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Monthly Archives: septembre 2019

Comment ça, il y a du plastique dans les saucisses (retour sur l’opacité des comptes de l’industrie de la viande) ?

Vous auriez cette attitude avec l’administration, vous ne respecteriez pas la loi à ce point, vous vous exposeriez immédiatement à de sévères poursuites judiciaires.

Mais lui est un fils de famille.

Le fils de la 168ème famille la plus riche de France (1).

Celle qui détient 70% du marché de la viande.

Qui emploie 14 000 personnes, dont 12 000 en CDI.

Son business entraîne chaque année la mort de 1,3 million de bovins adultes, 400 000 veaux, 5 millions de porcs et 400 000 agneaux (2).

Une famille qui s’est crue au dessus des lois.  

En septembre 2017, Maxence Bigard, le fils de Jean-Paul Bigard, le PDG de l’entreprise qui détient Bigard, Charal et Socopa, était auditionné par la commission des affaires économiques de l’assemblée nationale.

Depuis 2013, la société Bigard refusait de communiquer ses comptes. 

Une obligation légale pourtant, qui permet d’éclairer le public sur les bénéfices d’une entreprise, son champ de responsabilités, les aides reçues, bref qui permet de « rendre des comptes » – c’est là où l’expression trouve tout son sens.

Face au questionnement des députés l’interrogeant sur ce non respect de la loi, le fils Bigard, mutique, n’a rien lâché. Zéro réponse, zéro justification.

On est dans le Parrain ou dans une commission d’audition à l’Assemblée Nationale ?

La séquence a été filmée (3), elle est juste incroyable. «  On est dans le Parrain ou on est dans une commission d’audition à l’Assemblée Nationale ? » s’est même énervé François Ruffin, député LFI de la Somme.

Chez les Bigard, l’opacité est assumée. Limite revendiquée.

C’est le cas pour les comptes de l’entreprise.

C’est aussi le cas dans ses abattoirs où l’association L214 n’a pu pénétrer qu’une seule fois, il y a dix ans.

Jean-Paul Bigard, le PDG qui fuit les micros et les caméras, est décrit par le magazine Marianne comme un « abatteur-transformateur qui dicte sa loi aux éleveurs et distributeurs » (4).

  • Il s’est prononcé contre la vidéosurveillance dans les abattoirs au motif que l’activité du secteur de la viande souffrait déjà de « bien des règles » et que la vidéosurveillance serait assimilée à une « surveillance du personnel ».  
  •  “Nous n’avons aucun intérêt à mettre en scène et à ouvrir le début d’une chaîne d’abattage”a-t-il déclaré devant la commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français (la déclaration intégrale est à retrouver ici (5)).
  • Il a d’ailleurs admis que toute sa politique commerciale (le groupe Charal a dépensé 17 millions d’euros de pub en 2013) visait à couper le lien dans l’esprit des consommateurs entre les animaux et la viande (6).

Face à ce non-respect de la loi, ceux que vous élisez n’ont rien pu faire.

Fin mai 2018, l’ancien ministre de l’agriculture Stéphane Travers assurait que Bigard allait être condamné par le tribunal de commerce du Finistère si rien n’était fait. Mais rien n’a été fait. Et il ne s’est rien passé…

Une trentaine de députés ont aussi exhorté Bigard à publier ses comptes sous peine de se voir réclamer, comme l’exige là aussi la loi, une amende journalière équivalente à 2% de son chiffre d’affaire (7).

Là aussi, chou blanc…

La question est : pourquoi accepte-t-on cette opacité ?

La réponse est toute simple : parce que l’industrie de la viande est extrêmement puissante.

Bigard, c’est presque la moitié de l’industrie de la viande en France. Et le leader en Europe.

Autant dire qu’en terme d’emploi, Bigard pèse très lourd. Dans certaines régions, comme la Bretagne centre, par exemple, la quasi totalité des emplois ont plus ou moins trait à l’élevage industriel (8).

Voilà pourquoi ce ne sont ni les parlementaires ni le ministre de l’agriculture qui ont contraint le groupe mais les associations. 

L214 , l’association Lanceur d’alerte (représentée par Alexandre et Maxime Renahy, auteur de Là où est l’argent) ainsi que la journaliste Inès Léraud (autrice de Algues vertes, l’histoire interdite, ed Delcourt) et  Pierre Hinard (auteur du livre Omerta sur la viande, ed Grasset) ont poursuivi en justice le numéro 1 de la viande française.

Et de façon précipitée, Bigard a fini par publier la plupart de ses comptes de 2014 à 2017. 

Quel est l’intérêt d’avoir finalement obtenu la publication de ces comptes ?

Cela permet de savoir comment est utilisé l’argent public dont le groupe bénéficie. Notre argent. Celui des citoyens.

Une viande ultra subventionnée qu’on ne paye pas à son vrai prix.

Car cette viande qui peut faire tant de mal à notre santé (voir cet article) est ultra subventionnée : d’après le syndicat Force ouvrière, Bigard aurait perçu 32 millions d’euros d’aides de l’État en crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et en allègements sur les bas salaires pour la seule année 2014, et 26 millions d’euros en 2015.

Pourtant, le plus révoltant n’est pas que le leader du secteur ignore ainsi, des années durant, la loi, le plus révoltant n’est pas que la viande soit ultra subventionnée ou qu’elle perçoive des aides de l’Etat. 

Le plus dérangeant est cette opacité revendiquée de l’industrie de la viande.

Chez Bigard, c’est une opacité financière.

Mais chez d’autres entreprises, c’est une opacité tout court.

Qui touche souvent les circuits d’approvisionnement et de distribution, les industriels multipliant les sous-traitants et les traders pour négocier au plus bas prix les pièces de viande. Des pièces de viande issues d’animaux “désassemblés”, pour que chaque partie de la dépouille soit valorisée au maximum. 

Et cette opacité tout court conduit à des scandales alimentaires (9).

Pour rappel, en France, et rien que sur les six dernières années:

  • Février 2019:  scandale à la viande polonaise frauduleuse. 795 kilos de viandes issues d’abattage illégal de bêtes potentiellement malades sont achetées par neuf entreprises françaises qui ont été “dupées” (10). 
  • Juin 2019, le scandale des “steaks des pauvres”. Des tonnes de faux steaks hachés surgelés importés de Pologne, sans trace de viande bovine, sont vendus à des associations caritatives.
  • 2013: La retentissante affaire Spanghero et le scandale des lasagnes garnies à la viande de cheval vendues à bas prix et censées être du boeuf. 50 tonnes de VSM de mouton (Viande Séparée Mécaniquement, mélange de graisses, cartilages et os ) ont par ailleurs été importées illégalement du Royaume Uni . Elles étaient destinées à fabriquer des merguez fraîches. A noter que depuis 20 ans, la commercialisation de VSM de moutons est interdite car il y a un risque potentiel d’y retrouver des ganglions porteurs du prion, l’agent responsable de la maladie de la vache folle (11).
  • Décembre 2013: le scandale des chevaux de laboratoire. Des centaines de chevaux de labo auraient été réintroduits dans la filière alimentaire en étant vendus à une société de négoce narbonnaise.
  • Et que dire de la lisibilité proche de l’opacité de certaines étiquettes, celles de certaines merguez vendues en supermarchés notamment, dont la composition est écrite en tout petit au dos.

Une viande dans laquelle , il y a trois ans, les inspecteurs de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) avaient retrouvé du porc non étiqueté, des antioxydants non autorisés et des colorants en quantité supérieure à celle autorisée (11). 

Plumes et plastique dans les saucisses 

Selon le réseau d’alerte de la Rasff, commission européenne sur l’alimentation, il est également arrivé qu’en décortiquant des saucisses, on tombe sur des plumes, des résidus de plomb, des fragments de plastique… Fragments provenant du plastique collé au minerai de viande décongelé à l’arrache (11)… 

Je veux commencer à enquêter sur ces sujets qui touchent directement à notre santé et vous informer au mieux pour le futur

Mais j’ai besoin de vous, de votre soutien. 

Si vous connaissez d’autres cas et souhaitez également vous impliquer avec moi, je serai très heureuse que nous puissions échanger dans les commentaires sous cet article ou dans le cadre plus fermé de mon groupe Facebook privé ici

A très vite !

Laurence 


(1) Selon le classement du magazine Challenge 2019
(2) Chiffres de 2015
(3) A regarder ici
(4) https://www.marianne.net/societe/jean-paul-bigard-le-carnassier-qui-dicte-sa-loi
(5) « L’acte de mort est totalement verrouillé. Ce n’est pas un spectacle, c’est un acte difficile, même lorsqu’il est bien géré. On voit du sang, on entend du bruit, il y a une odeur. C’est plus impressionnant sur un bovin de 500 kilos que sur un poulet de 1,5 kilo. Il est possible de renforcer encore les règles, mais nous n’avons aucun intérêt à mettre en scène et à ouvrir le début d’une chaîne d’abattage. La première partie de la chaîne d’abattage, c’est-à-dire de la mort de l’animal jusqu’à son éviscération thoracique, abdominale, autrement dit la vidange de l’animal, est délicate à montrer à des gens qui ne connaissent pas. Cela constitue obligatoirement un choc » a déclaré Jean-Paul Bigard devant la commission d’enquête parlementaire.→ Compte rendu de l’audition de Jean-Paul Bigard devant la commission d’enquête de M. Falorni en 2016
(6) (évoqué par L 214, la face cachée de nos assiettes ed Robert Laffont, p 227).
(7) (La loi Sapin II, adoptée fin 2016 sous le quinquennat Hollande, prévoit une pénalité financière pouvant aller jusqu’à 2% du chiffre d’affaires moyen journalier enregistré en France par jour de retard, pour toute entreprise de transformation agricole refusant de publier ses comptes Une sanction pouvant atteindre 2 % du chiffre d’affaires quotidien grâce aux dispositions de la loi Sapin II.
(8) Cité par L214, la face cachée de nos assiettes ed Robert Laffont
(9) La société Bigard n’est impliquée dans aucun de ces scandales
(10) https://www.lepoint.fr/societe/viande-polonaise-frauduleuse-au-moins-150-kg-vendus-aux-consommateurs-en-france-01-02-2019-2290798_23.php
(11) Lire à ce sujet La merguez sur le grill, Marianne, 26 juillet au 1er août 2019)

Oui, le végétalisme peut sauver des millions de vies du diabète

Un adulte sur 11 dans le monde vit aujourd’hui avec le diabète, maladie qui ne cesse de progresser [1].

Il y a 4 millions de diabétiques en France.

Des chiffres d’autant plus inquiétants que cette maladie avance souvent cachée (entre 500 000 et 800 000 français seraient des diabétiques qui s’ignorent) [2]…

Et que les conséquences d’un diabète non traité peuvent être dramatiques :

·     risques d’athérosclérose ou d’artères bouchées

·     risque de crise cardiaque, d’attaques cérébrales

·     problèmes de vue, notamment de cécité

Si rien n’est fait, un français sur 10 – soit 6 millions – sera touché d’ici 15 ans.

De quel diabète parle-t-on ?

Le plus répandu, celui qui touche 90% des diabétiques, est le diabète dit « de type 2 ».

C’est un diabète lié à un déséquilibre de l’insuline, laquelle insuline régule le niveau de sucre dans le sang.

L’insuline produite par le pancréas agit mal (c’est l’insulinorésistance). Le pancréas finit par s’épuiser et ne parvient plus à produire une quantité suffisante d’insuline. Le taux de sucre dans le sang n’est alors plus régulé et devient trop élevé.

Selon l’OMS, un diabète est avéré lorsqu’à deux reprises, le taux de sucre dans le sang est supérieur ou égal à 1,26g/l à n’importe quel moment de la journée.

Ajoutez à cela que le surpoids et l’obésité sont des facteurs aggravants de la maladie (80% des personnes concernées par un diabète de type 2 sont en surpoids voire obèses) et vous comprendrez qu’avec une population qui ne cesse de prendre du poids, le risque est de plus en plus grand….

Pourtant, le diabète n’est pas une fatalité.

LA bonne nouvelle, c’est que le diabète de type 2 peut se contrôler.

On peut même devenir un ex-diabétique.

Comment ? En changeant sa façon de s’alimenter.

Depuis très longtemps, en effet, on sait que le régime alimentaire est important dans le contrôle du diabète [3].

Et que ce régime doit répondre à trois principes :

  • Moins de graisses, notamment saturées car elles contribuent à l’obésité
  • Beaucoup d’hydrates de carbones pour aider à contrôler la glucose dans le sang. Les diabétiques sont encouragés à manger des amidons tels que les pommes de terre, légumineuses, pain et pâtes…
  • Beaucoup de fibres. Les fibres ne se trouvent que dans les aliments végétaux : pommes de terre cuites au four (avec la peau), choux de Bruxelles, courgettes, pois, haricots, flocons d’avoine…

Aujourd’hui de nombreuses études prouvent qu’une alimentation vegan riche en fruits et légumes et pauvres en matière grasse réduit les risques de diabète.

Vous ne me croyez pas sur parole ? Vous avez raison.

Voilà donc les études. Il y en a pléthore.

La plus récente a été publiée le 13 février 2018 dans la revue Nutrients par le Physicians Committee for Responsible Medicine de Washington [4].

Des chercheurs ont réuni 75 participants de 25 à 75 ans en surpoids et sans antécédents de diabète. 16 semaines durant, une moitié du groupe a conservé son régime alimentaire habituel, l’autre a suivi un régime vegan, faible en graisses, à base de fruits, de légumes, de grains entiers et de légumineuses, le tout sans limite calorique et sans changer leur activité physique…

A la fin des 16 semaines, le groupe des personnes ayant mangé vegan a vu son indice de masse corporelle baisser. Leur sécrétion d’insuline a augmenté après les repas, de même que leur sensibilité à l’insuline. Leur taux de sucre dans le sang a lui aussi diminué.

Pour les scientifiques, ces résultats attestent que le véganisme peut être un moyen de prévenir le diabète de type 2.

Selon le docteur Hana Kahleova, auteur de l’étude « cette étude ajoute une preuve que l’alimentation est vraiment un remède et que consommer un régime sain à base de fruits et légumes peut faire beaucoup pour prévenir le diabète ».

Et cette étude n’est pas la seule :

  • En mai 2017, une publication de référence [5] coordonnée par François Mariotti, professeur à AgroParisTech et spécialiste de la physiologie de la nutrition et du comportement alimentaire l’écrivait clairement : « il y a aujourd’hui des preuves épidémiologiques indiquant un risque plus faible de diabète de type 2 chez les personnes suivant différents types de régime végétariens » [6].
  • En 2013, une étude française faisait le lien entre une consommation importante de viande et de produits laitiers et la hausse du risque de diabète de type 2. La proportion de femmes consommant le plus de viande avait un risque de diabète de type 2 de 56% plus élevé que les autres [7].
  • En 2009, une étude publiée dans la revue médicale Nutrition Reviews expliquait : « les personnes suivant un régime végétarien sont environ deux fois moins susceptibles de développer un diabète que les non-végétariennes [8] ».
  • Enfin et pour cesser de vous assommer de chiffres et d’études, en décembre 2016, l’Académie de nutrition et de diététique des Etats-Unis exprimait sa position sur les régimes végétariens, soulignant qu’ils « réduisent les risques de maladies cardiovasculaires , le diabète de type 2, l’hypertension, certains types de cancers et l’obésité ».

L’académie rassemble plus de 100 000 nutritionnistes du monde entier.

Entendons-nous bien: il ne s’agit pas de dire que le véganisme peut guérir de tout mais, clairement et c’est prouvé scientifiquement, le véganisme permet de lutter contre certaines des maladies chroniques les plus graves de notre ère : maladies cardiovasculaires, cancer du sein, du côlon, alzheimer, la DMLA… (vous retrouverez ici un article qui liste un certain nombre de bienfaits prouvés scientifiquement). 

Si vous souffrez de diabète ou de l’une de ces maladies, je serai vraiment très intéressée de vous lire dans les commentaires ci-dessous

Et si vous connaissez des personnes souffrant de ces mêmes maladies, n’hésitez pas à partager cet article pour leur permettre également d’échanger avec les membres de notre communauté qui seraient dans la même situation

A très vite !

Laurence 


[1] Données publiées dans la 8e édition de l’Atlas du diabète de la Fédération internationale du diabète
[2]  . https://contrelediabete.federationdesdiabetiques.org/le-diabete/?gclid=CjwKCAjwq4fsBRBnEiwANTahcF8s1uV3B54EMmDMHQ3sOfJ8sQQWxE7fc2_EjHoKccyvtlNFux9kxxoC0YYQAvD_BwE
[3] Le plus ancien régime diabétique retrouvé date de 1550 avant Jesus-Christ et préconisait l’utilisation de « grains de blé, de gruau frais, de raisins, de miel, de baies et de bière douce ».
[4] Pour consulter l’étude : http://www.mdpi.com/2072-6643/10/2/189 )
[5] Les régimes végétariens et à base de plantes dans la santé et la prévention des maladies, cité par Hugo Clément Comment j’ai arrêté de manger des animaux, ed Seuil
[6] Comment j’ai arrêté de manger des animaux , Hugo Clément, ed Seuil.
[7] https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/24544-Devenir-vegan-bon-diabete-type-2)
[8] Comment j’ai arrêté de manger des animaux , Hugo Clément, ed Seuil.

Protéines végétales versus protéines animales : ce mythe qu’on traine depuis cent ans.

Je suis sûre qu’à vous aussi, ça vous est arrivé. 

Une phrase qu’on répète, un truc venu d’on ne sait où et qui, à force d’être répété, devient une vérité.

Dans les journaux où j’ai travaillé, par exemple, il arrive souvent qu’on m’ait dit : “le lecteur pense ça” ou bien alors: “tu ne peux pas supprimer telle page, la lectrice ne le supportera pas”. 

Pour les “certitudes” concernant le véganisme, c’est pareil. 

Il y a des approximations, des mensonges, tellement répétés au fil des années qu’ils sont bien installés : 

En vrac…

Manger de la viande rend fort.

Manger de la viande est essentiel.

L’humain est né pour être carnivore.

Manger l’autre, c’est la loi de la jungle (bah, on n’est pas dans la jungle).

Et de toutes façons, les protéines animales sont de meilleure qualité que les protéines végétales.

En terme de nutrition, ce mythe-là est celui qui est le plus ancré. 

Car à force de répéter cette contre-vérité, les protéines animales sont devenues dans l’esprit de tous la seule source de protéines.

Elles le sont même devenues dans l’esprit des professionnels, puisque comme le souligne le docteur Jérôme Bernard-Pellet, “99% des médecins et diététiciens sont absolument convaincus que les protéines animales sont supérieures aux protéines végétales alors que c’est complètement faux”.

C’est pour cela qu’on demande toujours aux vegans : “mais comment tu fais pour les protéines?”.

Rappel :

Pourquoi les protéines sont indispensables

Parce qu’elles sont indispensables à… la vie ! Elles jouent un rôle fondamental dans la construction et la réparation de nos muscles, de notre peau, de nos os, cheveux et ongles, aide notre corps à se défendre contre les infections et à transporter l’oxygène dans notre corps. Elles assurent la plupart des fonctions cellulaires.

Pourquoi pense t-on que les protéines animales sont meilleures que les protéines végétales ?

Une protéine est généralement constituée de plus de 50 acides aminés liés entre eux tels les maillons d’une chaîne. 

Il existe 20 acides aminés différents dont 8 dits « essentiels ». 

Ces 8 acides aminés essentiels ne sont pas fabriqués par notre organisme et c’est par notre alimentation que nous devons les lui donner.  

Et vous savez quoi ? 

Ces 8 acides aminés essentiels sont tous présents dans les végétaux !

Aucun médecin, aucun diététicien ne vous dira le contraire !

Le seul hic, c’est que, dans les protéines végétales, un de ces acides aminés n’apparaît qu’en faible proportion. C’est celui qu’on appelle l’acide aminé “Limitant”.

Pour les légumineuses, c’est la méthionine et pour les céréales, la lysine.

De là est née l’idée que les protéines des oléagineux, des légumineuses et des céréales seraient de mauvaise qualité car elles ne renfermeraient pas les acides aminés essentiels.

Alors qu’il y a une façon très simple de résoudre ce petit problème, c’est d’associer dans votre alimentation les légumineuses et les céréales (haricots rouges et maïs, riz et lentilles, semoule et pois chiche, haricots secs et pâtes, fèves et blé et toutes sortes d’associations qu’ont bien assimilées les cuisines du monde). 

Contrairement à une idée reçue, on n’est pas obligés de consommer céréales et légumineuses en même temps. Il suffit de les consommer dans la même journée…(vous trouverez ici un récapitulatif de nos besoins journaliers en protéines)

Autre hic – mais c’est un petit hic -, la digestibilité des protéines animales est en général meilleure que la digestibilité des végétales.

Pour 100 grammes de protéines végétales, 85 grammes vont réellement pouvoir être utilisées par l’organisme, explique Jérôme Bernard-Pellet. Pour 100 grammes de protéines animales, ce sera 95 grammes. Ces caractéristiques techniques ont suffi pour que certains disent : les protéines animales sont supérieures, poursuit le médecin. C’est une idée qu’on traîne depuis peut-être cent ans …”.

Une idée fausse car les protéines végétales ne sont pas moins bonnes que les protéines animales, elles sont même meilleures.

C’est ce qu’explique le docteur Jérôme Bernard-Pellet. 

« Une étude assez révolutionnaire a été publiée dans le JAMA [1]  (Journal de l’Association Américaine de Médecine Interne) en 2016, explique le docteur Pellet, La mortalité globale était étudiée en fonction de la source de protéine ingérée (plus de 130 000 personnes ont été étudiées durant trois décennies).

Chez les populations qui sont en pleine santé, ces deux protéines, animales et végétales, peuvent faire jeu égal.

La donne change concernant les patients qui ont une fragilité, par exemple ceux qui sont hypertendus, diabétiques, en surpoids.  

Plus ces patients-là mangent des protéines animales, plus ils augmentent leur mortalité cardiovasculaire.

Et inversement, plus ils mangent des protéines végétales, plus ils diminuent leur mortalité cardiovasculaire.

Donc sur des critères cliniques, sur des critères pratiques, continue le médecin, les protéines végétales semblent mieux à même de protéger la santé que les protéines animales”.

Graisses contre fibres

Ajoutez à cela que les protéines animales apportent leur cargaison de graisses saturées tandis que les protéines végétales contiennent des fibres alimentaires et des glucides (qui sont absents de la viande) et vous pourrez choisir lesquelles manger.

Enfin et pour terminer, sachez que la consommation excessive de protéines animales a une incidence négative (elle peut causer la perte de calcium dans les os, un risque accru de cancers – en particulier colorectaux et une épuisement des reins et du pancréas [2]), là où la consommation excessive de protéines végétales n’a aucune incidence.

Voilà, j’espère vous avoir éclairé(e)s et que vous saurez quoi répondre à quelqu’un “qui sait de quoi il parle” quand il vous ressortira le mythe des protéines végétales versus animales.

Si vous avez des questions, des remarques, partagez-les directement dans les commentaires ci-dessous : je serai très heureuse d’y répondre et de vous lire.

Pour écouter et voir le docteur Pellet expliquer tout cela, je vous renvoie sur mon groupe Facebook privé qui vient de passer la barre des 1000  membres ! Merci beaucoup ! La vidéo se trouve ici.

A très vite !

Laurence

[1] Mingyang Song,, Teresa T. Fung, Frank B. Hu, Walter C. Willett,Valter D. Longo, Andrew T. Chan,; Edward L. Giovannucci. ““Association of Animal and Plant Protein Intake With All-Cause and Cause-Specific Mortality.”JAMA Intern Med. Published online August 01, 2016.
[2] Veggie en famille, Hélène Defossez Lise Lebrun, ed Leduc pratique

Comment la cantine scolaire abîme la santé de votre enfant

Vous vous sentiriez de duper un enfant de trois ans ? De lui faire ingurgiter de la viande en douce, en disant à cet enfant, qui est en petite section de maternelle, qu’il ou elle mange du «rôti » ? Parce que le mot viande, l’enfant le connaît, il sait que chez lui, on n’en mange pas. 

Mais le « rôti », il ne sait pas ce que c’est…

Alors, le “rôti” de la cantine , cet enfant en a mangé. Pendant un an. Jusqu’à ce qu’il comprenne ce que c’est que c’était. Et qu’il le raconte à ses parents.

Voilà comment l’école a menti sciemment à la petite fille d’un de mes amis, Jérémie Mercier. Vous pouvez retrouver son témoignage en vidéo dans mon groupe Facebook privé ici. 

En France, en 2016.

Pas glorieux, hein, de berner ainsi les plus crédules d’entre nous ?

Chaque année, c’est un milliard de repas qui sont proposés dans les cantines de nos enfants (1). Au menu  :

  • Plus de 80 000 tonnes de produits carnés.
  • Plus de 120 000 tonnes de produits laitiers (2).

Dans les assiettes de nos enfants, 2 fois plus de protéines que nécessaire.

Entre la maternelle et le collège, les écoliers consomment 2 à 4 fois trop de protéines animales , soit 2 à 4 fois les apports conseillés par les scientifiques de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

 69% des enfants du CP au CM2 mangent de la viande et du poisson tous les jours.

Une alimentation en décalage total par rapport aux prescriptions du GIEC (regroupant le travail d’une centaine de scientifiques de 52 pays).

Une alimentation qui augmente fortement l’obésité, le diabète et les maladies cardio vasculaires.  

Bientôt , nous n’aurons plus rien à envier aux américains puisque selon les chiffres publiés le 27 août 2019 par le ministère de la santé, près de 20% des adolescents français sont désormais en surcharge pondérale ou obèses (3). 

Une « pandémie d’obésité » est en train de toucher notre jeunesse, comme le dénonce le célèbre chef Olivier Roelinger (4).

Cette surconsommation est d’autant plus inquiétante que l’origine de la viande des cantines est peu traçable, elle est de plus administrée au niveau maternel et primaire, une tranche d’âge déterminante dans le développement des enfants.

Chaque jour donc, l’école française à laquelle vous confiez vos enfants, dégrade leur santé.

Maintenant, venons-en à LA question :

Pourquoi l’école français fait-elle sciemment surconsommer de la viande et des produits laitiers à nos enfants, si cette surconsommation est si nocive ?

L’école veut-elle du mal à nos enfants ?

Evidemment non !

L’école, instrument des lobbys

Si l’école agit ainsi, c’est par ignorance (le vieux mythe de la viande qui rend fort…), par paresse (la répétition d’habitudes alimentaires) et parce qu’elle est l’instrument des lobbies.

Je vous explique :

En France, les recommandations nutritionnelles officielles sont définies au sein du PNNS (Programme National Nutrition Santé).

Ces recommandations sont ensuite traduites par le Groupe d’Etudes des Marchés- Restauration Collective et Nutrition (GEM-RCN). C’est ce groupe qui conseille les acheteurs de la restauration collective.

Aux réunions du GEM-RCN, là où se décident donc les recommandations nutritionnelles, il devrait y avoir des représentants de l’Etat, des scientifiques, des nutritionnistes et des représentants des filières viande et produits laitiers.

Les représentants de l’Etat et les scientifiques ne sont quasiment jamais là, les représentants des lobbys, eux, sont TOUJOURS là ! Ils n’ont face à eux que des nutritionnistes bénévoles qui ont beaucoup moins qu’eux voix au chapitre.

Ce sont donc les lobbys qui influent LOURDEMENT sur les recommandations du GEM-RCN.

Dingue ! Et proprement scandaleux. 

C’est dingue, mais c’est comme ça. Vous avez bien lu. 

Ceux qui font les recommandations nutritionnelles et encouragent à consommer trop de viandes sont les mêmes qui vendent cette même viande !!!

Et j’évoque à peine le travail d’influence que font les lobbys du lait (le CNIEL, interprofession du lait) et de la viande (Interbev, interprofession du bétail et de la viande) qui vont à l’intérieur même des écoles organiser des ateliers censés « informer » et éduquer nutritionnellement les enfants (et promouvoir les protéines animales).

Pourquoi tant d’empressement, pourquoi tant de « ciblage » autour de nos enfants?

  • Parce que c’est à cet âge-là que se forme le goût.
  • Parce que les enfants sont prescripteurs au sein de leurs famille.
  • Et parce que les lobbys surfent sur de bonnes vieilles idées reçues, à savoir que :

L’école est le seul endroit ou les enfants des milieux les plus défavorisés peuvent manger ce dont ils ont besoin.

C’est vrai : raison de plus pour leur expliquer qu’on trouve dans les végétaux tous les acides aminés dont notre corps a besoin à condition de manger céréales et légumineuses (pois chiches , haricots secs, lentilles) au cours d’une même journée (associé ou pas). 

Introduire dans les cantines des menus sans viande ni poisson, équilibrés et de qualité facilite l’accès de tous à une alimentation saine et durable.

L’école est le seul endroit où les enfants de foyers peu aisés peuvent manger de la viande :

Faux ! Contrairement à ce qu’on pense, les produits carnés sont aujourd’hui davantage consommés dans les milieux modestes.  Il sont un “marqueur social”. 

Le plus souvent, ces produits sont industriels et de mauvaise qualité. A l’inverse, la consommation de fruits et légumes est largement plus importante chez les cadres que chez les ouvriers (2).

Va-t-on laisser encore longtemps à l’agribusiness le soin de nourrir – et d’éduquer – nos enfants ? Et accessoirement, d’enfumer leurs parents ?

Je n’accuse personne, j’ai moi aussi été de ces mères qui nourrissent leurs enfants de cordons bleus rapides à préparer, appétissants. Je croyais bien faire.

Mais maintenant que je sais ce qu’il y a dans cette nourriture industrielle, maintenant que je connais les méfaits de la viande sur la santé, et particulièrement sur celle de nos enfants, je veux en parler et diffuser le plus possible.

D’autant que les cantines scolaires ne sont pas parties pour respecter la loi EGalim, adoptée en septembre 2018. 

Cette loi qui prévoit que les cantines expérimentent pendant 2 ans des menus végétariens « au moins une fois par semaine », devrait entrer en application le 1er novembre…

“Mais la mesure n’est pas encore assez connue” regrettent les associations (5) qui doutent très fortement de sa mise en œuvre et de la volonté politique de la voir appliquée. (6)

En tant que maman, cet état de fait m’écoeure et je peux vous promettre que je vais m’atteler à enquêter sur le sujet afin de vous informer au mieux dans les semaines à venir. 

Je serai pour cela très intéressée de vous lire dans les commentaires ci-dessous : qu’en pensez-vous ? auriez-vous des témoignages à me transmettre ? Toutes vos réactions ou vos informations m’intéressent ! Cliquez ici.

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Un grand merci,

Laurence

(1) Source Greenpeace
(2) Résultats d’une étude menée par Greenpeace en mai 2018 sur 3200 communes françaises
(3) D’après les chiffres de cette étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 18,4% des adolescents sont en surcharge pondérale et parmi eux, 5,2% sont obèses. Ces chiffres sont en hausse par rapport à 2009. On dénombrait alors 17% d’adolescents en surcharge pondérale et 3,8% jeunes obèses.
(4) RTL, auteur de Pour une révolution délicieuse, ed Fayard
(5) Le Parisien, “Trop de bidoche à la cantoche”, 4 septembre 2019
(6) Actuellement, seule 9% des cantines scolaires proposent un repas végétarien une fois par semaine ou une alternative végétarienne.

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