables.

Outre son modèle Falabella iconique à 795€, Stella propose un cabas tendance idéal pour la plage cet été. À 395€ le Cabas Stella McCartney Clear, c’est le modèle le plus accessible. Du coup, on déculpabilise (un tout petit peu).

4/ Angela Roi

Logo Angela Roi

Angela Roi propose des sacs vegan haut de gamme.

La collection est très raffinée, mais elle reste toutefois un peu classique.

Les adeptes du style casual chic tomberont sous le charme du modèle Hamilton Satchel taupe (209€) ou du modèle Barton Mini nude bleu (192€) C’est un peu cher, mais justifié !

5/ Alexandra K

Logo Alexandra K

Alexandra K propose des sacs vegan éthiques fabriqués à partir de Freedom-Leather.

Composé à 100% de silicone, ce tissu de haute qualité est une belle alternative au simili cuir ordinaire puisqu’il ne contient aucune substance nocive.

Par ailleurs, Alexandra K est une des rares marques à proposer un sac en cuir d’ananas (modèle 2.5 piñatex midnight). Il coûte 309€, mais il est chic, tendance et il peut se porter pour toutes les occasions !

Sac à Main Bourse Vegan

6/ Wilby

Logo Wilby

Wilby est une marque anglaise certifiée PETA qui propose des sacs vegan éthiques fabriqués à base de liège, PU, coton biologique et chanvre.

La collection est très éclectique. Vous pouvez trouver des modèles classiques à l’instar du Drayton Navy Handbag à 80 euros, des modèles raffinés comme le Black She Metal Handbag à 90 euros et des modèles tendance imitation croco comme le White Croc Straight Clutch à 130 euros.

Les prix sont accessibles et la qualité est au rendez-vous : que demandez de plus ?

7/ Jean Louis Mahé

Logo Jean-Louis Mahé

Jean Louis Mahé est une marque de sacs vegan haut de gamme certifiée par PETA.

Les pièces sont fabriquées avec de la toile de coton renforcée de microfibres pour une imperméabilité optimale.

Par ailleurs, la doublure est réalisée avec des fibres de bambou biologiques et du polyester recyclé.

Le choix n’est pas large, mais le sac Zebra à 259€ met tout le monde d’accord : il est chic, rock et ultra pratique.

Sac à Main pochette Vegan

8/ Magnethik

Logo Magnethik

Magnethik est une marque française vegan.

Elle propose une ligne de sacs tendance en polyuréthane éco-responsable avec une doublure en coton biologique.

Il y en a pour tous les goûts : celles qui recherchent une pochette élégante pour sortir le soir (pochette Paris by night sable – 140€), celles qui recherchent un sac casual pour la journée (sac bourse Paris happy noir – 140€) ou celles qui recherchent un sac confortable et pratique (sac à dos Claudine noir –  250€).

9/ Colibri

Logo Colibri Vegan Bags

Colibri est une marque française qui propose des créations haut de gamme éthiques et cruelty-free.

Les sacs sont en cuir synthétique avec une doublure en microfibre Alcantara.

Les chaînes sont quant à elles en laiton, sans palladium, sans nickel et hypoallergéniques.

Le choix est restreint et les prix sont élevés, mais on a un gros coup de cœur pour le Black Vesper à 789 euros. Idéal pour un look rock, ce sac est incontestablement une pièce maîtresse dans une garde-robe !

Sac Vegan

10/ Labante

Logo LaBante

Labante présente des sacs vegan élégants.

Sur leur site, vous pouvez retrouver de jolis classiques, comme le modèle Aricia Grey Carryall à 230 euros.

Sac Vegan

Mais vous pouvez aussi dénicher quelques pièces fortes parfaites pour donner du caractère à votre tenue, à l’instar du Mae Red Satchel Cross Body Bag dont on raffole (70€).

Sac à Main Vegan Rouge

11/ Denise Roobol

Logo Denise Roobol

Denise Roobol est une marque hollandaise qui propose un large choix de sacs vegan dans tous les coloris.

Les prix sont accessibles, mais les pièces restent un brin classique.

Toutefois, c’est le site idéal lorsqu’on recherche un basique. On a un petit coup de cœur pour le modèle Day & Night (129,95€) qui s’adapte à n’importe quelle tenue !

Sac à Main Vegan

12/ Gunas

Logo Gunas

Gunas propose des sacs vegan girly et colorés, fabriqués à l’aide de matières synthétiques et recyclées.

On craque pour le modèle Cottontail en rose pastel avec son petit nœud ultra cute, idéal pour sortir cet été (156€).

Sac à Main Vegan Rose

13/ Fantôme

Logo Fantome

Fantôme propose des pièces uniques fabriquées en France à partir de chambres à air de vélo recyclées.

Son concept innovant fait de cette marque une référence dans le marché de l’industrie vegan. En plus, ses modèles sont rock et tendance.

On a personnellement jeté notre dévolu sur le sac à dos et ses sangles en pied-de-poule : 159 euros pour du made in France, c’est une belle affaire !

Sac à Dos Vegan Noir

14/ Lee Coren

Logo Lee Coren

Lee Coren propose des sacs vegan fabriqués à partir de matériaux durables provenant de fournisseurs indépendants locaux.  

Approuvée par PETA, cette marque propose des modèles raffinés et accessibles.

On adore le sac à dos en cuir Wanderlust Rolltop à 159$ qui peut se transformer en grand sac fourre-tout. En plus d’être très pratique pour voyager, il est ultra tendance !

Sac Vegan

15/ Paola Borde

Mettons le made in France à l’honneur pour clôturer cette liste de sacs vegan !

Logo Paola Borde

Paola Borde est une jeune marque française qui propose une fabrication 100% artisanale avec des matériaux naturels.

Tous les produits sont fabriqués à la main et cousus au point sellier.Si vous recherchez un sac unique et original, vous trouverez sans aucun doute votre bonheur sur leur site. On est totalement séduit par le sac en liège Gaete très à la mode (150€).

Sac Vegan Liège

Les 50 plus belles chaussures Vegan

Où acheter les 50 plus belles chaussures Vegan : le guide complet

Vous pensiez que les chaussures vegan étaient moches ? Et que sorti des baskets, des ballerines ou des rangers, on ne trouvait pas grand-chose ? Détrompez-vous ! La sélection d’Alternative Vegan prouve même tout le contraire.

Il y a 40 000 ans, lorsque les hommes ont commencé à porter des chaussures, ils ont utilisé pour les fabriquer différentes matières allant du papyrus au bois (pour les sabots). Mais le cuir animal a toujours été privilégié…

Au début du 21éme siècle, des créateurs sensibles à la cause animale comme Stella McCartney ont lancé des collections végétaliennes. La fashion week n’a pas tardé à leur ouvrir ses portes. Aujourd’hui, face à la demande de consommateurs de chaussures sans cuir, l’offre s’est élargie aux marques grand public.

En quoi sont fabriqués ces chaussures cruelty free ? Il existe différentes alternatives.

Tout d’abord, le cuir synthétique communément appelé simili cuir. Il est composé de fibres synthétiques, PU (polyuréthane) ou PVC (polychlorure de vinyle).

Ensuite, le cuir végétal tel que le Piñatex (cuir d’ananas) et le Muskin (cuir de champignons).

Des matériaux qui font le job …et de très jolies chaussures « vegan friendly » derrière lesquelles ne se cache aucune souffrance.

Nous en avons testées certaines mais pas toutes (il y en a 50…). Aussi, si certains d’entre-vous ont déjà acheté ces chaussures ou connaissent ces marques éthiques, vos commentaires sont les bienvenus !  Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive. Elle est même purement subjective !

Aucune marque n’a rémunéré Alternative Vegan pour parler de ces produits ou ne nous en a offerts.

1/ Stella McCartney

Impossible de faire une liste des 50 plus belles chaussures vegan sans parler de Stella McCartney. Cette créatrice reconnue propose une multitude de chaussures vegan haut de gamme : escarpins, sandales, mocassins, bottines, sneakers…

Mules Vegan

Sa collection est à la fois ultra tendance et élégante. On a notamment un gros coup de cœur pour ces mules ajourées (495 €). Le bémol ? Les prix élevés qui atteignent rapidement les 500 ou 600 euros.

2/ Nae Vegan Shoes

Nae propose des chaussures créées à base de polyester recyclé, microfibre, liège et cuir d’ananas. Vous pouvez retrouver des chaussures féminines, mais aussi des sneakers tendance à l’instar du modèle EDDA. Les plus extravagants apprécieront la tennis végane couleur gold BARE créée à partir de fibre de feuilles d’ananas. Côté prix, vous pouvez trouver votre bonheur pour 100 euros.

3/ Will’s Vegan Boutique

Approuvé par PETA, Will’s Vegan Boutique propose des chaussures 100% vegan fabriquées en Italie et au Portugal. Conçues grâce à du cuir synthétique et végétal, la marque propose une collection chic et épurée.

Bottines Vegan

Les hommes peuvent jeter leur dévolu sur les bottines Chelsea en daim vegan qui sont particulièrement tendance, tout en restant accessibles (111€).

4/ Bahatika

Bahatika présente une collection vegan fabriquée à partir de matériaux vegan et écologiques. On craque surtout pour leurs sneakers aux lignes élégantes, aux motifs tendance ou aux couleurs sobres. !

Chaussures Vegan et écologiques

Le modèle MALKIA WHITE est par exemple idéal pour les beaux jours (et à seulement 89 euros)

5/ DR. Martens

La célèbre marque Dr. Martens propose quelques-uns de ses modèles emblématiques en version vegan.

Doc Martens vegan

Ça tombe bien, les bottines plates à lacets sont la tendance de printemps ! Par contre, il vous faudra compter 170€ pour vous dénicher le must-have de cette saison.

6/ Esprit

Esprit propose des sneakers vegan tendance et pas chers qui raviront les amateurs de mode à petits budgets !

Tennis Faux Cuir Vegan

7/ Veja

Veja utilise des matières premières bio et recyclées afin de concevoir ses modèles.

Tennis Vegan Noire et Blanche

Cette marque présente des baskets vegan tendance dans plusieurs coloris à des prix raisonnables (entre 80 et 100 euros). On adore par exemple cette paire de baskets noires.

8/ Lulu’s

Lulu’s est un e-shop américain ultra tendance. Le site propose une collection de chaussures vegan à prix mini qui raviront les véritables fashionistas. Bottines python (celles-là nous ont fait particuliérement craquer) lessandales à talons nude, mocassins… vous pouvez retrouver les plus grandes tendances pour moins de 50$.

9/ Keep

Basket Vegan

Keep est une marque californienne qui propose des chaussures vegan originales pour toute la famille entre 50 et 100$. Celles-là, THE RAMOS AD-ROCK, sont parfaites si l’on aime une petite touche de fantaisie.

10/ Beyond Skin

Beyond Skin propose des chaussures fabriquées en Espagne à l’aide de matériaux recyclés. De renommée internationale, la marque a connu une ascension fulgurante grâce à l’actrice Natalie Portman qui a porté quelques créations sur les tapis rouges.

Chaussures Femmes Vegan

Si vous voulez adopter les chaussures de cette actrice végane, il vous faudra compter entre 150 et 200 euros. Nos préférés, ces Stilettos à 160€ (145£) .

11/ Bourgeois Boheme

Bourgeois Boheme est une marque londonienne haut de gamme. De nombreux modèles élégants sont fabriqués à partir de Piñatex (cuir d’ananas). Si vous souhaitez adopter un style parisien chic et sophistiqué, vous trouverez sans aucun doute votre bonheur sur leur site pour un budget de 100 euros !

Chaussures Femmes Vegan

Notre coup de coeur: ces sandales bicolores en pinatex. 45€ (40 £, en solde)

12/ Vegetarian Shoes

Bottes Vegan

Vegetarian Shoes est une marque anglaise qui propose de nombreux modèles de chaussures vegan. Vous pouvez notamment retrouver une imitation des célèbres DR. Martens pour un peu plus de 100 euros !

13/ Nat-2

Nat-2 est une marque innovante qui propose des sneakers écologiques fabriquées avec des matières végétales comme les champignons. Par ailleurs, la marque a lancé des sneakers en bois vegan.

Baskets Vegan Cuir Champignon

C’est original, mais ça coûte 300 euros. À ce prix, on préfère miser sur le haut de gamme. Trés jolies notammement ces baskets en cuir de champignon.

14/ Natural World

Natural World propose des chaussures vegan confortables pour toute la famille. Les premiers prix sont à moins de 40 euros, de quoi ravir les petits budgets ! Exemple, ces petites ballerines grises toutes simples (35€).

Chaussures Femmes Vegan

15/ Adidas

Tennis Vegan Blanche

La célèbre marque Adidas s’est récemment associée à Stella McCartney pour proposer le modèle iconique Stan Smith en faux cuir conçue avec des matières synthétiques à 250 euros.

16/ Mink

Escarpins vegan

Mink est une marque adoptée par les célébrités à l’instar de Miley Cyrus et de Pamela Anderson. La collection se veut féminine et élégante. Attention toutefois, les prix s’envolent à 490$ pour une paire d’escarpins pailletée:

17/ Converse

Fabriquées en toile et en caoutchouc, la plupart des baskets de la marque Converse sont vegan. Entre 60 et 90 euros, le site regorge de belles opportunités, avec des couleurs très sympas ! On a craqué pour cette paire toute rose.

Tennis Vegan Rose

18/ Nak

Nak (No Animals Killed) propose des modèles faits main créés en Italie à base de faux cuir en microfibre. Leurs escarpins vertigineux sont incroyablement féminins, parfaits pour un look glamour et élégant !

Sandales Vegan Argent

Les prix s’envolent à 300 euros, mais pour un coup de cœur pourquoi pas ! Quoi de plus sexy que ces vertigineux stilettos bicolores (370€)?

19/ Good Guys

Marque française créée en 2010, Good Guys propose des chaussures tendance fabriquées à l’aide de matériaux durables. Après plusieurs récompenses PETA, leur réputation n’est plus à faire : c’est la marque incontournable de chaussures vegan !

Bottes Cuir Vegan

Côté prix, les modèles dépassent rarement les 150 euros. Une mention particulière pour ces boots cow-boys à garniture rouge (130€).

20/ Matt & Nat

Matt & Natt est une collection de chaussures vegan épurée aux couleurs douces. Les matériaux recyclés comme le nylon et le liège sont mis à l’honneur pour une production 100% eco-friendly abordable (entre 50 et 150$ selon les modèles). Une mention particulière pour ces boots façon vinyl à 80 €

Bottes Vegan

21/ Yatay

Yatay est une marque italienne qui propose des sneakers unisexes dans différents coloris. Stylées et confortables, ces baskets sont en microfibre. Ces chaussures vegan n’ont aucun défaut, sauf leur prix exorbitant.

Tennis Vegan Bleue Femme

Rien à moins de 240 euros comme ces sneakers bleu marine.

22/ Subtle

Subtle a récemment présenté son modèle Epsilon 100% vegan certifié par PETA. Minimalistes, confortables et tendance, ces sneakers plairont à tous les adeptes du less is more pour un budget de 110 euros.

Baskets Femme Vegan

23/ Toms

Chaussures Femmes Vegan

Toms est une marque américaine qui propose des espadrilles en lin et en toile pour 50 euros. Vous pouvez également retrouver des chaussures imitation cuir au design simple et élégant.On a bien aimé ces espadrilles à lapins à 50  €.

24/ Noah

Les chaussures vegan Noah sont conçues à partir de cuir vegan en microfibre. Les prix sont assez élevés (plus de 150 euros pour une paire de ballerines), mais la qualité est au rendez-vous.

Escarpins Vegan Rouge

Si vous êtes à la recherche de chaussures italiennes raffinées, vous allez assurément trouver votre bonheur ! Témoins ces escarpins Gloria écarlates à 179€.

25/ Slowers

Slowers propose des chaussures vegan eco-friendly. Sur leur site, vous pouvez retrouver un large choix de sandales et espadrilles chics et confortables. Côté prix, on reste très raisonnable avec de jolis modèles estivaux à 64 euros tels que celui-ci .

Scandales Vegan

26/ Ethletic

Ethletic propose des baskets à la pointe de la mode avec un éventail de coloris. Si vous recherchez une alternative aux converses, c’est le site qu’il vous faut ! En plus, leurs baskets sont fabriquées à partir de matières premières du commerce équitable pour moins de 80 euros.

Baskets Vegan

Un choix très intéressant de couleurs notamment pour ces “fausses” converses montantes à 74€90.

27/ Etnies

Etnies n’est pas exclusivement vegan, mais vous pouvez retrouver une collection spéciale 100% animal friendly sur leur site. La marque propose des sneakers épurés à un prix très abordable (entre 70 et 90 euros).

Baskets Vegan

On adore le modèle Calliciut women rose et noir  à 69€95.

28/ Fera Libens

Fera Libens est une marque italienne qui propose des chaussures très élégantes pour une centaine d’euros. Escarpins, mocassins et ballerines sont créées avec finesse pour un rendu ultra chic. Admirez ce vertigineux modéle Clelia à 99€50.  !

Escarpins Vegan Bleus

29/ Golden Ponies

Golden Ponies propose une collection vegan un brin classique pour des chaussures estivales. Certains modèles sortent toutefois du lot comme les mules Susie couleur vert pomme (48€) ou les mules Thelma et son imprimé animal à 50$.

30/ Hooves

Hooves propose quelques boots pour homme vegan très élégantes. Les modèles sont en microfibre et caoutchouc. Même la colle utilisée dans le processus de fabrication est synthétique.

Chaussures Homme Vegan

À 65 euros, c’est une bonne affaire ! Exemple ce modèle désert.

31/ Kandals

Kandals est une marque californienne qui fabrique ses chaussures en Espagne. La simplicité est à l’honneur et les prix sont très accessibles.

Chaussures Femmes Vegan

Comptez 36€ pour une paire du modèle classique décliné en moult couleurs.

32/ Nicora Johns

Nicora Johns propose des chaussures vegan fabriquées à partir de déchets végétaux et de composants recyclés.

Chaussures Vegan

Vous pouvez trouver quelques modèles chics, mais un peu classiques à l’instar des escarpins Tarana Day Heel en promo à 52€.

33/ OlsenHaus

OlsenHaus propose des chaussures féminines et originales conçues à l’aide de matériaux durables comme le coton organique, le lin ou le nylon.

Mules Vegan

Vous pouvez trouver de jolies mules à 45€. On adore ce modéle Camel.

34/ Bhava Studio

Bhava Studio propose des chaussures vegan conçues à la main avec des matières bio. La collection est chic, mais les prix sont à la hauteur de la qualité : élevés. En effet, on avoisine les 200 euros pour chaque modèle.

Bottines Vegan Faux Cuir

A noter que la marque propose un large choix de bottines à lacets notamment, comme cette paire à 248 €.

35/ Birkenstock

La célèbre marque Birkenstock a lancé une collection vegan en revisitant ses modèles emblématiques pour un prix de vente entre 75 et 85 euros. On vous l’accorde, ça n’a rien de tendance, mais c’est ultra confortable !

Scandales Vegan

Large choix de couleurs pastel comme ces shoes rose dragée (75€).

36/ Minuit sur terre

Minuit sur terre est une marque française qui vaut le détour ! Les chaussures sont fabriquées grâce à des fibres synthétiques et des polymères issus de ressources durables. Vous pouvez retrouver un large choix de chaussures très tendance sur leur site à moins de 150 euros : derbies, mocassins, sandales, baskets

Tennis vegan

37/ Ethical Wares

Ethical Wares propose des chaussures vegan très classiques. Cependant, vous pouvez retrouver quelques baskets intemporelles qui sont à nos yeux, les seules chaussures sur leur site qui valent le détour.

Baskets Vegan

Par exemple, on valide leur modèle Ethletic Sneaker Shoe à moins de 65 euros !

38/ Veerah

Veerah est une marque de luxe spécialisée dans la vente de chaussures vegan. Sa collection est féminine et raffinée. Côté confection, la créatrice utilise des cuirs à base de plantes. À ce titre, elle a lancé son propre tissu à base de peaux de pomme (Veeerah Appeel). Forcément, la qualité a un prix : il faut compter plus de 267€ pour une paire !

39/ Susi

Susi propose des chaussures ultra tendance conçues à base de matériaux recyclés. Toutes les personnes qui rêvent de s’offrir une paire d’escarpins vegan avec de hauts talons trouveront leur bonheur.

Chaussures à talon Vegan

La paire Nina couleur silver est notre coup de cœur à 115 euros.

40/ Bella Storia

Bella Storia est une marque innovante puisqu’elle vous propose de customiser votre propre paire de chaussures vegan ! Si vous manquez d’imagination, pas de panique : vous pouvez retrouver une sélection hommes et femmes sur leur site entre 100 et 150 euros.

Chaussures talon Vegan

On  aime bien ce modèle bleu nuit à 99€ .

41/ Fair

La marque vegan Fair propose des chaussures de qualité très élégantes. Côté hommes, on apprécie les bottines Chelsea, chic et épurées (en promo à 109€).

Boots Vegan Homme Beiges

Côté femmes, on adore les escarpins vertigineux Pointed Toe Pumps (en promo à 99€).

Escarpins Vegan

42/ Melissa

Melissa est une marque vegan qui propose des chaussures hypoallergéniques en plastique recyclé. On craque particulièrement pour la collection enfant originale et tendance !

Chaussures Vegan
Chaussures Vegan

Côté prix, il y en a pour tous les budgets. En effet, vous pouvez trouver de jolis modèles entre 26 et 80€.

Tong Vegan

Si vous aimez que ça brille, vous craquerez pour ces tongs pailletées pour petites filles à 27 €.

43/ Native Shoes

Native shoes propose des chaussures estivales fun et colorées pour toute la famille. Fabriquées avec du cuir microfibre Tirrenina, ces chaussures sont idéales pour vous chausser confortablement cet été. Les prix varient : vous pouvez trouver votre bonheur entre 70 et 140 euros.

Chaussures Vegan Vertes

Un nombre impressionnant de couleurs pour le modèle iconique de la marque, la ballerine Audrey à 62€.

44/ Sydney Brown

Sydney Brown propose des chaussures vegan respectueuses de l’environnement. Conçue avec des matériaux comme du liège, du bois et du caoutchouc, la collection apparaît haut de gamme, tendance et raffinée.

Bottes Vegan Rouges

Les bottines sont particulièrement renversantes comme ce modéle en faux velours poupre, tout comme les prix qui dépassent les 350€…

45/ Rothys

Rothys fabrique ses chaussures grâce à du plastique recyclé. Les sneakers sont très tendance et les ballerines originales. Vous pouvez aussi craquer pour la collection enfants toute aussi attrayante, mais plus abordable que la collection femme (57€ la paire).

Chaussures Chaussures Éthiques Camouflage

On a bien aimé les ballerines kids camouflage Olive Camo
à 58€.

46/ Ballūta

Ballūta propose des chaussures originales luxueuses. Bien que les créations sont uniques et haut de gamme, les prix restent très élevés (plus de 400 euros pour le modèle phare Rhizaria Boot Sandals)

Sandales Vegan

47/ Brave GentleMan

Brave GentleMan est une marque américaine haut de gamme qui propose des chaussures pour homme luxueuses.

Chaussures Homme Vegan Noires

Les amateurs d’élégance pourront jeter leur dévolu sur le modèle Innovator, au summum du raffinement (262€).

48/ By Blanch

By Blanch propose une petite sélection de chaussures vegan en cuir synthétique de haute qualité. Le site affirme qu’il souhaite s’ouvrir à des matériaux plus innovants comme la microfibre. On apprécie l’idée, mais on reste un peu bloqué sur les prix qui dépassent les 150 euros pour des bottines tendance.

Tennis Vegan

Les baskets sont plus abordables. Comptez 110 € pour une belle paire de baskets kaki.

49/ Ahimsa

Ahmisa propose des chaussures tendance intemporelles. Les couleurs sont sobres, les lignes sont simples et les prix restent corrects au regard de la qualité (entre 100 et 150 euros).

Chaussures Éthiques Noires

Quelques pépites très originales comme ces mules au prix très honnête de  59€.

50/ Von D Shoes

Kat Von D est sur le point de lancer sa collection de chaussures vegan. En effet, après s’être attaquée aux cosmétiques, la jeune femme talentueuse ne souhaite pas en rester là. On est impatient de découvrir sa marque dans quelques semaines !

Logo Vonashoes

Les repentis 4 – Carole, fille d’éleveur devenue vegan et militante animaliste

©Mégane Lebeault le chaperon vert

«Comme la plupart des gens, je croyais que ne pas manger de viande, de lait et d’ œufs provoquait des carences»

Pendant 25 ans, Carole Mare a mangé les moutons que son père élevait, persuadée sur l’alimentation carnée était essentielle à l’être humain. Aujourd’hui, elle gère l’antenne toulousaine de l’association L214 et mène des actions pacifistes et informatives auprès du public. Son but ? Convaincre mais pas accuser.

Il y a 30 ans, dans l’immense majorité des foyers français, on avait en tête qu’il fallait manger de la viande, à presque tous les repas. Décrite comme principale source de protéine, la viande faisait partie de l’alimentation de base de chaque individu. Carole Mare ne faisait pas exception à la règle.

«Les agneaux nous considéraient comme leurs mères de substitution»

Cause animale - Les animaux sont des êtres vivants

Fille d’éleveur de moutons, Carole se souvient de son enfance dans la ferme de son père en Ariège dans les années 80 et du paradoxe que constituait le fait d’élever des bêtes avec amour avant de décider de leur mort. « Mon père élevait ses quelques moutons dans le respect du temps de leur vie, mais arrivait toujours le moment où il les envoyait à l’abattoir. Je me rappelle de moments quand j’étais enfant ou mon père et moi, nous donnions le biberon aux agneaux qui n’avaient plus leur mère. Ils nous considéraient alors comme leur mère de substitution et nous suivaient partout, jusque dans la maison, au même titre que des chiens. Et ils étaient même beaucoup plus affectueux encore. Seulement au bout de quelques mois, ils partaient pour être tués… »

«Quand on réalise, il est impossible de rester insensible»

En 2010, une rencontre avec des partisans de la cause animale provoque chez Carole un déclic. Sa vision du monde et sa façon de consommer changent alors radicalement. « Comme la plupart des gens, je croyais que la viande, le lait et les œufs étaient nécessaires à la survie des humains, que sans ça, on avait des carences. Or, en me renseignant un peu, je me suis rendue compte que tout ça était totalement faux. Une fois qu’on a conscience de la situation, il est presque impossible de rester insensible. Pour produire des œufs, puisqu’ils ne pondront pas, on broie 50 millions de poussins mâles vivants chaque année en France. Même dans les élevages bios ! 80 % de la viande de bœuf vient de vaches laitières réformées d’à peine 3 ans, qui ont reçu un traitement terrible. Et je ne parle même pas des abattoirs où les animaux subissent de véritables tortures », déplore Carole.

Cause animale - Les animaux veulent vivre

«Je comprends les non vegan»

Suite à ces révélations, elle devient végane et décide d’aller plus loin en fondant le « mouvement pour la cause animale » en 2011. Un prolongement des actions de l’association L214 dans la région toulousaine. Sa démarche n’est pas d’imposer ses choix, mais plutôt d’expliquer pour que chacun agisse en conscience. «Mon entourage n’est pas forcément vegan, je les comprends, ils n’ont pas nécessairement choisi leur mode de vie, il leur est imposé. »

Cause animale - il faut informer

«On me dit : la viande, c’est bon , je le sais, j’en ai mangé pendant 25 ans!»

Alors aujourd’hui, Carole informe, le plus possible, parfois en menant des actions coup de poing, rudes, violentes dans le choix des mots et des photos. Elle y tente de convaincre, argumente et présente aussi la simple et dure réalité de l’agroalimentaire industriel…

« On me rétorque souvent «la viande, c’est bon». Je le sais, j’en ai même mangé pendant 25 ans. Mais j’estime qu’on ne peut pas perpétrer un tel massacre pour un petit plaisir. L’humain torture et tue 2 milliards de bêtes sensibles par semaine dans le monde, dont 3 millions (uniquement les animaux terrestres) par jour, rien qu’en France !Tous les animaux souffrent : dans les élevages intensifs, dans les abattoirs, dans les mers, dans les laboratoires de vivisections, dans les fermes à fourrure, à la chasse, à la corrida, dans les cirques avec animaux, dans les animaleries. Sont commis des actes de cruauté qu’on peut qualifier de sévices et qui sont perpétrés de façon légale et institutionnelle. »

Cause animale - agir pour les animaux

On fait naître des animaux esclaves, ajoute t-elle, dans le seul but de les tuer pour les manger. Pour la plupart d’entre eux, ils n’auront pas connu un seul instant agréable dans leur courte vie. Eux qui n’aspirent qu’à vivre leur vie, sont en ce moment-même enfermés dans les caisses, dans les cages, dans les box, assassinés dans les immondes abattoirs dont nul ne peut aujourd’hui ignorer la réalité.  On « éléve» ses enfants dans l’espoir d’une vie longue, heureuse, avec le moins de souffrances possibles et on « élève » des vaches, poules, cochons pour goûter au plaisir futile de nous régaler des morceaux de leur corps inerte. Est-il bien honnête d’utiliser le même mot ? »

«Est-cela une société civilisée ?»

L’absurde façon de consommer aujourd’hui saute aux yeux de la fille d’éleveur. Carole Mare enfonce le clou et évoque un monde qu’elle connaît bien : « Le petit éleveur du coin emmène lui aussi ses animaux à l’abattoir, dans le même abattoir que cet élevage local de 200 000 poules ou de 50 000 lapins encagés à vie, celui-là même où chaque victime passera plusieurs heures, parfois la nuit entière, dans l’odeur de terreur et de mort, verra ses congénères être assassinés avant de passer elle-même, attachée par les pattes, dans le bain électrifiant ou d’être « étourdie » par une balle à blanc, le pistolet au milieu du front. Et que dire de nos éleveurs locaux, séquestrant des oiseaux les 12 derniers jours de leur vie, dans des cages où ne leur sera même pas permis de se lever, ni se retourner, ni d’étendre une aile, mais seulement de subir, deux fois par jour, l’ingestion forcée de quantités indécentes de bouillie de maïs pour notre si cher, si local et si distingué « foie gras » …Est-ce ça une une société dite civilisée ? »

«Les animaux sont nos cohabitants sur cette planète»

Tant pis s’ils sont nombreux autour d’elle à ne pas vouloir écouter ses arguments : « Je milite pour montrer cette réalité qui est loin de nos regards, mais pas loin de nos vies dans les boites noires que sont les élevages intensifs et les abattoirs. Ce qu’il se passe dans ces lieux, ce n’est pas quand on cesse de les regarder que ça cesse d’exister.  Les animaux sont nos cohabitants sur cette planète. Ils partagent le territoire avec nous. »

«Beaucoup se disent qu’ils n’y arriveront pas mais ils n’ont même pas essayé»

L’alternative à la viande, elle la connaît, la pratique et l’explique simplement. « Il existe beaucoup des produits végétaliens qui sont délicieux et meilleurs pour la santé. Les gens ne les connaissent souvent même pas. Beaucoup se disent qu’ils n’y arriveront pas, que c’est trop dur, mais ils n’ont pour la plupart même pas essayé. »

«J’ai choisi de vivre précairement»

Alors sans autre prétention et envie que de défendre la cause des animaux, Carole subvient à ses besoins en enseignant le français à domicile, mais consacre l’essentiel de sa vie et de son temps aux animaux qu’elle chérit et respecte. Car, en sus de son militantisme, elle recueille les chats en fin de vie pour leur offrir un foyer aimant jusqu’à leur départ. « Après une succession de jobs alimentaires, j’ai choisi de vivre précairement pour militer à plein temps parce que c’est le plus important

« J’ai grandi dans une ferme avec un père berger et une mère institutrice, entourée de ceux qui m’ont appris qu’une personne pouvait être non-humaine, tisser des liens au-delà de la barrière arbitraire de l’espèce. Je les remercie d’exister et veut, au minimum, mener sans relâche ma vie en direction de leur libération nécessaire, urgente et à venir et du respect de leur droits fondamentaux qui sont ceux de vivre, d’être libre et le droit à la dignité. »

Toute le série des Repentis : Pourquoi devenir Vegan ?

Les repentis 1 – Maurizio Garcia Pereira
Les repentis 2 – Sivalingam Vasanthakumar
Les repentis 3 – Rémi Thomas
Les repentis 4 – Carole

Pour aller plus loin :

Le Blog de Carole Mare
La page Facebook de Carole
Mouvement pour la cause animale

Enquête Alternative Vegan – Comment ça, les antibios administrés aux animaux sont en train de nous tuer ?

Les antibios administrés aux animaux sont en train de nous tuer ?

Pourtant déconseillée à dose systématique et régulière pour l’homme, la délivrance d’antibiotiques aux animaux d’élevage est encore fortement pratiquée. Une façon d’éviter la transmission de maladie entre les porcs, vaches ou poulets souvent parqués et confinés pour une rentabilité maximum. Mais cette utilisation massive entraînerait une résistance aux antibiotiques chez l’homme qui consomme cette viande et le fragiliserait face à certaines pathologies. Alors, lubie écolo ou triste réalité ? Nous avons enquêté.

Aujourd’hui, pendant que vous lirez cet article, que vous ferez vos courses au supermarché ou que vous conduirez votre enfant à l’école, 36 personnes mourront à cause d’une utilisation abusive d’antibiotiques, notamment délivrés aux animaux que vous consommez.

Le principe est simple : l’homme, lorsqu’il est atteint d’une maladie bactérienne, est soigné avec des antibiotiques. S’il s’agit d’une infection virale, les antibiotiques sont inefficaces et inadaptés. Souvenez-vous, la campagne publicitaire : les antibiotiques, c’est pas automatique !

Mais chez les animaux d’élevage, c’est une autre histoire…

La moitié des antibiotiques produits en France est donné aux animaux d’élevage

         « Environ 50% des antibiotiques sont utilisés pour les animaux d’élevage en France. Ils sont donnés en traitement de masse, par l’alimentation ou l’eau, en particulier aux volailles, cochons, lapins et veaux qui sont les plus exposés. Les chiffres sont ahurissants ! », dénonce l’ONG CIWF (Compassion in World Farming).

Le risque : l’antibiorésistance

La conséquence de ces mauvais usages : l’antibiorésistance. Un phénomène croissant dans le monde entier et très inquiétant. Car la prise d’antibiotique n’a rien d’anodin. Son action détruit les bactéries sans défense contenues dans notre organisme. Celles qui sont plus armées résistent et se multiplient pour faire face à la prochaine prise de médicament. Ainsi, à force d’utiliser à outrance ces traitements, il n’existera plus que des bactéries résistantes contres lesquelles aucun médicament ne pourra lutter. Alors de banales pathologies comme les infections urinaires, ou plus graves comme les staphylocoques dorés, deviendront mortelles.

Le ministère de la santé ajoute à ce scénario catastrophe, d’autres difficultés résultant de l’antibiorésistance : des complications de certaines maladies, une utilisation de médicaments plus puissants et plus chers pour arriver à soigner et des risques plus élevés lors d’interventions médicales, pour lesquelles les antibiotiques sont indispensables pour réduire les risques infectieux.

Les microbes ont désormais vingt ans d’avance sur la science

« Jusqu’aux années 1990, ce n’était pas inquiétant, car régulièrement de nouvelles familles d’antibiotiques étaient découvertes : nous avions toujours un temps d’avance et la possibilité de traiter les patients », explique le professeur Antoine Andremont, chef du service de bactériologie de l’hôpital Bichât, dans son livre « Antibiotiques, le naufrage ». « Mais depuis, l’industrie pharmaceutique a cessé de mettre sur le marché de nouvelles molécules, car la recherche en la matière coûte très cher et la rentabilité est mauvaise. »  Les microbes ont donc 20 ans d’avance sur la science et l’administration d’antibiotiques à tout va n’est plus à prendre à la légère.  

Un mort toutes les trente secondes d’ici 2050

De nombreux organismes internationaux, comme l’Organisation Mondiale de la Santé qui prévoit un mort toutes les 30 secondes d’ici 2050, ont donc tiré la sonnette d’alarme: « La résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement. Elle peut toucher toute personne, à n’importe quel âge et dans n’importe quel pays.

En conséquence, certaines mesures ont été prises au niveau européen et national. D’abord en 2006, la commission européenne a décidé de bannir l’usage des antibiotiques dans la nourriture des animaux d’élevage pour accélérer leur croissance. Incroyable : cette pratique était jusqu’à présent systématique ! , Puis en 2012, le ministère de l’agriculture a mis en place le plan écoantibio avec pour objectif de réduire la prescription de ces molécules de 25 % sur 5 ans, en interdisant, entre autres, l’utilisation des antibiotiques dit critiques en usage préventif. Des antibiotiques qu’on appellent aussi de troisième et quatrième génération, les plus puissants et derniers survivants car encore actifs contre les bactéries. Il était donc primordial d’interdire leurs utilisations massives et régulières au risque d’anéantir l’efficacité des derniers recours dont la médecine dispose.

Lobbys : un vétérinaire accuse

Mais pour Denis Fric, vétérinaire homéopathe à la retraite, la législation actuelle ne va pas assez loin. « Pour moi, la seule solution c’est de totalement supprimer les antibiotiques de troisième et quatrième génération en médecine vétérinaire et les garder uniquement pour l’homme. Le recours aux médecines douces et naturelles comme l’homéopathie et la phytothérapie est une alternative qui fonctionne très bien. Mais cela implique, d’une part, de produire autrement , c’est-à-dire en moindre quantité, en respectant l’espace vital des animaux, leur temps de sevrage, en les laissant sortir à l’extérieur et d’autre part, que la législation européenne autorise réellement l’usage de la phytothérapie. Aujourd’hui, elle interdit l’utilisation de beaucoup de plantes au prétexte qu’on ne maîtrise pas le délai d’attente (délai nécessaire à l’évacuation du produit du corps de l’animal avant son abattage pour la consommation) alors qu’on a éprouvé celui des antibiotiques. Sauf que ces techniques étaient utilisées bien avant les élevages de masse et tout se passait très bien. Mais elles sont très peu chères et peu rentables pour certains lobbies. Je ne dis pas que les ministres et experts perçoivent des subsides des laboratoires pharmaceutiques, mais lorsqu’on touche aux dividendes et chiffre d’affaire de ces gens-là, ils voient tout rouge… »

Pour 83% des poulets élevés en France, les antibiotiques, c’est systématique

Mais en attendant une réelle volonté politique de changer les modes d’élevages français, c’est un véritable gavage de médicaments que subissent ces animaux, en plus d’une souffrance intolérable.  En juin 2018, une enquête de l’association L214 montrait les conditions d’élevage déplorables de poulets des marques maître coq et Doux. Entassés dans un hangar, sans voir la lumière du jour, ni sortir à l’extérieur, les poulets recevaient « systématiquement et préventivement des antibiotiques directement inclus dans leur alimentation » tout comme « 83 % des 800 millions de poulets tués chaque année » pour survivre aux conditions terribles d’élevage.  Même observation dans un élevage de dindes, à l’approche de noël, dans lequel elles étaient parquées au nombre de 8 par mètre carré, devenaient agressives entre elles et se blessaient tant qu’elles devaient être nourries aux antibiotiques pour survivre et contenter nos estomac. Joyeuses fêtes !

La productivité à outrance touchent aussi les élevages porcins dits familiaux qui n’en restent pas moins intensifs. « 96% des porcs ne fouleront jamais le sol extérieur et seront gardés sur caillebotis de leur naissance à leur abattage et sont donc dopés aux antibiotiques pour tenir dans ces élevages »

Chez les lapins, l’observation de la CIWF est tout aussi dramatique.  “Bugs Bunny, Roger Rabbit et Panpan sont bien loin de la réalité dans laquelle vivent les lapins élevés pour leur viande en Europe : entassés dans des cages grillagées, sales, gavés d’antibiotiques, sans jamais voir la lumière du jour ou respirer un peu d’air frais explique l’ONG. Et ce serait le cas de 99 % des lapins élevés en France.

Interdits, des antibiotiques sont désormais répertoriés comme…additifs

« On est loin de l’image d’Épinal de quelques coqs et poulets qui gambadent en plein air », explique Sébastien Arsac, responsable des enquêtes au sein de l’association L214. «  A cause des conditions d’élevage intensif, les animaux que nous consommons ingèrent des antibiotiques pour les aider à grossir, pour éviter de contracter des maladies à cause de leur promiscuité et aussi en additif. Depuis l’interdiction de l’utilisation des antibiotiques comme accélérateur de croissance en 2006, on a constaté aucune baisse de vente d’antibiotiques. Et pour cause, la commission européenne a déclassé certains antibiotiques pour les catégoriser en additifs sauf qu’ils demeurent des antibiotiques et les éleveurs sont autorisés à utiliser dans la nourriture pour animaux. »

«Moins de 1% des élevages sont contrôléschaque année»

Comment de telles pratiques, la plupart révélées par des associations, peuvent-elles encore exister ? Dans la théorie, il existe plusieurs organismes de contrôle. D’abord, les visites sanitaires en élevage, obligatoires et pratiquées par un vétérinaire payé par l’État. Initiées dans les élevages bovins en 2005, elles se sont étendues aux exploitations avicoles en 2013 et porcines en 2015 et ont lieu tous les deux ans.

Ensuite, les services de la DGAL (Direction Générale de l’Alimentation) « contrôlent les produits alimentaires afin de détecter la présence anormalement élevée de résidus médicamenteux. » Ils disent  effectuer près de 20 000 contrôles par an. Malgré nos demandes, la DGAL n’a pas donné suite à notre demande d’interview.

Enfin, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail ( ANSES) a mis en place, depuis 1999, un suivi annuel des ventes d’antibiotiques vétérinaires afin de suivre l’évolution des pratiques en matière d’antibiothérapie chez les différentes espèces animales.

Dans la pratique, malgré la panoplie de mesures de contrôle, le système semble cruellement manquer d’efficacité. « Il y a moins d’1 % d’élevages contrôlés chaque année. Les syndicats de vétérinaires ont déjà tiré la sonnette d’alarme car ils ne sont pas assez nombreux pour effectuer les contrôles. D’ailleurs si c’était le cas, on n’aurait pas constaté dans un élevage porcins en Bretagne, des sacs d’antibiotiques à même le sol avec des dates de validité dépassées depuis plusieurs années. Quant au contrôle des produits, on a déjà vu  que c’est très facile d’aller acheter des antibiotiques à la frontière espagnole ou belge. C’est assez déconcertant d’ailleurs et on ne peut pas chiffrer cette pratique », regrette Sébastien Arsac.


(élevage cochons Quimper)

La France consomme deux fois plus de viande que la moyenne mondiale

Par ailleurs, les bons chiffres annoncés par l’Anses faisant état d’une baisse de 36,6 %  de l’exposition aux antibiotiques en usage vétérinaire entre 2011 et 2016 (durée du premier plan écoantibio) semblent tout à fait relatifs d’après l’ICWF. « Les chiffres sont beaucoup plus variables si l’on procède espèce par espèce et en fonction des familles d’antibiotiques. De plus, si l’on compare ces chiffres à 1999, date des premiers suivis des ventes d’antibiotiques vétérinaire, on n’est qu’à 13% de baisse. Ça a baissé effectivement pour les porcs,  mais augmenté en bovin et en volaille de 19% depuis 1999. »

Face cet amer constat, quelle sont les alternatives des consommateurs ?  Avec 84 kg de viande par personne et par an en moyenne, les Français consomment plus du double de la consommation moyenne mondiale. Cette habitude alimentaire encourage et oblige  l’industrie à produire en masse et par conséquent à utiliser des antibiotiques de façon systématique et nous tuer à petit feu.

«Si votre boucher se fournit à Rungis, ce sera de la viande nourrie aux antibios»

La première alternative et la moins radicale consiste alors à se renseigner sur la provenance des produits achetés car tous les élevages ne se valent pas. Certains, raisonnés et respectueux du bien-être animal, soignent le plus possible leurs animaux avec des huiles essentielles et des médecines naturelles. Mais ces marchandises de qualité ne se retrouveront pas pour autant sur l’étal du volailler du marché ou chez le boucher de votre quartier. « Il ne faut pas se fier aux apparences, si le boucher se fournit chez Rungis, ce sera de la viande nourrie aux antibiotiques » explique Sébastien Arsac.

L’ICWF confirme : « Les traitements antibiotiques de masse concernent quasiment tous les élevages intensifs de France. Leur viande se trouve donc non seulement au supermarché, mais aussi sur les étals des boucheries. 95% des porcs en France sont élevés en intensif.  Que vous alliez au marché, au supermarché ou chez le boucher, il est donc difficile de trouver du porc élevé sans antibiotiques. Pour mettre toutes les chances de son côté, il faut privilégier le porc plein air ou élevé sur paille. »

Quels sont les labels fiables ?

Par ailleurs, certains labels semblent plus fiables que d’autres pour garantir le respect des normes et les conditions de production et d’élevage. « Les références biologiques et label rouge sont recommandables car bien encadrées avec des cahiers des charges précis et respectueux (NDLR : les élevages biologiques n’utilisent de traitements antibiotiques qu’à des fins curatives et sont limité à 3 par an). En revanche, les étiquetages « fermier » ou « bleu, blanc, cœur », par exemple, n’ont aucune légitimité, c’est de la poudre aux yeux » explique Sébastien Arsac.

Des étiquetages « sans antibios » trompeurs

Il faut aussi veiller à certains produits, comme le jambon sous vide, vendus avec l’étiquetage « porc élevés sans antibiotique » ou « animaux nourris sans antibiotique ». Une adaptation supplémentaire des industrielles aux tendances du marché, mais pas tout à fait vraie… « Il faut faire attention aux mentions trompeuses. Il y a souvent en supermarché du jambon « sans antibiotiques » et quand on regarde de plus près, en tout petit ,en bas il est indiqué « sans antibiotiques après la période de sevrage », or c’est justement avant le sevrage que les porcelets reçoivent le plus de traitements antibiotiques. »

L’OMS classe la viande rouge comme « cancérigène probable »

Autre option pour préserver sa santé : réduire ou bannir la viande de l’alimentation. Une tendance qui se développe de plus en plus. Récemment, la campagne du lundi vert, consistant à ne  consommer ni viande ni poisson un jour par semaine, et soutenue par 500 personnalités, semble rencontrer un franc succès.

Et pour cause, plusieurs études scientifiques parues ces dernières années démontrent les effets néfastes de la consommation de viande. Dès 2015, l’OMS avait officiellement classé la viande rouge parmi les cancérigènes probables chez l’humain et les viandes transformées (charcuteries, nuggets, cordon bleus…) parmi les cancérigènes certains chez l’humain. 

L’Académie américaine de Nutrition et de Diététique va encore plus loin et a établi que la consommation de produits animaux n’est nullement nécessaire. « les alimentations végétariennes bien conçues (y compris végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs. » La British Medical Association enfonce le clou en affirmant que les végétariens ont un plus faible taux d’obésité, de maladies cardiovasculaires et d’hypertension.

Pour aller plus loin
LES ANTIBIOTIQUES, ÇA NE DEVRAIT PAS ÊTRE AUTOMATIQUE

Les repentis 3 – Rémi Thomas, ex employé de boucherie devenu antispéciste

Remi a mis longtemps avant de réaliser que la viande qu’il manipulait provenait d’un être vivant… Une vidéo montrant des images choquantes d’abattoir a mis fin à son déni. Depuis, il est devenu vegan et milite pour la cause animale. Même si au sein de sa famille, il est « perçu comme quelqu’un d’anormal… »

En juin 2016, Rémi, angevin de 27 ans, commence un nouveau travail : employé en boucherie dans un supermarché. À cette époque, cet emploi ne revêt aucune considération particulière pour lui. Il consomme de la viande et considère qu’il fait partie de la chaîne de production. « Au poste auquel j’étais employé, je ne voyais pas le début de la chaîne. Je voyais la bête déjà à moitié découpée donc pour moi, l’animal était quelque chose, pas quelqu’un. Je voyais la viande comme je voyais les légumes, comme un ingrédient. »

«Au fond de moi, je savais que les vegan avaient raison »

Consciemment, Rémi dissocie alors les pièces de viande qu’il manipule, de l’animal. Pour autant, il n’est pas sourd au discours ambiant sur la réduction de la consommation de viande. « Je n’avais rien contre les vegan, mais dès qu’on voulait m’imposer ce régime, j’avais un rejet et j’étais dans le déni. Au fond de moi, je savais que les vegan avaient raison. Mais comme leur vérité me dérangeait, je fermais les yeux sur les choses qui étaient évidentes parce que ça voulait dire que, si je prenais vraiment en compte leur discours, j’allais devoir faire des changements dans ma vie et je n’en avais pas envie à ce moment. Je voulais rester dans mon confort et garder mes habitudes. »

«Tuer les animaux n’est pas une nécessité pour vivre»

Mais au bout de quelques mois, Rémi découvre par hasard sur les réseaux sociaux une vidéo de l’association L214 montrant la souffrance animale dans la chaîne de production de viande. C’est un premier choc : « Je me suis dit, on tue les animaux par habitude culturelle, ce n’est pas une nécessité pour vivre. Si c’est ça qu’il faut faire pour produire, je ne mange plus de viande ! »

Etre boucher et défendre la cause animale

La « claque » Earthlings

En quelques semaines, il opte pour un régime végétarien. D’autant qu’il a continué à se documenter sur le sujet et que sa conviction s’est renforcée. « L’Académie américaine de nutrition et de diététique, la plus grande organisation mondiale de la santé, a prouvé que les humains n’ont pas besoin de produits animaux pour être et rester en bonne santé », explique-t-il. Puis il découvre le documentaire américain Earthlings  : « Une claque ! » Sans filtre, le film montre le sort réservé aux animaux dans les élevages et abattoirs, mais aussi leur condition dans les fermes d’animaux de compagnie, dans les zoos et cirques et leur utilisation pour des expérimentations scientifiques.  « Au bout de dix minutes de visionnage, je savais que je deviendrai vegan et antispeciste ».

«L’antispecisme, c’est la continuité d’autres mouvementscomme l’antiracisme ou l’anti sexisme»

Adopté par la plupart des défenseurs de la cause animimaleale, l’antispecisme réfute la place l’espèce humaine au centre et au sommet de l’ensemble des espèces du monde vivant et considère, a contrario, que l’homme est une petite partie d’une famille bien plus grande : le règne animal. Il n’aurait donc pas à décider de la manière dont on doit traiter et considérer les autres espèces, comme les animaux. « Je considère que l’antispecisme, c’est la continuité d’autres mouvements sociaux comme l’antiracisme ou l’anti sexisme. C’est arrêter de détruire ceux qui nous sont différents. Je suis convaincu que l’abolition aurait bien lieu, c’est une suite logique. »

En accord avec cette philosophie, Rémi devient vegan à l’été 2017. « Pour moi, c’est un devoir. La science nous a prouvé maintes fois que les produits animaux sont purement facultatifs et on sait que pour les produire, il faut commettre des injustices envers eux. Si quelque chose est autant facultatif qu’injuste, il est logique de ne plus participer à cette injustice et de ne plus la commettre. »

Employé de boucherie et vegan…

Etre boucher et défendre la cause animale

Mais contre tous ces nouveaux principes de vie, il continue à travailler au sein de la boucherie par nécessité financière. « C’était le conflit total dans ma tête. Je participais aux choses que je dénonçais. J’avais honte. Durant cette période, je militais et le lendemain, je retournais travailler dans la boucherie. C’était très difficile à gérer. Je me souviens de ce jour où j’étais à mon poste de travail et j’ai reçu une notification sur mon téléphone m’informant que des militants bloquaient un abattoir alors que moi, j’étais dans mon laboratoire. Ma place n’était plus ici… », se souvient Rémi.

«Au sein de ma famille, je suis perçu comme quelqu’un d’anormal»

En mai 2018, il quitte enfin son emploi de boucher et applique complètement ses nouveaux préceptes. Un choix de vie qu’il n’imaginait pas aussi clivant. « Auprès de ma famille, je suis perçu comme quelqu’un d’anormal. On m’a dit plusieurs fois que j’étais entré dans une secte. J’ai perdu beaucoup d’amis. Il y a eu des distances avec ma famille. Mais petit à petit, ils entrevoient que je n’ai pas tort. »

Ma famille ne comprenait pas mon choix vegan et cause animale

« Ça va peut-être être long mais c’est inévitable » Convaincu que ses choix sont les bons et que l’humanité en prendra conscience, Rémi est très désormais engagé et milite auprès d’association de défense des animaux pour dénoncer et informer. « C’est notre manière de militer qui fera avancer les choses plus rapidement ou non. L’humain a toujours évolué en élargissant sa sphère de considération morale. La prochaine étape de la progression morale de l’humanité, c’est de ne plus faire de l’espèce un critère de discrimination. Du coup, je suis optimiste. Ça va peut-être être long, mais c’est inévitable. Albert Einstein disait : Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire… »

C'est quoi le plus bizarre, prendre le lait d'une vache ou le laisser à son veau?

Toute le série des Repentis : Pourquoi devenir Vegan ?

Les repentis 1 – Maurizio Garcia Pereira
Les repentis 2 – Sivalingam Vasanthakumar
Les repentis 3 – Rémi Thomas
Les repentis 4 – Carole

Les repentis 2 – Sivalingam Vasanthakumar, dit Kumar

« Sur le chemin de l’abattoir, j’ai fait demi-tour et conduit mon troupeau d’agneaux dans un refuge »

Année après année, Kumar a conduit son troupeau d’agneaux à l’abattoir. Mais un jour, il n’a plus supporté de les entendre bêler de peu. Et sur la route, il a pris un autre chemin…

« La prise de conscience a pris du temps, mais elle est bien là aujourd’hui. Au cours des trois derniers mois, je préparais un troupeau de 20 moutons pour l’abattage. Il n’avait rien de différent des autres, je n’étais pas plus attaché à lui qu’à d’autres, je n’avais tout simplement plus le courage d’emmener mes bêtes à la mort », confie Sivalingam Vasanthakumar, dit Kumar, 60 ans, éleveur de viande repenti.

« Ce jour-là, je n’ai pas pu »

Ce déclic, l’éleveur l’a eu le 28 janvier dernier alors qu’il était en route vers l’abattoir avec ses agneaux. Un cheptel qui aurait dû lui rapporter près de 9 000 livres (plus de 10 000 euros). Mais ce jour-là, ses plans vont changer. A l’arrière de la camionnette, Kumar entend, une fois de plus, les moutons bêlés de peur et s’entasser à l’arrière de la remorque pour ne pas sortir. Et malgré ses 47 ans d’expérience dans l’élevage et l’agriculture, ses certitudes s’effondrent. « J’ai toujours emmené mes animaux à l’abattage et tué le porc moi-même. Pendant des années, j’ai vu les animaux stresser à l’approche de la mort, ils connaissaient leur destin. Je devais les obliger à sortir. Ce jour-là, je n’ai plus pu. »

« Dans la ferme de mes parents, les animaux restaient avec nous toute leur vie »

Originaire du Sri Lanka, Kumar a commencé très jeune à travailler dans la ferme laitière de ses parents. « C’était très différent de l’élevage de viande car tous les animaux étaient nos animaux de compagnie, ils restaient en vie près de nous jusqu’à leur disparition naturelle et nous les connaissions tous par leur nom. »

Petit à petit, le doute…

Dans l’objectif de prendre la suite de l’exploitation parentale, Kumar s’inscrit à l’université des sciences agricoles de Bangalore en Inde après avoir obtenu son baccalauréat en sciences. Puis il décroche une maîtrise en agriculture durable qui l’emmène en Angleterre. Il intègre ensuite différentes fermes tout au long de sa carrière. En juin 2015, il acquiert 20 hectares de prairies et de bois dans le comté du Devon en Angleterre et y installe son propre élevage de moutons. A côté de cette activité, déjà très prenante, Kumar créé un concept de Food truck dans lequel il cuisine et vend des plats indiens sur les marchés avec sa propre viande. L’éleveur rencontre un franc succès, ses clients appréciant de manger des produits locaux et élever de façon non intensive. Mais au fond de lui commence à germer le doute…

Sur la route de l’abattoir, il décide de changer d’itinéraire

Et ce 28 janvier, sur le chemin de l’abattoir, il décide de changer d’itinéraire. Il réfléchit alors au meilleur moyen de rendre hommage à ses animaux lorsqu’il se remémore l’existence d’un refuge animalier situé à 200 miles de là (321 km). La ferme de Goodheart (bon cœur) située dans le comté du Worcestershire. Un véritable paradis vert de 90 hectares sur lequel quelques 220 bêtes coulent une retraite paisible. David Bourne, le responsable du refuge, s’étonne du choix de Kumar : « Je n’avais jamais vu un éleveur apporter ses propres bêtes auparavant. C’est un cas sans précédent. »

« C’est le travail de toute une vie que j’ai modifié »

Une fois rentré chez lui, la conscience soulagée, Kumar prend alors une autre décision radicale : devenir végétarien. En cohérence avec son choix de sauver ses animaux, il lui est désormais évident de ne plus consommer d’être vivant doué d’intelligence et de sentiments. Idem dans son restaurant ambulant. Ses clients peuvent aujourd’hui découvrir ses recettes végétariennes et végétaliennes préparées avec les légumes de son potager. « Je serai toujours dans le monde agricole, mais plus dans l’élevage. C’était une décision difficile à prendre puisque c’est le travail de toute une vie que j’ai modifié, mais c’était la bonne. »

Dans sa ferme, il conserve encore du bétail dorénavant libre de se promener et de pâturer sur ses terres, sans craindre d’être livré au couperet de l’abattoir. 

Toute le série des Repentis : Pourquoi devenir Vegan ?

Les repentis 1 – Maurizio Garcia Pereira
Les repentis 2 – Sivalingam Vasanthakumar
Les repentis 3 – Rémi Thomas
Les repentis 4 – Carole

Pour en savoir plus:
Kumar’s Dosa Bar and Farm
Good Heart Animal Sanctuaries

«Je suis vegan mais ce n’est pas ce que vous croyez»

« Et le cri de la salade qu’on arrache de la terre et qui souffre, tu l’as entendu aussi ? »  Autour de moi, les rires étaient gras, les mines entendues, la bonne vieille blague a fusé lors d’un apéro entre amis quand on a fait tourner les saucisses cocktail et que j’ai décliné. Pourtant, j’ai juste dit non, je ne l’ai pas ramené mais un de mes très bons amis s’est cru obligé de lancer « C’est parce qu’elle devient vegan ».

Je sais bien que cet ami ne me veut pas de mal, je sais bien qu’il me connaît assez pour savoir que je ne vais pas devenir une croisée, « saouler » tout le monde de discours sur les méfaits d’une alimentation carnée, transformer les diners entre potes en moments culpabilisateurs au moment où passe le plat de merguez . Mais j’ai été confrontée ce soir-là à une intolérance certaine. Des gens intelligents et plutôt bienveillants à mon égard se sont fermés d’emblée à un dialogue que je ne sollicitais même pas !  

Et c’est là que tout le monde a lâché les vannes …

Certes, je n’ai jamais eu droit aux genres de scènes que raconte la journaliste Yolaine de La Bigne, aujourd’hui organisatrice de la journée mondiale de l’intelligence animale  et végétarienne depuis trente ans, à une époque où c’était comme une maladie honteuse ; Dans les années 80, elle m’a raconté avoir dû faire face à une vraie agressivité.

Comme ce déjeuner auquel l’avait invitée un de ses chefs et où il lui avait annoncé d’emblée qu’il prendrait de la viande en entrée et aussi en plat. « Comme ça, juste pour te faire chier . Et s’il y en avait eu au dessert , j’en aurais pris aussi ! » Parce que lui, c’était un « viandard ».  Revendiqué ! Les temps ont changé, les mentalités ont évolué… Dans mon véganisme naissant, je n’ai jamais eu affaire à ce genre de personne. Mais la défiance est toujours là. Et ce soir-là, lors de cet apéro entre amis,  j’ai vu à peu prés ce qu’allaient être mes soirées entre potes ou en famille ces vingt prochaines années.

D’abord , je ne suis pas chiante (enfin, je crois) !

Dans l’esprit de tous, le vegan est chiant, il n’a pas trop d’humour, il est jusqu’au-boutiste, il a des principes qui compliquent la vie de tout le monde. On ne peut pas réserver au restau par exemple sans qu’il ne se soit auparavant assuré du menu. J’avais vu passer cette petite devinette sur instagram :

A quoi reconnaît-on un vegan ?

« Au fait qu’il regarde la carte d’un restau sur internet avant d’y aller . »

J’avais trouvé ça exagéré. Et je n’avais aucune envie de devenir comme ca ! Mais lorsque, pour un déjeuner professionnel,  je me suis retrouvée porte maillot dans une brasserie parisienne très réputée, j’ai regretté de ne pas avoir eu cette curiosité: aucune salade, aucune assiette de légumes, des plats en sauce, des crustacés, voire une ou deux spécialités tripières…le seul plat qui me semblait vegan compatible était une soupe à l’oignon qui, lorsqu’elle est arrivée à table, était parsemée de fromage fondu…

«  Je vais devoir m’y faire : depuis que je suis devenue vegan, je suis devenue dans l’esprit de tous une personne, toujours râleuse, jamais détendue. »

Capable de trouver même à redire à un légendaire Levi’s au motif que l’étiquette indiquant le modèle et la taille est faite en peau… Parce que le cuir est une industrie à part entière. Parce que la peau des étiquettes n’est pas uniquement récupérée sur des bêtes mortes pour nous substanter. J’ai également goûté au bonheur de devenir un casse-tête pour les maitresses de maison qui ne savent jamais quoi faire à diner, quoi servir le matin. … Le matin, si le vegan ne prend pas du lait, alors qu’est-ce qu’il va boire, manger ? Du lait d’avoine ou d’amandes ? Du « granola » (un mélange de céreales qui n’a rien à voir avec la marque de biscuits au chocolat qu’on connaît ? Que des trucs qu’on n’a jamais dans son placard…

On peut être vegan et boire du thé, manger du pain complet le matin, des fruits, des trucs tout simples. Sans forcément « faire chier » le monde ou faire du prosélitisme. Sans aller jeter de la peinture rouge sur la vitrine d’un boucher de quartier. Le véganisme est un choix personnel. C’est comme ça que moi, je le vis. On peut être vegan sans avoir renoncé aux plaisirs de la chère. C’est comme ça que moi, je le suis

Ensuite, je reste épicurienne

Avant cet apéro, il y en a eu plein d’autres ou je me jetais sur les saucisses cocktail. Une autre vie où j’ai aimé la viande, tenté des semaines de régime dissocié, exclusivement carné pour rentrer dans un 36. Le  veau aux olives était la recette que je réussissais le mieux. Et pourtant, je garde des souvenirs d’enfance magiques, ces semaines de vacances à la ferme où je demandais à être reveillée en pleine nuit quand une vache velait .

Ce moment unique où le petit veau à peine expulsé du ventre de sa mére tentait maladroitement de marcher sur la paille de l’étable de cette ferme angevine, reste gravé à jamais. Ce veau, ces veaux, je les ai observés, caressés, nourris pendant des jours, je n’aurais pas supporté que qui que ce soit leur fasse du mal. Jamais imaginé que lui ou l’un de ses congènères puisse partir un jour à l’abattoir.

Adulte, ma « négation » a continué.

Et j’ai cuisiné allégrement du veau aux olives 40 ans de ma vie… Enfant, sur des plages en Afrique, je me suis aussi régalée de méchouis où le cochon embroché tournait des heures, la peau noircie et caramélisée : je me souviens de moments si joyeux où l’on se taillait des parts à même la bête, les pieds dans le sable… Consciemment ou pas et comme plein de gens, j’ai pendant des années refusé de faire un lien entre un animal vivant et ce que j’avais dans l’assiette.

J’ai adoré les oeufs le matin , les plateaux de fromage accompagnés de bon vin. J’ai aimé le contact du cuir sur ma peau, j’ai offert une veste Canada Goose à la capuche bordée de fourrure de coyote et pour faire dame, une ou deux fois dans ma vie, j’aurais même été capable de sortir avec un manteau de fourrure. Je ne dis pas que j’aurais été très fière mais j’aurais pu le faire ! La soie n’était pas un sujet, le cuir de mes sacs non plus.

Résumons parce qu’on me pose souvent la question

Les végétariens ne mangent pas de chair animale. Les vegetaliens ne mangent pas de chair animale, pas d’œufs, pas de lait, pas de miel. Les vegan vont un cran plus loin, en refusant tout ce qui provient de l’exploitation animale, viande, lait, œufs, miel bien entendu mais aussi cuir, fourrure, soie, laine, poils d’animaux pour faire des pinceaux, os et corne pour faire des boutons.

Pourquoi? Parce que :

  • La souffrance animale leur est insupportable
  • L’ idée d’exploiter puis de tuer sans nécessité absolue un être vivant, qui, on le sait désormais, a une sensibilité et ne peut se défendre, emporte tout
  • Ils refusent d’être complices de ce que l’homme inflige aux animauxet de considérer les bêtes, ces êtres vivants, comme de simples « ressources ». Les vegan ne vont pas non plus dans les cirques ou les marinelands. A l’heure de Netflix, on peut se divertir autrement qu’en regardant des phoques ou des ours faire des acrobaties loin de leur banquise.

Enfin, je ne suis pas dupe

Comme tous ceux qui s’intéressent à la cause animale, il y a aujourd’hui des chiffres qui me restent en tête et qui me sont insupportables. Chaque année, c’est 74 milliards d’animaux terrestres qui sont mangés dans le monde ainsi que 1000 milliards de poissons et autres crustacés. Un chiffre qui va croissant. Du jamais vu dans l’histoire de l’humanité. Concernant la France, où 3 millions d’animaux sont tués chaque jour, le journaliste Aymeric Caron a fait le calcul :

« A la fin de sa vie, un français non végétarien aura mangé à lui seul 6 à 7 bœufs, vaches ou veaux, 33 cochons, 1 à 2 chèvres, 9 moutons, plus de 1300 volailles et 60 lapins, ainsi que des centaines d’animaux marins, soit prés de 1500 animaux d’élevage et une tonne d’animaux marins »

Quand j’ai lu ça, je me suis vue posant dans ma cuisine avec ce tableau de chasse.

Les magazines font parfois ce genre d’images pour montrer ce qu’une famille mange en un mois, une année, une vie. Faire l’exercice avec des animaux vivants devient tout de suite beaucoup moins supportable…

Pourtant, au 21ème siècle, personne ne contestera qu’on n’a plus besoin de se couvrir de cuir ou de s’envelopper de fourrure pour avoir chaud. On n’a pas besoin non plus de manger de la viande, du poisson ou des produits laitiers pour être fort et en bonne santé : les dernières études tendent même à prouver le contraire. Ces études que veut taire l’industrie agro-alimentaire qui tend constamment à nous faire oublier ce que l’on mange, en dessinant par exemple des animaux sur les boites de fromage plutôt que d’y faire figurer des photos (allez lire l’article vous comprendrez ce dont je parle).

Avant tout ça, j’ai testé la viande « moralement admissible »

Comme beaucoup de personnes concernées par la souffrance animale ou par leur santé, il y a un moment où je me suis dit que j’allais cuisiner mon veau aux olives en bonne conscience et que j’allais ne plus acheter que de la viande « moralement admissible », c’est à dire de la viande provenant d’un élevage respectueux du bien-être animal. Un de ces élevages cinq étoiles où toutes les cases sont cochées, de la qualité de la litière aux conditions du départ vers l’abattoir : toute sa vie, l’animal provenant de ce type d’élevage est choyé. Par des agriculteurs à l’ancienne qui étreignent même parfois leurs bêtes avant le départ pour l’abattoir. Il y en a, ils sont profondément sincères. …

Mais qu’est-ce que le « bien être » si l’animal est correctement traité voire choyé puis finalement abattu ? Où est la cohérence ?

La finalité est la même dans les petits élevages comme dans les fermes industrielles : tuer un être vivant sans nécessité.

Pour la même raison, je refuse le lait. Parce que l’industrie du lait est intrinsèquement liée à l’industrie de la viande. Parce qu’une vache laitière est engrossée toute sa courte vie (5 ans d’espérance de vie en moyenne contre 20 ans pour une vache élevée dans les prés) pour mettre au monde des veaux qui partiront direct à l’abattoir ou des petites vaches qui subiront le même destin qu’elle : être inséminées, produire du lait à un rythme effréné (entre 20 et 50 litres par jour contre 6 naturellement) pour, en bout de course, être abattue. Je me suis mise à regarder les étiquettes des viandes vendues en supermarché , cette viande que j’ai mangé et fait manger à ceux que j’aime pendant des années; en tout petit, il y a  souvent la mention « vache laitière ». Cela veut dire que cette vache a eu une vie d’enfer…

Quant aux oeufs… J’ai imaginé les poussins de mes vacances à la ferme broyés vivants ou asphixiés : c’est le sort de tous les poussins males car ils sont inutiles à l’industrie des poules pondeuses. Je me suis rappelée que Yolaine de la Bigne m’avait raconté que les poussins naissaient en sachant compter jusqu’à 5. 1,2,3,4,5…En moins de cinq secondes, j’ai arrêté les œufs brouillés…

«Je suis devenue une aventurière de la bouffe»

 Alors oui, je ne vais pas mentir: ce n’est pas une mince affaire d’oublier la viande quand on est pétris de culture culinaire française. Mais ma transition est devenue moins compliquée quand j’ai compris qu’il ne fallait pas chercher à « remplacer » les aliments. J’ai renoncé à la viande, un point c’est tout, je n’allais pas chercher absolument des aliments ressemblants pour me donner l’illusion de continuer à en consommer. J’ai rayé de mon vocabulaire et de ma liste de courses les produits qui portent le vilain nom de « substituts ». Et je suis au contraire devenue aventureuse. Une véritable aventurière de la bouffe. Je n’ai pas renoncé à l’alimentation plaisir alors, j’ai testé d’autres choses, essayé d’autres goûts. J’ai acquis d’autres automatismes.

Je revendique haut et fort qu’on peut être vegan et épicurien . J’ai découvert qu’on pouvait faire d’excellents cookies sans œufs, des bolognaises avec des protéïnes de soja , que des noix de cajou, des pignons de pin, de la poudre d’amandes étaient délicieux saupoudrés sur des pâtes, des curry gourmands qui fondaient sous la langue, que du chili sin carne , c’était bon aussi… J’ai appris à me méfier également de certains produits trop chers au seul motif qu’ils sont étiquetés, markettés vegan. Les industriels ont bien vu venir l’aubaine…

Je ne suis pas devenue quelqu’un d’autre

Je suis devenue vegan mais je ne suis pas devenue une autre personne. Les gens avec lesquels je ne dine pas, je ne déjeune pas n’ont rien remarqué. J’ai juste le sentiment d’être aujourd’hui un peu plus en adéquation avec mes valeurs morales, ma sensibilité, mon humanité. Je ne crois plus à ce que l’on nous présente depuis des années dans nos sociétés comme normal, naturel, indispensable : l’exploitation de l’animal par l’homme. J’ai l’impression de me soucier de la terre que je laisserai à mes enfants et même à la terre que je connaitrai dans vingt ans. L’élevage intensif, on le sait abime la planéte et nous empoisonne autant qu’il nous nourrit. Les pâturages occupent déjà un quart des terres du globe ( excepté l’Antarctique).

Il ne faut pas moins de 15 000 litres d’eau pour produire un kilo de boeuf. Ajoutez à cela les flatulences des ruminants et vous apprendrez que l’élevage est selon l’ONU responsable de 15% des émissions de gaz à effet de serre, soit autant, si ce n’est plus que les transports. La pollution des eaux, la déforestation, la perte de la biodiversité sont aussi une des conséquences de l’élevage.

J’ai décidé de bien vieillir

Après quelques jours, quelques semaines, je me suis sentie mieux.  J’avais une plus jolie peau, je dormais mieux, j’étais plus rapidement rassasiée (les fibres des légumes donnent une sensation de satiété plus rapide), avec le sentiment d’être en meilleure santé. Je ne dis pas que je ne mourrais pas d’une maladie cardio vasculaire ou d’un cancer , que je mourrais super vieille , je ne dis pas que je n’aurais pas de diabète de type 2 mais je m’éteindrai la conscience tranquille car j’aurais fait tout ce que je pouvais pour éviter de mal vieillir.

Car c’est désormais archi prouvé : ne plus manger de viandes rouges, c’est prévenir les maladies cardio-vasculaires et le cancer. Ne plus manger de viandes blanches – dont la consommation augmente dans les pays développés parce que cette viande non sanguinolente est visuellement plus « acceptable » -, c’est aussi être moins sujet au diabète de type 2, à l’hypertension artérielle, avoir moins de troubles de la mémoire, de polyarthrite rhumatoïde, moins de calculs biliaires, c’est vivre mieux et plus vieux ( de 6 à 10 ans en moyenne). Pourquoi ? Parce que les animaux d’élevage se voient administrer préventivement ( et illicitement) des antibiotiques, des vaccins, des pesticides…

Et que je veux contrôler, autant que faire se peut, ce qu’absorbe mon organisme.

Puisqu’on se dit tout, je ne vous cache pas que c’est en matière de mode que j’ai aujourd’hui le plus de mal. Je boycotte sans probléme les marques non éthiques, je n’offrirai plus jamais par exemple une veste Canada Goose depuis que j’ai vu sur le site de la PETA les images de ce coyote la patte coincée dans un piège agoniser pendant des heures. Mais je cherche encore des marques qui soient à la fois accessibles et qui offrent une large gamme de produits. Ca va venir, je ne suis pas inquiéte : il y a déjà des gammes vegan chez esprit, H&M, Doc Martens, des créateurs

qui travaillent les cuirs végétaux : du liége (Basus), de l’eucalyptus ( Noani Fashion), du cuir en feuilles d’ananas (Puma comme camper ont déjà des prototypes de ce type de chaussures), du muskin (du cuir de champignon qui ressemble au cuir de chamois) , des gammes vegan chez Esprit, H&M et Dr Martens, même si à l’image de la Stan Smith Stella Mac Cartney à 250 euros, ça reste cher… .

Je ne suis pas vegan parce que c’est la mode

Il y a un autre truc qu’on m’a lancé à l’apéro : on m’a asséné que je ne faisais que suivre une mode. C’est ce que veut nous faire croire l’industrie alimentaire et les lobbys. Le véganisme est un mouvement ancien, porté aussi bien par des savants –  Pythagore était vegan – , que par des génies  – Leonard de Vinci – des sportifs -Lewis Hamilton- ou des sex-symbols : Ryan Gossling en est un fervent adepte. Je vous mets au défi de trouver un rôle où il porte une veste en cuir. Si j’ai le temps, la place, l’envie, peut-être que je le dirai au prochain apéro saucisses.

Le véganisme est moins une mode qu’une façon de s’interroger sur soi, un moment dans sa vie où l’on se pose et où l’on se demande… Comment ai-je pu ???

  • Me soucier aussi peu du sort des animaux ?
  • M’intéresser aussi peu à ce qu’il y a dans mon assiette ?
  • Oublier mes vacances enfant à la ferme?
  • Caresser un chat et me couper une tranche de méchoui à même la bête l’instant d’après ?
  • Croire qu’il y avait des animaux « bons à manger » auxquels on ne donnait pas de noms et d’autres, supérieurs, des animaux domestiques que je chérissais ?

C’est ce qu’on appelle le « paradoxe de la viande », ce paradoxe qui consiste à aimer les animaux et pourtant, à les manger (livre de Martin Gibert, Voir son steack comme un animal mort, ed Lux) .

Le paradoxe de la viande

Il y a encore un an, je ne pensais pas me régaler autant en lisant les formidables avancées des découvertes sur l’intelligence animale : il y en a de nouvelles chaque semaine ! Yolaine de la Bigne me racontait qu’Emmanuelle Pouydebat, l’auteur de « l’intelligence animale, cervelles d’oiseaux et mémoires d’éléphants » préfacée par Yves Coppens ( ed Odile Jacob) s’était fait quasiment rire au nez par ses collègues du CNRS, lorsque l’idée lui est venue d’écrire sur le sujet . Aujourd’hui, tout le monde s’incline devant la qualité et le succés de son  livre. J’ai adoré cette

cette vidéo de Brut où l’on voit un corbeau flemmard disposer des noix sur un passage clouté pour les faire casser par les voitures qui démarrent, halluciné en lisant que des cochons sont capables de jouer à des jeux vidéo , *ou que des pieuvres sont à même de se servir de noix de coco comme outils ** Je me suis indignée aussi quand Houra a proposé dans son offre de Noël 2018 de livrer à ses clients des homards vivants

Les scientifiques s’accordent tous aujourd’hui sur le fait que les animaux que l’homme exploite et tue ont des émotions, des intérêts, ils ont aussi une vie qu’ils veulent sauver…

Je ne saoûle personne

 Enfin, même si ce n’est pas ma préoccupation principale,  j’ai le sentiment de faire partie d’une communauté grandissante. Curieuse et bienveillante pour reprendre ce mot à la mode. Nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus occulter ce que nous répètent les scientifiques : cette course folle ne peut pas continuer. Avec 10 à 15 milliards d’habitants sur terre en 2050, la planète ne sera bientôt plus capable de produire suffisamment de viande pour nourrir l’ensemble de la population. Nous sommes à la veille d’un changement alimentaire mondial. Une révolution. Pour l’instant, je fais la mienne, tranquille et à mon rythme et sans saouler personne. Enfin, tant qu’on ne me chauffe pas trop avec le cri de la salade.

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