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Comment la cantine scolaire abîme la santé de votre enfant

Vous vous sentiriez de duper un enfant de trois ans ?

De lui faire ingurgiter de la viande en douce, en disant à cet enfant, qui est en petite section de maternelle, qu’il ou elle mange du «rôti » ?

Parce que le mot viande, l’enfant le connaît, il sait que chez lui, on n’en mange pas. 

Mais le « rôti », il ne sait pas ce que c’est…

Alors, le “rôti” de la cantine , cet enfant en a mangé. Pendant un an. Jusqu’à ce qu’il comprenne ce que c’est que c’était. Et qu’il le raconte à ses parents.

Voilà comment l’école a menti sciemment à la petite fille d’un de mes amis, Jérémie Mercier. Vous pouvez retrouver son témoignage en vidéo dans mon groupe Facebook privé ici. 

En France, en 2016.

Pas glorieux, hein, de berner ainsi les plus crédules d’entre nous ?

Chaque année, c’est un milliard de repas qui sont proposés dans les cantines de nos enfants (1). Au menu  :

  • Plus de 80 000 tonnes de produits carnés.
  • Plus de 120 000 tonnes de produits laitiers (2).

Dans les assiettes de nos enfants, 2 fois plus de protéines que nécessaire.

Entre la maternelle et le collège, les écoliers consomment 2 à 4 fois trop de protéines animales , soit 2 à 4 fois les apports conseillés par les scientifiques de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

 69% des enfants du CP au CM2 mangent de la viande et du poisson tous les jours.

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Une alimentation en décalage total par rapport aux prescriptions du GIEC (regroupant le travail d’une centaine de scientifiques de 52 pays).

Une alimentation qui augmente fortement l’obésité, le diabète et les maladies cardio vasculaires.  

Bientôt , nous n’aurons plus rien à envier aux américains puisque selon les chiffres publiés le 27 août 2019 par le ministère de la santé, près de 20% des adolescents français sont désormais en surcharge pondérale ou obèses (3). 

Une « pandémie d’obésité » est en train de toucher notre jeunesse, comme le dénonce le célèbre chef Olivier Roelinger (4).

Cette surconsommation est d’autant plus inquiétante que l’origine de la viande des cantines est peu traçable, elle est de plus administrée au niveau maternel et primaire, une tranche d’âge déterminante dans le développement des enfants.

Chaque jour donc, l’école française à laquelle vous confiez vos enfants, dégrade leur santé.

Maintenant, venons-en à LA question :

Pourquoi l’école français fait-elle sciemment surconsommer de la viande et des produits laitiers à nos enfants, si cette surconsommation est si nocive ?

L’école veut-elle du mal à nos enfants ?

Evidemment non !

L’école, instrument des lobbys

Si l’école agit ainsi, c’est par ignorance (le vieux mythe de la viande qui rend fort…), par paresse (la répétition d’habitudes alimentaires) et parce qu’elle est l’instrument des lobbies.

Je vous explique :

En France, les recommandations nutritionnelles officielles sont définies au sein du PNNS (Programme National Nutrition Santé).

Ces recommandations sont ensuite traduites par le Groupe d’Etudes des Marchés- Restauration Collective et Nutrition (GEM-RCN). C’est ce groupe qui conseille les acheteurs de la restauration collective.

Aux réunions du GEM-RCN, là où se décident donc les recommandations nutritionnelles, il devrait y avoir des représentants de l’Etat, des scientifiques, des nutritionnistes et des représentants des filières viande et produits laitiers.

Les représentants de l’Etat et les scientifiques ne sont quasiment jamais là, les représentants des lobbys, eux, sont TOUJOURS là ! Ils n’ont face à eux que des nutritionnistes bénévoles qui ont beaucoup moins qu’eux voix au chapitre.

Ce sont donc les lobbys qui influent LOURDEMENT sur les recommandations du GEM-RCN.

Dingue ! Et proprement scandaleux. 

C’est dingue, mais c’est comme ça. Vous avez bien lu. 

Ceux qui font les recommandations nutritionnelles et encouragent à consommer trop de viandes sont les mêmes qui vendent cette même viande !!!

Et j’évoque à peine le travail d’influence que font les lobbys du lait (le CNIEL, interprofession du lait) et de la viande (Interbev, interprofession du bétail et de la viande) qui vont à l’intérieur même des écoles organiser des ateliers censés « informer » et éduquer nutritionnellement les enfants (et promouvoir les protéines animales).

Pourquoi tant d’empressement, pourquoi tant de « ciblage » autour de nos enfants?

  • Parce que c’est à cet âge-là que se forme le goût.
  • Parce que les enfants sont prescripteurs au sein de leurs famille.
  • Et parce que les lobbys surfent sur de bonnes vieilles idées reçues, à savoir que :

L’école est le seul endroit ou les enfants des milieux les plus défavorisés peuvent manger ce dont ils ont besoin.

C’est vrai : raison de plus pour leur expliquer qu’on trouve dans les végétaux tous les acides aminés dont notre corps a besoin à condition de manger céréales et légumineuses (pois chiches , haricots secs, lentilles) au cours d’une même journée (associé ou pas). 

Introduire dans les cantines des menus sans viande ni poisson, équilibrés et de qualité facilite l’accès de tous à une alimentation saine et durable.

L’école est le seul endroit où les enfants de foyers peu aisés peuvent manger de la viande :

Faux ! Contrairement à ce qu’on pense, les produits carnés sont aujourd’hui davantage consommés dans les milieux modestes.  Il sont un “marqueur social”. 

Le plus souvent, ces produits sont industriels et de mauvaise qualité. A l’inverse, la consommation de fruits et légumes est largement plus importante chez les cadres que chez les ouvriers (2).

Va-t-on laisser encore longtemps à l’agribusiness le soin de nourrir – et d’éduquer – nos enfants ? Et accessoirement, d’enfumer leurs parents ?

Je n’accuse personne, j’ai moi aussi été de ces mères qui nourrissent leurs enfants de cordons bleus rapides à préparer, appétissants. Je croyais bien faire.

Mais maintenant que je sais ce qu’il y a dans cette nourriture industrielle, maintenant que je connais les méfaits de la viande sur la santé, et particulièrement sur celle de nos enfants, je veux en parler et diffuser le plus possible.

D’autant que les cantines scolaires ne sont pas parties pour respecter la loi EGalim, adoptée en septembre 2018. 

Cette loi qui prévoit que les cantines expérimentent pendant 2 ans des menus végétariens « au moins une fois par semaine », devrait entrer en application le 1er novembre…

“Mais la mesure n’est pas encore assez connue” regrettent les associations (5) qui doutent très fortement de sa mise en œuvre et de la volonté politique de la voir appliquée. (6)

En tant que maman, cet état de fait m’écoeure et je peux vous promettre que je vais m’atteler à enquêter sur le sujet afin de vous informer au mieux dans les semaines à venir. 

Je serai pour cela très intéressée de vous lire dans les commentaires ci-dessous : qu’en pensez-vous ? auriez-vous des témoignages à me transmettre ? Toutes vos réactions ou vos informations m’intéressent ! Cliquez ici.

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Un grand merci,

Laurence

(1) Source Greenpeace
(2) Résultats d’une étude menée par Greenpeace en mai 2018 sur 3200 communes françaises
(3) D’après les chiffres de cette étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 18,4% des adolescents sont en surcharge pondérale et parmi eux, 5,2% sont obèses. Ces chiffres sont en hausse par rapport à 2009. On dénombrait alors 17% d’adolescents en surcharge pondérale et 3,8% jeunes obèses.
(4) RTL, auteur de Pour une révolution délicieuse, ed Fayard
(5) Le Parisien, “Trop de bidoche à la cantoche”, 4 septembre 2019
(6) Actuellement, seule 9% des cantines scolaires proposent un repas végétarien une fois par semaine ou une alternative végétarienne.

  • catherine delavaud dit :

    Bonsoir, je peux confirmer que, malheureusement, durant ces deux dernières années, les élèves en internat mangeaient des protéines animales deux fois par jour. Les signes d’obésité étaient flagrantes. Les élèves ne savent pas composer un menu, du coup, ils se servent selon leurs envies du jour, quel gachis !!!! vivement que ça change. Les infirmières de l’ EN n’ont pas beaucoup de poids dans la constitution des repas, malgré leur motivation d’instituer une alimentation saine.

    • Merci Catherine pour votre témoignage trés intéressant mais…court ! Vous êtes infirmiére ? Institutrice ?

  • Chris dit :

    Article très intéressant. Merci !
    A partir du 1er novembre la loi qui oblige les cantines scolaires a proposer un repas végétarien ou végétalien entre en vigueur. N’hésitez pas à former des Collectifs pour influencer en ce sens les écoles, et a aller sur le site vegecantines.fr (un site de l’association végétarienne de France) pour avoir tous les outils.

  • Claire dit :

    Entièrement d’accord avec cet article. Cependant, je suis enseignante en école élémentaire et votre article seme la confusion en accusant, une fois de plus ” l’école ” alors que ce sont les mairies françaises qui gèrent les cantines scolaires maternelle et primaire en France. Cette précision des mots est très importante car nombre de parents ne le savent pas ou confondent les deux entités. A vos votes aux municipales si vous voulez que les menus changent … Je le répète, ce sont les mairies les gestionnaires et donc les décideurs…

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