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Monthly Archives: octobre 2019

Même vos crevettes sont shootées aux antibiotiques (petite histoire de l’antibiorésistance) …

antibiorésistance

Les crevettes ? Ce sont les dernières qu’on imaginerait shootées aux antibiotiques et pourtant… Christophe Brusset, un industriel de l’agro-alimentaire aujourd’hui « repenti » a raconté dans son best-seller de 2015 Vous êtes fous d’avaler ça“ (ed Flammarion) comment il a dissuadé sa femme de manger des crevettes congelées… pourtant commercialisées par l’entreprise dans laquelle il travaillait à l’époque ! 

La raison ? 

Elles contenaient du «chloramphénicol : un antibiotique puissant et pas cher écrit-il, que l’on administre aux crevettes dans certains pays en les mélangeant à leur nourriture. Cela évite les infections qui peuvent découler de leur confinement en grand nombre dans les bassins d’élevage. 
C’est un produit super efficace mais très dangereux. Il provoque une anémie, qui peut être mortelle pour les personnes sensibles. Bien qu’interdit en Europe et dans tous les pays développés, la plupart des pays producteurs l’utilisent encore”.

J’ai eu Christophe Brusset au téléphone la semaine dernière (il travaille à Singapour : l’agro-alimentaire l’a blacklisté en France) et je lui ai demandé si les crevettes nourries aux antibios, cela existait encore. Il m’a répondu oui. La seule solution, explique-t-il, consiste à acheter des «crevettes nordiques, sauvages, pêchées au Canada, en Islande ou Norvège».

Ne vous réjouissez pas en vous disant que vous ne mangez quasiment jamais de crevettes congelées.

Car les crevettes ne sont pas un cas isolé. 

L’administration d’antibiotiques touche TOUS les animaux d’élevage.

  • 83% des 800 millions de poulets tués chaque année en France
  •  96% des porcs
  • 99% des lapins de chair élevés dans l’hexagone

Pour résumer, 50% des antibiotiques produits dans notre pays sont donnés aux animaux d’élevage. 

Un chiffre ahurissant. 

Une administration massive.

Pourquoi donner des antibiotiques aux animaux ?

Pour leur permettre de survivre aux conditions de promiscuité que leur fait subir l’élevage intensif. Et éviter la prolifération des bactéries.

Pourquoi est-ce dangereux ?

Parce qu’en administrant des antibios à outrance, comme on le fait actuellement, on développe l’antibiorésistance.

L’antibiorésistance survient quand les bactéries ne sont plus tuées par les antibiotiques qui sont censés les combattre. En gros, les antibios deviennent inefficaces.

Et cette antibiorésistance touche les hommes comme les animaux. Les bactéries issues des élevages peuvent se transmettre aux humains, via la viande, le lait, les œufs, les cultures lorsqu’elles sont irriguées avec de l’eau contaminée par les matières fécales des animaux ou fertilisées avec du fumier animal.

L’antibiorésistance est aujourd’hui l’une des plus importantes menaces mondiales pesant sur la santé.

Si cette situation perdure, on pourra à l’avenir mourir de maladies qu’on sait aujourd’hui soigner car les antibios ne seront plus efficaces.

Selon une étude du Centre Européen de Prévention des Maladies, ce phénomène pourrait causer la mort de 10 millions de personnes par an dans le monde d’ici à 2050.

  • Chaque année en France, plus de 150 000 patients développent une infection liée à une bactérie multirésistante et plus de 12 500 en meurent (cité par le parisien 16 octobre 2019).
  • Exemple : selon un rapport publié en février 2016 par l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments), “76% des carcasses de poulet sont contaminées par la bactérie Campylobacter, la maladie bactérienne qui touche le plus les Européens (9 millions de personnes concernées chaque année, toujours selon l’EFSA). Décelée chez 69,8% des poulets, cette bactérie est désormais résistante à un antibiotique extrêmement important en médecine humaine, la ciprofloxacine”.
  • Autre exemple : la deuxième maladie alimentaire la plus fréquemment signalée en Europe, celles causées par les bactéries salmonelle, est devenue résistante à plusieurs médicaments (infection déclarée par 94 530 personnes en 2017 selon l’ Anses). « Cette résistance s’est retrouvée chez les humains (26% des bactéries) mais aussi dans la viande de poulet (24,8%) et de dinde (30,5%) ». (Cité par L214)
  • Ces maladies transmises par les animaux à l’homme ont un nom : les « Zoonoses alimentaires ». Elles sont en constante augmentation malgré les procédures de contrôle mis en place par les gouvernements (pour plus de détails, regardez ici)

Pourquoi, si ce n’est pour combattre ces bactéries, vous recommande-t-on de nettoyer soigneusement votre plan de travail et vos mains lorsque vous manipulez de la viande crue ?

Et vous savez ce qui est le plus dingue ? C’est qu’un début de solution existe… mais qu’il est hors la loi !

Ce début de solution a été évoqué il y a dix jours par 1052 agriculteurs qui ont signé un manifeste dans la presse.

Ces 1052 professionnels réclament l’autorisation de soigner leurs bêtes avec des plantes lorsqu’il s’agit de traiter des bobos du quotidien (pas les maladies sévères, bien sûr).

Ces médecines alternatives, 70 à 80% des éleveurs bio les pratiquent aujourd’hui mais ils sont obligés de le faire sous le manteau car très peu de ces huiles essentielles ont réussi à passer les tests complexes et coûteux que nécessitent les autorisations de mise sur le marché.

Face à ce problème de santé publique et contre l’antibiorésistance, ces 1052 disent « entrer en résistance »… ( Le Parisien 18 octobre).

Cet appel a été peu relayé.

Est-ce parce qu’il dérange les lobbys ? Parce que ces solutions sont bon marché  et donc très peu rentables (Denis Fric, un vétérinaire homéopathe nous a parlé de ces méthodes alternatives et ancestrales et de la résistance des lobbys, je vous invite à lire notre enquête sur le site d’Alternative Vegan)? 

Ok me direz vous, en attendant que les instances se bougent et que les politiques cèdent à la pression de l’opinion plutôt qu’à celles des lobbys (c’est pas gagné), vous pouvez toujours vous croire à l’abri en vous disant que vous n’achetez pas de la viande ou du poisson issus d’élevages intensif car vous vous fournissez chez un boucher…

Mais savez-vous où se fournit votre boucher ?

“S’il se fournit à Rungis, ce sera de la viande nourrie aux antibios”, nous explique Sébastien Arsac, co-fondateur de l’association L214 (voir une version plus détaillée de cet article sur le site)

Voilà comment le régime carné – générateur d’une souffrance insupportable pour les animaux – impacte votre santé et celle de vos proches, parfois de manière irrémédiable. 

Souvent de manière latente, diffuse, pernicieuse… 

Voilà pourquoi j’ai créé Alternative Vegan : pour vous informer au mieux et vous proposer des alternatives concrètes. 

Venez en discuter dans mon groupe Facebook privé où je dialoguerai avec vous sur les différents thèmes abordés dans mon livre et vous pourrez ainsi me faire part de vos expériences.

Si, comme moi, vous êtes dégoûtés par ces pratiques, réagissez directement dans les commentaires ci-dessous. 

Pour tout cela et pour votre bienveillance, un grand merci !

Laurence

La recette du dahl de lentilles corail en vidéo… et une question !

« Comment s’y prend-on lorsqu’on est un être humain normal et pas une calculatrice qui mange ? ».

La question est posée par l’écrivain américain Jonathan Safran Foer, auteur de Faut-il manger les animaux ? Un livre de référence contre l’élevage industriel. 

Safran Foer est actuellement en pleine tournée promo, occupé à défendre son dernier ouvrage, un manifeste pour une réduction de la consommation de viande intitulé « L’avenir de la planète commence dans notre assiette » (éd. de l’Olivier) qui est sorti cette semaine.

J’aime bien Jonathan Safran Foer parce que son discours est pragmatique, pas dogmatique. Passionné mais raisonné. Vibrant mais pas excluant. 

Safran Foer admet ses failles et ses questionnements : il doute ouvertement qu’une alimentation sans produits d’origine animale provoque un jour une adhésion massive dans le monde.

Mais il propose des choses. La principale proposition de son livre, qu’il détaille dans cette interview accordée à Slate que je vous conseille   est, dans un premier temps, de se passer de produits d’origine animale (lait et œufs compris) au moins lors de deux de nos trois repas journaliers .

Soit. Pourquoi pas pour commencer ? 

Je réfléchis justement en ce moment aux meilleurs moyens pour concevoir une méthode, un accompagnement pour faciliter cette transition végétale devenue si importante. 

Un accompagnement progressif, simple, pratique. 

Je suis en train de rencontrer des docteurs, des nutritionnistes, des chefs cuisiniers… J’espère pouvoir vous en dire plus dans quelques semaines !

Mais avant tout cela, voici une recette pas compliquée du tout à faire : un dahl de lentilles corail, les lentilles étant les championnes des légumineuses.

Nutritionnellement parlant, on n’est pas loin de la perfection ! 

Combinées avec des légumes, les légumineuses apportent en effet une quantité impressionnante de nutriments essentiels: vitamines, oligo éléments, minéraux.

  • Elles sont également très riches en fer (indispensable à la production de l’hémoglobine)
  • Aident à contrôler la glycémie (donc à éviter le diabète de type2) et le taux de cholestérol dans le sang.
  • Ont pour certaines d’entre elles (dont les lentilles) un effet antihypertenseur et aident à lutter contre la fonte musculaire.
  • Un de leurs acides aminés, la leucine, pourrait même ralentir la perte osseuse (Mieux manger pour les nuls, docteur Jean-Michel Cohen, ed First).

Pour cette recette, il vous faut :

  1. 500 g de purée de tomates
  2. 1 litre de lait de coco
  3. Du curry
  4. Du cumin
  5. Du curcuma
  6. Du paprika
  7. De l’huile d’olive
  8. 1 gousse d’ail
  9. 3 tomates
  10. 1 poivron rouge
  11. 1 aubergine
  12. 3 carottes
  13. 400 g de lentilles corail

J’en profite pour vous dire qu’Alternative Vegan, ce média que nous sommes en train de construire ensemble, suscite déjà beaucoup d’intérêt !

Après Europe 1 et C8, je suis invitée le 23 Octobre en début de matinée sur France info pour parler de notre aventure commune et je serai le 31 sur Sud Radio.

J’ai aussi une question pour vous car j’ai du mal à me décider : d’une manière générale (que ce soit pour mon livre ou notre projet de revue) dois-je interviewer des opposants au véganisme ? 

Bien sûr, quand on est journaliste, le contradictoire est la règle. 

Mais je me dis que les partisans d’une alimentation carnée ont largement la parole, et depuis bien longtemps, et que cette parole a emporté toutes les autres. 

Je suis vraiment preneuse de votre avis sur la question : laissez-moi juste un commentaire ci-dessous. Cela me sera très utile !

A très vite,

Laurence

Vous participez peut-être aux massacres des visons ! (et vous ne le savez pas)

Il fut un temps – je vous parle des années 80 – où offrir un manteau en vison à sa femme était lui faire un magnifique cadeau. Après des années à l’espérer, ma mère en a eu un, ses copines aussi. Le manteau de vison est aujourd’hui au fond d’une armoire, je crois que cela fait bien vingt ans qu’elle ne l’a plus regardé. Peut-être avez-vous vécu la même histoire. Porter de la fourrure n’est plus aujourd’hui moralement, socialement acceptable. Pourtant, vous, moi, en portons sûrement sans le savoir.

Non ?

Si !

Car la fourrure est partout.

Dans ces petit colifichets que les enseignes disposent stratégiquement le long des caisses lorsque vous faites la queue ou dans ces portes-clés rigolos et colorés que vos enfants accrochent à leurs sacs à dos…

Elle est aussi dans les cols, les capuches, les garnitures sur les bords de manche…

Elle est partout, mais on ne vous le dit pas.

Parfois, on vous fait même croire que c’est de la fausse fourrure.

Parfois, elle est teintée pour que les consommateurs ne l’identifient pas comme « de la vraie ».

C’est comme ça qu’en France, aujourd’hui, beaucoup d’entre nous achètent de la fourrure… sans le savoir.

OK direz-vous, tout cela est indigne, mais on ne peut rien y faire puisqu’on nous dupe.

Et puis cette cette fourrure vient de l’étranger, de Chine notamment où l’on est capable de tout  pour vendre, comme faire passer du chien pour du « raton laveur »(1) , et où on ne peut rien contrôler…

Vous faites peut-être partie des 59% de français qui pensent qu’il n’y a plus d’élevages d’animaux à fourrure en France.

Or, il y en a.

© L214

Notamment des élevages de visons d’Amérique, aux poils plus denses que les visons d’Europe et qui n’ont pas la chance d’être considérés comme une espèce protégée.

Ces élevages sont planqués mais on en compte une dizaine dans l’hexagone.

Et ils n’ont rien à envier à ceux qui existent à l’étranger.

150 000 visons d’Amérique sont élevés et tués dans les élevages français chaque année.

Les associations qui ont infiltré ces élevages décrivent toutes les conditions indignes dans lesquelles naissent, grandissent et meurent ces animaux (2). 

Pour rappel :

  • Les visons d’Amérique sont des animaux semi aquatiques, c’est-à-dire qu’ils vivent le long des cours d’eau (marais, fleuves, bord de mer) où ils ont besoin de s’immerger.
  • Ils sont solitaires, ont une espérance de vie de 6 à 8 ans en milieu naturel, leur territoire peut s’étendre jusqu’à 6 kilomètres pour les mâles, 3 pour les femelles.
  • Ils aiment se cacher, bondir, nager, marcher, grimper aux arbres et sur les rochers. Ils sont curieux, intelligents, délicats. Ils ont… besoin de liberté !

Entassés, souillés, blessés, gazés

Dans les élevages qui subsistent en France et que les associations de protection animale ont visité, les visons sont :

  • Entassés (généralement par 3) dans des cages minuscules, dites “en batterie” et n’ont aucun accès à l’eau.
  • Ils n’ont pas de mangeoire, de paille ou de litière, leurs cages dégoulinent d’excréments et d’urine. Leur nourriture est jetée à même les grilles où les restes pendent en putréfaction.
  • Ces conditions de vie les font sombrer dans la folie. Ils développent des troubles du comportement, s’automutilent ou se blessent. Les usines à fourrure résonnent de leurs cris perçants.
  • Leurs blessures ne sont pas soignées, leurs plaies sont laissées sans traitement, au point qu’il est arrivé que leur cerveau soit apparent. Oui, je sais, c’est dur à lire, mais c’est la vérité.
  • Les visons qui ne sont pas gardés pour la reproduction sont abattus à l’aube de leur premier hiver. Ils sont généralement gazés ou électrocutés par voie anale. Ceux qui ne meurent pas tout de suite (il y en a beaucoup) sont dépecés alors qu’ils sont encore conscients…
  • En 2018, l’élevage d’Emagny dans le Doubs, était fermé par arrêté administratif (3). « Par souci d’économie, cet éleveur est allé jusqu’à broyer les cadavres des morts pour les donner à manger aux vivants », racontait un riverain à l’association 30 millions d’amis .

Et cette souffrance animale se double d’un désastre environnemental puisque les déjections se dispersent dans la nature et polluent les sols(4).

Comment pouvons nous accepter cela ?

J’y pense à chaque doudoune avec capuche que je regarde, à chaque caisse cernée de colifichets que je fréquente. 

D’autant que l’Etat ne fait rien.

Cet Etat français dont le ministre de l’agriculture  – et donc de la protection animale – Didier Guillaume a osé l’été 2019 aller assister à une corrida (5).

Mieux, la France est dans l’illégalité.

Elle ne respecte pas la recommandation du Conseil de l’Europe sur l’élevage des animaux à fourrure, à laquelle elle doit pourtant se plier. 

Selon cette recommandation, il est illégal de

  • Priver les visons de cachettes
  • Priver les visons de litière
  • Priver les visons de points d’eau dans lesquels ils puissent nager

Une dizaine de pays de l’Union Européenne ont interdit ou encadré les élevages d’animaux à fourrure. 

La France fait partie des pays n’ayant voté AUCUNE LOI à ce sujet.

Et ce, alors que 8 français sur dix se déclarent pour l’interdiction des élevages d’animaux à fourrure en France(6).

Autant dire que l’Etat traite ce sujet par le plus grand mépris…

Vous êtes révolté(e), vous aussi  ?

Partagez cet article avec vos amis pour qu’ils soient eux aussi informés et commencent à boycotter tous ces produits.

Vous souhaitez échanger sur ce sujet et en savoir plus ?

Rejoignez mon groupe Facebook privé, qui compte désormais plus de 2000 membres (merci !).

Ou n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous, je serai ravie de vous lire. 

(1) Source Liberation
(2) Enquêtes de 30 millions d amisenquête de One Voice dans six élevages à voir ici,
et enquête de L214 à voir ici 
(3) Source 30 millions d’amis
(4) Selon une étude menée en 2011 par un cabinet indépendant,la fourrure a un impact environ- nemental plus important que toutes les autres matières textiles sur 17 des 18 critères environnementaux étudiés;
voir ici 
(5) Source Le point 
(6) sondage YouGov pour L214 – 2018.

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