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janvier 3

Pour en finir avec les bobards sur le soja

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14  comments

C’est une question polémique mais ce n’est pas pour ça qu’il ne faut pas l’évoquer, un terrain miné mais ce n’est pas pour cela qu’il ne faut pas l’emprunter. Parmi les mails que vous m’envoyez, les commentaires que vous postez sur le blog, beaucoup concernent le soja. « Le soja n’est pas inoffensif pour la santé » m’écrivait Nic il y a quelques semaines.

Beaucoup l’accusent en effet d’être cancérigène, d’avoir une incidence notamment sur le cancer du sein.

C’est une question très importante, j’y ai d’ailleurs consacré pas mal de place dans mon prochain livre en recueillant le témoignage de médecins et du spécialiste incontesté du soja en France.

Un faux procès

J’y ai découvert que ce procès fait au soja était un faux procès, ce que vient d’ailleurs tout juste de confirmer une étude très récente passée sous silence [1] , et que de puissants intérêts financiers poussaient à faire croire à la dangerosité de cet aliment, qui a pourtant des vertus nutritionnelles très intéressantes.

Le soja renferme en effet du fer, du potassium, du calcium et des acides aminés présents en quantités comparable à celles qu’on trouve dans la viande. 

Voilà, comme je vous l’avais promis, un extrait de mon livre à paraître au printemps, consacré au soja.

« Sur le podium, dans le top 3 des végétaux, le soja mériterait d’avoir sa place, à côté de la spiruline et pas loin des pois chiches. A des années-lumière du chou kale. Et pourtant… le soja est méprisé et accusé à tort et depuis des années de provoquer le cancer du sein. Alors que c’est juste le contraire…

« Le raccourci a été vite fait »

Le soja serait bourré d’œstrogènes. C’est faux. On croit cela parce que le soja a dans sa composition un mot qui prête à confusion. « Dans le soja, il y a des isoflavones, décrypte le docteur Bernard-Pellet. « Ces isoflavones font partie du groupe – large- des flavonoïdes, eux-mêmes rattachés aux polyphénols mais ils sont improprement désignés comme des phytoœstrogènes. Rien à voir donc avec les œstrogènes mais le raccourci a été vite fait. Les œstrogènes, ça se dissout dans l’huile, ce sont des dérivés du cholestérol et ils proviennent du règne animal alors que les isoflavones, c’est soluble dans l’eau, leur structure chimique est radicalement différente et ils proviennent des plantes ! ».

Dans « phytoestrogénes », la plupart d’entre nous n’ont entendu que le terme œstrogènes et le parallèle a été vite fait…

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Œstrogène ? Les œstrogènes qu’on trouve dans les pilules contraceptives ?

C’est bizarre, les Asiatiques qui le consomment depuis 9000 ans maintenant n’ont rien remarqué !

Notez que les européens, qui le consomment depuis le début du 20e siècle, n’ont rien remarqué non plus ! Aucune étude sérieuse n’est venue prouver que le soja était dangereux. Il n’y a aucun effet secondaire connu chez l’être humain ! 

« En réalité, la consommation de soja permet de diminuer les risques de cancer du sein »

« Au contraire, explique Jérôme Bernard-Pellet, la consommation de soja permet de diminuer les risques de cancer du sein, des ovaires, il a un effet protecteur sur le cancer de la prostate chez l’homme et diminue le risque cardiovasculaire. Il a également pour effet de retarder l’âge de la puberté. Les isoflavones du soja diminuent la stimulation des seins par nos propres œstrogènes. C’est probablement par ce mécanisme que le soja diminue le cancer du sein. Par ailleurs, plus vous prenez du soja tôt dans la vie, plus grandes seront vos chances d’éviter un cancer du sein. On devrait plébisciter le soja et c’est incroyable, c’est tout le contraire qui se produit ».

De puissants intérêts en jeu

Mais qui a intérêt à vouloir dissuader les hommes de manger du soja ?

En réalité, tout le monde, y compris les fabricants eux-mêmes ! Pourquoi ? Parce que les animaux aussi mangent du soja, sous forme de tourteaux. Et qu’il est beaucoup plus rentable pour les fabricants de vendre du soja pour nourrir les animaux que du soja pour nourrir les humains… »

Une preuve absolument irréfutable de cette opération de dénigrement systématique – et savamment orchestrée- du soja existe. Je l’évoque en détail dans mon prochain livre.

Soja et environnement : les vegans sont-ils hypocrites ?

Dans les mails que vous m’envoyez concernant le soja et dans les commentaires que vous faites sur le site, vous pointez aussi souvent les dégâts environnementaux de la culture du soja, notamment en Amazonie.

Julia, par exemple, trouve les vegan « hypocrites » sur le sujet : « Arrêtez déjà de manger des steaks de soja (…) qui est un facteur grave de déforestation de la forêt tropicale et j’arrêterai de manger de la viande issue de l’agriculture biologique et responsable » écrit-elle.

Cette question est complément légitime. Mais il faut savoir que le soja cultivé en Amazonie l’est précisément pour les animaux d’élevage. Le soja consommé par les humains en France vient très majoritairement de France et d’Europe.

N’hésitez pas à double checker sur l’étiquette mais il y a très peu de chance que votre steak de soja vienne de si loin.

Christophe, un lecteur d’Alternative vegan, m’a d’ailleurs fait parvenir un graphique de la marque Sojassun qui l’explique très simplement ici:

Pour rappel, une liste des produits à base de soja :

  • Tofu : riche en protéines végétales (14,6%)
  • Tempeh : mélange de graines de soja immatures et de champignons. Att : ne se conserve pas longtemps. Davantage de protéines que dans le tofu
  • Steak de soja
  • Boisson au soja : Sans lactose et souvent supplémentée en calcium, c’est la seule boisson végétale qui contient tous les acides aminés essentiels.
  • Yaourts au soja : à noter leur faible apport calorique (51 Kcal pour 100g)
  • Miso : soja fermenté servant à faire des soupes ou des sauces
  • Crème de soja : remplace la crème fraîche
  • Sauce soja : issue d’une longue fermentation de fèves de soja et incontournable dans la cuisine asiatique. Lui préférer toutefois la sauce tamari, qui ne contient pas de blé, ce qui adoucit son goût. A choisir bio.

Si vous avez d’autres questions sur le soja (ne me demandez pas la « preuve irréfutable » du dénigrement du soja, je garde quand même quelques surprises pour le livre :-), n’hésitez pas et rendez-vous dans les commentaires !

A très vite !

Laurence

[1] étude de grande ampleur réalisée auprès de 300 000 femmes chinoises et publiée le 21 novembre 2019 European Journal of Epidemiology pp 1–12 Soy intake and breast cancer risk: a prospective study of 300,000 Chinese women and a dose–response meta-analysis . De très nombreuses études existent par ailleurs (voir liste dans Veggie en famille, Hélène Defossez, Lise Lebrun, ed Leduc pratique.

Alternative Vegan Media

Laurence Pieau


A Propos

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  • Merci pour ces informations, je vais continuer le soja comme je le fais depuis des années et même m’en donner à cœur joie. Je ne suis pas très étonnée, ils sont corrompus avec ce machiavélique lobby du lait.

  • Je suis végétarien depuis 3 ans et Vegan depuis 2019 , j’ai 68 ans, je suis après un an d’hôpital devenu végétarien, mais j’ai encore des problèmes pour remplacer le fromage , le lait, les œufs, et j’ai aussi des problèmes de calcium

  • J’ai une amie végétarienne qui a eu un cancer du sein, son cancérologue lui a quand même demandé de limiter sa consommation de soja ! simple mise en garde ou risque réel elle se tient au conseil de ce médecin très compétent en la matière. Parait il que le soja consommé par les asiatiques n’ai pas du tout le même que certaines marques vendues en France dont je ne citerais pas les noms … Moi même végétarienne, je joue la prudence aussi. Il y a d’autres excellentes légumineuses que le soja. Il ne faut pas mettre tous ces oeufs dans le même panier, sage conseil.

  • Tout à fait d’accord, l’agro industrie a d’autant plus intérêt à dénigrer le soja que celui-ci est une bonne concurrence aux produits laitiers si sacro saints (on peut en faire du lait, de la crème, des yaourts, etc….). Sachant que l’anses, l inra et tous ces grands pontes de l’alimentation et “santé” sont gangrenés par les chercheurs rémunérés par l’industrie laitière style Danone… hum…

  • Bonjour, je lis vos mails à chaque fois mais celui-ci je l’ai lu avec encore plus d’intérêt car je limite grandement ma consommation de soja car je pensais effectivement que c’était un perturbateur endocrinien, et avec mon SOPK, pour moi, cela n’était pas compatible du tout.

    Votre article serait une révélation vous n’imaginez même pas :))

    Je ne suis pas sûre d’avoir compris cette phrase “Les isoflavones du soja diminuent la stimulation des seins par nos propres œstrogènes.”

    Que faut-il comprendre par là?
    Pourriez-vous m’éclairer et développer s’il vous plait?

    Merci d’avance et merci pour vos articles.

  • Bonjour,
    Je termine la lecture de votre article, qui vient ainsi compléter des informations récemment entendues et démentant la “prétendue” nocivité du soja. Par contre, celles-ci précisaient que si le soja n’était pas déclencheur du cancer du sein chez la femme, les personnes avec des antécédents de cancer du sein devaient consommer le soja, hors le lacto fermenté, à dose réduite afin d’éviter toute récidive. Ce dernier point est-il abordé dans votre ouvrage, ou sur votre blog ?

  • Bonsoir. Je vous suis quand mes préoccupations avec ma centenaire de mère m’en laissent le temps. Question : Le soja participe à la déforestation au Brésil entre autre. Il est traité avec des insecticides. Soja modifié aussi. Qu’en pensez-vous?

    • le soja destiné à l’alimentation humaine est une quantité infime et il est souvent cultivé en France, notamment dans le sud ouest. Les OGM y sont interdits. En revanche, le soja cultivé aux USA et Brésil, OGM, est destiné aux animaux d’élevage… c’est bien l’élevage qui contribue à la déforestation.

  • Bonjour, Ce que j’avais entendu dire sur le soja était qu’il était destiné aux animaux et que l’humain n’avait pas ce qu’il fallait pour l’assimiler sauf s’il était lacto fermenté comme le tempeh, la sauce soja… J’aimerais bien avoir une preuve qu’il convient autant aux humains qu’aux animaux. Les asiatiques l’ont mangé sous ces formes et non comme nous le mangeons nous les occidentaux alors nous ne pouvons pas savoir si le manger en tofu est si bon que nous le prétendons. Avez-vous des preuves que c’est si bien d’en manger non lacto fermenté?

  • Bonjour, merci pour votre article.
    Personnellement je consommais beaucoup de soja sous toutes ses formes : tofu, lait, crème, pousses germées. Mon petit dej préféré était la crème soja chocolat avec du thé vert mais depuis une dizaine d’années j’ai dû arrêter soja, chocolat et thé parce qu’ils sont tous les trois très riche en oxalates et ça me des calculs rénaux dûs à une malformation (Cacchi Ricci). Maladie détectée après plusieurs séjours en Chine où je consommais bcp de soja et buvais bcp de thé.
    Voilà donc une “contre indication” qui, certes n’a rien à voir avec les phyto-oestrogènes que vous évoquez, mais qui est trop peu connue des personnes sujettes aux calculs rénaux.
    Bonne journée

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