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Même vos crevettes sont shootées aux antibiotiques (petite histoire de l’antibiorésistance) …

antibiorésistance

Les crevettes ? Ce sont les dernières qu’on imaginerait shootées aux antibiotiques et pourtant… Christophe Brusset, un industriel de l’agro-alimentaire aujourd’hui « repenti » a raconté dans son best-seller de 2015 Vous êtes fous d’avaler ça“ (ed Flammarion) comment il a dissuadé sa femme de manger des crevettes congelées… pourtant commercialisées par l’entreprise dans laquelle il travaillait à l’époque ! 

La raison ? 

Elles contenaient du «chloramphénicol : un antibiotique puissant et pas cher écrit-il, que l’on administre aux crevettes dans certains pays en les mélangeant à leur nourriture. Cela évite les infections qui peuvent découler de leur confinement en grand nombre dans les bassins d’élevage. 
C’est un produit super efficace mais très dangereux. Il provoque une anémie, qui peut être mortelle pour les personnes sensibles. Bien qu’interdit en Europe et dans tous les pays développés, la plupart des pays producteurs l’utilisent encore”.

J’ai eu Christophe Brusset au téléphone la semaine dernière (il travaille à Singapour : l’agro-alimentaire l’a blacklisté en France) et je lui ai demandé si les crevettes nourries aux antibios, cela existait encore. Il m’a répondu oui. La seule solution, explique-t-il, consiste à acheter des «crevettes nordiques, sauvages, pêchées au Canada, en Islande ou Norvège».

Ne vous réjouissez pas en vous disant que vous ne mangez quasiment jamais de crevettes congelées.

Car les crevettes ne sont pas un cas isolé. 

L’administration d’antibiotiques touche TOUS les animaux d’élevage.

  • 83% des 800 millions de poulets tués chaque année en France
  •  96% des porcs
  • 99% des lapins de chair élevés dans l’hexagone

Pour résumer, 50% des antibiotiques produits dans notre pays sont donnés aux animaux d’élevage. 

Un chiffre ahurissant. 

Une administration massive.

Pourquoi donner des antibiotiques aux animaux ?

Pour leur permettre de survivre aux conditions de promiscuité que leur fait subir l’élevage intensif. Et éviter la prolifération des bactéries.

Pourquoi est-ce dangereux ?

Parce qu’en administrant des antibios à outrance, comme on le fait actuellement, on développe l’antibiorésistance.

L’antibiorésistance survient quand les bactéries ne sont plus tuées par les antibiotiques qui sont censés les combattre. En gros, les antibios deviennent inefficaces.

Et cette antibiorésistance touche les hommes comme les animaux. Les bactéries issues des élevages peuvent se transmettre aux humains, via la viande, le lait, les œufs, les cultures lorsqu’elles sont irriguées avec de l’eau contaminée par les matières fécales des animaux ou fertilisées avec du fumier animal.

L’antibiorésistance est aujourd’hui l’une des plus importantes menaces mondiales pesant sur la santé.

Si cette situation perdure, on pourra à l’avenir mourir de maladies qu’on sait aujourd’hui soigner car les antibios ne seront plus efficaces.

Selon une étude du Centre Européen de Prévention des Maladies, ce phénomène pourrait causer la mort de 10 millions de personnes par an dans le monde d’ici à 2050.

  • Chaque année en France, plus de 150 000 patients développent une infection liée à une bactérie multirésistante et plus de 12 500 en meurent (cité par le parisien 16 octobre 2019).
  • Exemple : selon un rapport publié en février 2016 par l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments), “76% des carcasses de poulet sont contaminées par la bactérie Campylobacter, la maladie bactérienne qui touche le plus les Européens (9 millions de personnes concernées chaque année, toujours selon l’EFSA). Décelée chez 69,8% des poulets, cette bactérie est désormais résistante à un antibiotique extrêmement important en médecine humaine, la ciprofloxacine”.
  • Autre exemple : la deuxième maladie alimentaire la plus fréquemment signalée en Europe, celles causées par les bactéries salmonelle, est devenue résistante à plusieurs médicaments (infection déclarée par 94 530 personnes en 2017 selon l’ Anses). « Cette résistance s’est retrouvée chez les humains (26% des bactéries) mais aussi dans la viande de poulet (24,8%) et de dinde (30,5%) ». (Cité par L214)
  • Ces maladies transmises par les animaux à l’homme ont un nom : les « Zoonoses alimentaires ». Elles sont en constante augmentation malgré les procédures de contrôle mis en place par les gouvernements (pour plus de détails, regardez ici)

Pourquoi, si ce n’est pour combattre ces bactéries, vous recommande-t-on de nettoyer soigneusement votre plan de travail et vos mains lorsque vous manipulez de la viande crue ?

Et vous savez ce qui est le plus dingue ? C’est qu’un début de solution existe… mais qu’il est hors la loi !

Ce début de solution a été évoqué il y a dix jours par 1052 agriculteurs qui ont signé un manifeste dans la presse.

Ces 1052 professionnels réclament l’autorisation de soigner leurs bêtes avec des plantes lorsqu’il s’agit de traiter des bobos du quotidien (pas les maladies sévères, bien sûr).

Ces médecines alternatives, 70 à 80% des éleveurs bio les pratiquent aujourd’hui mais ils sont obligés de le faire sous le manteau car très peu de ces huiles essentielles ont réussi à passer les tests complexes et coûteux que nécessitent les autorisations de mise sur le marché.

Face à ce problème de santé publique et contre l’antibiorésistance, ces 1052 disent « entrer en résistance »… ( Le Parisien 18 octobre).

Cet appel a été peu relayé.

Est-ce parce qu’il dérange les lobbys ? Parce que ces solutions sont bon marché  et donc très peu rentables (Denis Fric, un vétérinaire homéopathe nous a parlé de ces méthodes alternatives et ancestrales et de la résistance des lobbys, je vous invite à lire notre enquête sur le site d’Alternative Vegan)? 

Ok me direz vous, en attendant que les instances se bougent et que les politiques cèdent à la pression de l’opinion plutôt qu’à celles des lobbys (c’est pas gagné), vous pouvez toujours vous croire à l’abri en vous disant que vous n’achetez pas de la viande ou du poisson issus d’élevages intensif car vous vous fournissez chez un boucher…

Mais savez-vous où se fournit votre boucher ?

“S’il se fournit à Rungis, ce sera de la viande nourrie aux antibios”, nous explique Sébastien Arsac, co-fondateur de l’association L214 (voir une version plus détaillée de cet article sur le site)

Voilà comment le régime carné – générateur d’une souffrance insupportable pour les animaux – impacte votre santé et celle de vos proches, parfois de manière irrémédiable. 

Souvent de manière latente, diffuse, pernicieuse… 

Voilà pourquoi j’ai créé Alternative Vegan : pour vous informer au mieux et vous proposer des alternatives concrètes. 

Venez en discuter dans mon groupe Facebook privé où je dialoguerai avec vous sur les différents thèmes abordés dans mon livre et vous pourrez ainsi me faire part de vos expériences.

Si, comme moi, vous êtes dégoûtés par ces pratiques, réagissez directement dans les commentaires ci-dessous. 

Pour tout cela et pour votre bienveillance, un grand merci !

Laurence

  • caroline dit :

    Comme beaucoup de familles française avant nous mangions de la viande régulièrement mais depuis l’information sur les mauvaises conditions d’élevage et de souffrance des animaux nous ne mangeons plus de viande du tout. Je pense que nous sommes de plus en plus nombreux. Ce que les industriels n’ont pas compris c’est que dans de la QUALITE il y aussi la notion de RESPECT.

  • Chauvat dit :

    Tout à fait d’accord avec vous cela fait des années que nous refusons de manger des animaux torturés par l’industrie agroalimentaire

  • Francine Laurenti dit :

    La seule alternative est de ne plus consommer de chair animale et de produits issus de quelque animal que ce soit . Ainsi plus de souffrances , plus d’injections d’antibiotiques ou autres qui contaminent les humains . Il existe des menus de substitution savoureux sans aucun animal dans l’assiette Les étals des bouchers ou poissonniers sont autant de tombeaux à ciel ouvert où l’odeur de la souffrance et de la mort s’en dégage . Seule et unique possibilité et solution : plus de chair animale ni de produits laitiers dans notre alimentation ! plus d’élevages intensifs et plus d’abattages ! La voie est tracée mais le chemin sera long mais je suis convaincue que les consciences s’éveilleront vers plus de lucidité et d’empathie . Bravo pour toutes vos actions

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