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Qu’est-ce que la vitamine B12 et où la trouver ?

Ça va commencer par des fourmillements aux extrémités, une diminution de la force motrice, des pertes de mémoire, une modification de l’humeur, peut-être une dépression…

Quand vous vous en rendrez compte, si la carence en B12 n’est pas comblée rapidement, il est probable que votre système nerveux sera attaqué.

Et en ce qui concerne les enfants, les dommages sont irréversibles…

Disons et redisons-le clairement : la vitamine B12 est absolument indispensable si vous ne mangez pas de viande, de poisson, de lait (et dans une moindre mesure d’œufs).

Ça vous va comme intro ? Un peu plombant, non ?

On ne va pas se mentir : découvrir les effets d’un manque de vitamine B12 dissuaderait à peu près n’importe qui de devenir vegan. Car entre une alimentation vegan où l’on doit se supplémenter et une alimentation non vegan où on ne doit prendre aucun complément, le choix semble être vite fait.

Laissez-moi vous dire que ce n’est pas si simple…

Tout d’abord, qu’est-ce que la vitamine B12 ?

Découverte le 12 décembre 1947, la vitamine B12 est d’origine bactérienne et ne se trouve pour l’instant en quantité suffisante dans aucun végétal (1) ni aucune algue. 

Cette vitamine est produite par des micro-organismes qu’on trouve soit dans le sol et dans les plantes, soit dans le tube digestif de certains animaux (les mammifères herbivores en particulier).

Elle doit aujourd’hui être produite industriellement, cultivée à base de cellules souches. Car il est loin le temps où parmi nos ancêtres, ceux qui ne mangeaient pas de viande trouvaient la B12 dans les souillures, par exemple l’eau des rivières qu’ils buvaient et qui étaient polluées par les déjections des troupeaux.

Ou dans les bactéries présentes sur la peau de légumes cultivés dans un sol exempt de tout engrais et dégustés sans même les laver. 

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La B12 nous est indispensable car :

  • Elle participe à la fabrication des globules rouges, des globules blancs (nos défenses immunitaires) et des plaquettes (qui permettent la cicatrisation).
  • Elle participe à l’entretien du cerveau et du système nerveux.

Elle s’achète en pharmacie, sans ordonnance, en magasins bio, sur les boutiques en ligne.

On peut aussi en trouver dans des produits alimentaires enrichis, céréales de petits-déjeuners, laits végétaux, yaourts au soja (même si ce n’est pas l’idéal, ces produits étant des produits transformés).

Des millions de gens en prennent depuis des années, moi compris pour un faible coût (3 € par mois pour un adulte).

Les enfants, les bébés peuvent – et doivent – être également supplémentés. 

Les posologies varient selon les pays. Les recommandations françaises sont indiquées ici.

OK, je vous entends déjà, même planquée derrière l’écran de mon ordi : comment un vegan, qui est censé adhérer au fait que toutes les ressources nécessaires à l’alimentation existent dans le règne végétal, comment un vegan donc, peut-il accepter de se supplémenter ?

C’est une question fondamentale, dérangeante que je me suis moi aussi beaucoup posée. Et qu’il ne faut ni éluder, ni brandir comme un épouvantail comme le font les adversaires du véganisme.

On peut certes suppléer » a dit un médecin hostile mais est-il raisonnable de faire la promotion d’une alimentation qui ne se suffit pas ? “    

C’est un peu plus compliqué que ça.

Tout dépend ce qu’on entend par une alimentation “qui se suffit”(2).

Car les animaux eux-mêmes sont supplémentés. Ils ne produisent pas naturellement de la B12.

La majorité de la vitamine B12 produite dans le monde va en effet… non pas aux vegans mais aux animaux d’élevage. En 2008, quatre entreprises – une française, Sanofi, et trois chinoises – fournissaient la totalité de la B12 fabriquée industriellement sur terre, soit 35 tonnes. Ces 35 tonnes représentaient environ 6 fois les besoins nutritionnels de l’humanité tout entière (3). 

S’ils étaient élevés dans la nature, cochons et bovins trouveraient naturellement de la B12 dans le sol. Mais ils grandissent aujourd’hui au sein d’élevages intensifs, loin d’un milieu naturel et doivent donc, eux aussi, être supplémentés.

La B12, que les mangeurs de viande trouvent donc « tout naturellement » dans la chair animale est en réalité une vitamine produite à l’aide de bactéries génétiquement modifiées qui n’a fait que transiter dans les organismes des animaux qu’ils consomment…

On résume : les vegan prennent de la B12 en comprimé, les non vegans prennent de la B12 “emballée”, “stockée” dans des animaux (4).

L’animal ne sert que de transmetteur.

En réalité, ce sont les non vegans les principaux consommateurs de B12.

Et puis, poussons le raisonnement encore plus loin.

Est-il plus grave d’être dépendant d’une seule chose, en l’occurrence un comprimé de B12 plutôt que d’être dépendant de la quantité de produits qui sont utilisés dans l’élevage intensif ? Fongicides, insecticides, antibiotiques, suppléments de calcium, de zinc, de cobalt…

Dites-moi quel est le plus dérangeant ? Se supplémenter naturellement ou se supplémenter sans trop savoir avec quoi on se supplémente?

J’espère vous avoir convaincu(e) ou déstressé(e). J’espère avoir dédramatisé. 

Pour ceux qui voudraient aller plus loin, vous pouvez lire ce document qui fait référence, adoubé par les principales associations véganes dans le monde

Pour ceux qui voudraient vérifier leur taux de B12, faites une analyse. 

L’examen le plus fiable est celui qui recense la concentration en acide méthylmalonique (AMM) dans les urines. Il est réalisable sur ordonnance et coûte une cinquantaine d’euros. Attention : il reste peu connu des généralistes qui prescrivent plus souvent un dosage sanguin. Insistez pour vous voir prescrire l’AMM.

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(1) Bio Frères, un labo français a toutefois réussi à cultiver de la B12 à partir de cellules souches de champignons.
(2) Docteur Franck Senninger, auteur de L’enfant végétarien, livre contre le végétarisme des enfants., cité par les cahiers antispécistes.
(3) Chiffre tiré des cahiers antispecistes.
(4) Lire à ce sujet les « animaux emballages » D. Olivier, Les animaux emballages (2012), cité dans les cahiers antispécistes.

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