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Abattoirs : manger de la viande c’est cautionner l’enfer

Je veux vivre animaux

Ceux qui y sont rentrés vous disent que ça sent le sang frais, comme à la boucherie, mais en plus fort, une odeur à laquelle il faut ajouter celles des tripes, des intestins, des estomacs… L’odeur est si forte que les gars qui y travaillent s’éloignent des autres en salle de pause pour éviter de dégouter les collègues. Être affecté à la Boyauderie est pour tous une punition…

Je ne connaissais pas ce mot «  boyauderie », et je n’avais aucune raison de le connaître. A la boyauderie, se passent des choses dont le commun des mortels ne doit pas avoir connaissance, comme dans tous les abattoirs d’ailleurs, des choses qui risqueraient de heurter le consommateur. C’est dans la boyauderie de son abattoir de Limoges que Mauricio Garcia Pereira a découvert que certains des utérus des vaches qu’on jetait à la poubelle contenaient des fœtus.

Ces bêtes arrivaient à son poste saignées, déjà décapitées, suspendues par une patte arrière.

Elles avaient été tuées alors … qu’elles étaient pleines.  « Parfois le veau, lui était toujours vivant, à l’intérieur du ventre. Je le voyais bouger, il essayait de sortir ». Au milieu des tripes et des boyaux, Mauricio a ainsi vu dégringoler du ventre de leur mère des fœtus à peine formés mais aussi des veaux sur le point de naître.

Ces phrases sont insupportables à lire, je le sais. Mais est-ce que parce que tout cela est terrible qu’il faut l’occulter ?

QU’AI-JE VU DE PLUS TOUCHANT DANS MA VIE ?

J’ai entendu Mauricio raconter cela et je me suis souvenu des veaux que j’avais vu venir au monde dans la ferme angevine ou je passais mes vacances enfant. Qu’ai-je vu de plus touchant dans ma vie que ce petit sortant du ventre de sa mère, tout humide, chancelant sur ses pattes et tentant bravement, dès ses premières minutes d’existence, de se lever ?

Un vrai combattant ! Une ode à la vie.

Quiconque a approché les veaux sait à quel point ils sont crédules et doux. Sans défense aussi. Ce sont des…bébés.

Les veaux de mon enfance étaient des chanceux. Ils vivaient dans une vraie ferme. Quand une vache vêlait -ça se passait souvent la nuit- c’était l’événement ! Le fermier veillait sa bête quand la mise à bas était imminente, les « renforts » présents à la ferme étaient tirés de leur lit, on toquait à leurs portes et peu importait l’heure !

Il fallait aider la vache. On tirait sur la corde nouée autour des pattes du petit qui se présentait pour l’extraire du ventre maternel d’où il chutait, tout humide sur la paille de l’étable. Là où il allait passer ses premières heures, ses premiers mois avec sa mère.

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«JE CROIS QU’ILS NOUS MÉPRISENT. ILS ONT RAISON»

Aujourd’hui, les veaux grandissent seuls et dans des boxs si petits qu’ils ne peuvent se retourner sur eux-mêmes.

Loin de leur mère à laquelle ils ont été arrachés quelques heures à peine après leur venue au monde, ils poussent au sein d’un élevage intensif au milieu d’une armée de semblables volontairement anémiés (pour que leur chair soit plus blanche) et piqués d’antibiotiques. Le journaliste Franz Olivier Giesberg, a décrit ces hangars à engraissage.

«  Dans leur manufactures à escalopes écrit -il  les veaux au regard d’enfant ne se laissent cependant pas prêts à lécher tout ce qui se présente à eux, mais parfois, quand ils lèvent leur museau humide pour nous observer, leurs regards semblent accusateurs, en tous cas là et fatigués de nous voir. Je crois qu’ils nous méprisent. Ils ont raison. Si on est un homme, on ne peut que détourner les yeux devant les leurs ».

Les veaux lèchent tout ce qui s’intéresse à eux, y compris la main qui va les mener à la mort. Ils sanglotent aussi. Comme des nouveaux-nés.

Ce qui est vrai pour les veaux l’est aussi pour les agneaux. Martial Albar, un inspecteur des services vétérinaires qui a fini par démissionner au bout de 12 ans, se souvient de l’abattage des agneaux comme de la pire épreuve de sa carrière : «  Avant d’être abattus, quand ils sont parqués, ils pleurent comme des bébés. On se croirait dans une crèche.» (1)

LES HOMMES COMME LES BÊTES FACE À L’ÉPOUVANTE

A l’abattoir de Limoges, Mauricio Garcia Pereira a su qu’il allait devenir fou quand il a manqué de poignarder son chef de poste…

Ouvrir le ventre des vaches gestantes l’a fait disjoncter. « Choc post-traumatique » a dit le toubib. Maurizio est parti. Non sans avoir filmé l’enfer pour l’association l214 . Il est aujourd’hui sans job. Enfin, il en a un, mais il n’est pas rémunérateur. Il est « lanceur d’alerte », comme on dit aujourd’hui de ceux qui dénoncent, apportent des preuves contre les lobbys, le plus souvent sans gagner une thune.

Il a fait de ses années d’abattoirs un livre (2). Il revient d’un autre monde, où les animaux de boucherie font face à l’épouvante, que vivent aussi à leur façon, les hommes qui croisent leur dernier regard.

UN MONDE PARALLÈLE AU MILIEU DE NULLE PART

Je me souviens d’un de mes cousins à la campagne qui n’était pas trop doué pour les études. A 18 ans, il est parti travailler à l’abattoir. Ca fait trente ans maintenant. Mais je n’ai jamais su exactement ce qu’il y faisait. Les rares fois où l’on a évoqué le sujet, il a éludé… On ne choisit pas ce job. On ne sait même pas exactement d’ailleurs où il s’exerce.

Les abattoirs n’ont en effet pas d’adresses précises, ils sont installés au milieu de nulle part ; Parfois , on ne les trouve même pas sur les GPS. Et quand on les trouve, on ne peut les approcher tant ils sont protégés par des caméras.

UNE ENCEINTE OÙ SEULS LES PLUS ENDURCIS ONT ACCÈS

A l’intérieur même, on se méfie, le pire se planque. La mise à mort des bêtes aux pattes tremblantes, au cul mouillé (face à la peur, les bêtes nous ressemblent, elles se font dessus) se fait « à part », dans une enceinte à l’intérieur de l’abattoir. Seuls les ouvriers les plus endurcis ou les plus taiseux y ont accès.

Les autres plus sensibles, comme Maurizio interviennent à d’autres endroits de la chaîne où l’on ne voit pas les animaux agoniser, bouger encore, suspendus à leur rail parce que le matador a vrillé, ou que le temps entre l’étourdissement et la mise à mort a été trop long et qu’ils se sont réveillés.

14%  DES ANIMAUX SONT DÉCOUPÉS CONSCIENTS

Savez-vous combien d’animaux arrivent à la découpe en toute conscience ? 14% … Quand ça arrive, pas question d’arrêter la chaine ! Au rythme d’une bête abattue par minute, le temps, c’est de l’argent ! Alors dans ces cas-là et contrairement à la loi, il arrive que des animaux soient suspendus encore vivants, saignés, « dépouillés » de leurs sabots et éviscérés alors qu’ils ne sont pas encore morts.

QUI A FAIT CE RÊVE ENFANT ?

Vous, moi, ne résisterions pas deux secondes à un travail dans un abattoir.

Des ouvriers y passent une vie. S’abîment (3). S’alcoolisent parfois. Tous ou presque partent en vrille. Ils sont 80 000 en France aux prises avec un isolement moral, n’osant pas discuter avec leurs collègues ou leurs proches de leur travail, craignant d’être taxés de sensiblerie. La détresse animale se double d’une détresse humaine. Aucun d’entre nous n’a rêvé enfant, de travailler dans un abattoir.

Comme Maurizio, qui a trouvé ce job (12 heures de travail par jour pour 1100 euros net par mois) après avoir dormi dans sa voiture, ils sont là, faute de mieux. Maurizio devait payer sa pension alimentaire. Comme mon cousin, qui, quand il a pris ce travail, accueillait son premier enfant.

À NOUS LES GRILLADES, À EUX LES MÉTIERS DE SALAUDS !

Aux ouvriers des abattoirs, l’insupportable. Eux prennent chaque jour la réalité en pleine face. Pas nous… Je repose la question : est-ce parce que tout cela est terrible qu’il nous faut l’occulter ?

Plus d’un milliard d’animaux sont tués en France chaque année.  

Pardon, mais comme dans un film de science-fiction, j’en viens à trouver légitime que les bêtes de boucheries aient un jour envie de se venger.

BIO OU PAS, LES ANIMAUX SONT TUÉS DE LA MÊME MANIÈRE

Alors, je vous entends comme je m’entendais moi… Je me revois argumenter : « Je n’achète jamais de la viande ailleurs que chez le boucher , au moins, je connais sa provenance ». « Je n’achète que du bio ».

Mais bio ou pas, petits éleveurs ou pas, les animaux sont abattus de la même manière ! Il y a belle lurette que l’abattage est interdit à la ferme pour des raisons sanitaires. L’abattoir de Boischaut dans l’Indre épinglé en novembre 2018  par L214 pour son extrême brutalité était un établissement bio.  Celui de Mauléon (objet d’une enquête en mars 2016) était étiqueté bio et label rouge.

CAMÉRAS DANS LES ABATTOIRS : L’ETAT S’EST COUCHÉ !

Il y a eu des moments avant de devenir vegan ou je me suis rassurée en me disant que maintenant, il y avait des caméras dans les abattoirs. C’était une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Elle n’a pas été tenue.

Au moment de généraliser la vidéosurveillance dans les abattoirs, la chambre syndicale a manifesté son opposition dans un communiqué. « Cela reviendrait à dire que les femmes et les hommes qui œuvrent dans les entreprises françaises ne font pas, ou mal, leur travail. Nous ne pouvons tolérer cela ! » a prévenu la filière dans une tribune diffusée le 28 janvier 2019. L’Etat s’est couché. Seuls les abattoirs « volontaires » peuvent aujourd’hui faire l’objet d’une vidéosurveillance…

UN ABATTAGE CORRECT ? 80% DES ABATTOIRS SOUFFRENT DE «DYSFONCTIONNEMENTS MAJEURS»

Je me suis rassurée aussi en me disant qu’en France, en 2019, tout était mis en œuvre pour que les animaux soient abattus correctement. Après tout, et en dehors de toute considération morale, les industriels eux-mêmes y ont intérêt !

Un animal stressé, sentant la mort venir, est en effet un animal pas bon à manger : sa chair est remplie de toxines.

Las ! Bouffez de la barbaque avec toxines, du moment que vous la bouffez !

Sur les 263 abattoirs d’animaux de boucherie que compte la France, 80% présentent sur leurs chaines d’abattage des « non conformités » ou  des « dysfonctionnements non généralisés mais majeurs » . C’est l’inspection de la protection animale qui le dit, l’écrit.

Et alors ? Et alors rien !

Exiger des industriels qu’ils respectent ces normes, c’est prendre le risque de s’exposer au chantage de la fermeture d’entreprises. Un trop gros risque.

LE BIEN-ÊTRE ANIMAL , UNE PRIORITÉ VRAIMENT ?

Pourtant, des solutions permettant de rendre moins cruelle la mort des animaux d’élevage existent.

Martial Albar, cet ex inspecteur des services vétérinaires qui a fini par démissionner, a sa petite idée : « Il faudrait «  sectionner la moelle épinière au niveau des premières vertèbres cervicales, a t-il expliqué dans une interview à Libération qui a fait date (4).

“Cela entraînerait une insensibilité totale de l’animal et permettrait une mise à mort par saignée sans souffrance. Mais, en France, déplore t-il, on n’est toujours pas capables de tuer des animaux sans les faire souffrir.

La question du bien-être animal n’est une priorité que dans les textes de loi (5).

Aux Etats-Unis, l’universitaire autiste Mary Temple Grandin, professeur de zootechnie et de sciences animales à l’université d’État du Colorado, docteure et spécialiste de renommée internationale , a travaillé sur les animaux « de rente » et a rapproché la perception animale de celles des autistes.. Cette universitaire, surnommée la « voix des sans voix » a listé ce qui effraie tout particulièrement les animaux : les bruits métalliques, les chaînes qui pendent, les alarmes de recul des véhicules, les petits objets traînant par terre, les entrées de couloirs trop sombres…

Si la moitié des abattoirs d’Amérique du nord est aujourd’hui équipée avec du matériel qu’elle a conçu, c’est loin d’être le cas en France.

LES ANIMAUX SONT COMME VOUS ET MOI, ILS NE VEULENT PAS MOURIR

Impossible par exemple de faire entrer les porcs sans brutalité dans les couloirs trop exigus des abattoirs français. Paniqués, sentant qu’ils vont mourir, les porcs refusent d’avancer, même sous les coups d’aiguillon électrique des employés. Les animaux sont comme vous et moi, ils ne veulent pas mourir…

LE MENSONGE DES ANIMAUX ÉTOURDIS

Si les animaux sentent la mort, au moins, peut-on se dire, ne souffrent-ils pas quand il s’agit de les mettre à mort. En France, la loi impose en effet que l’abattage ordinaire passe par une phase d’étourdissement.

Pour étourdir un animal, on peut utiliser un pistolet à tige perforante, un pistolet d’abattage à percussion, l’électrocution ou l’électronarcose (une décharge électrique traversant le cerveau de l’animal dispensé à l’aide de pinces électriques posées sur leurs oreilles) ou enfin une exposition au dioxyde de carbone.

Problème : tous ces procédés sont censés laisser l’animal inconscient jusqu’à la mort. Ce n’est pas le cas

« Il n’y a pas à ma connaissance d’étude sur la perte de sensibilité à la douleur qu’induit l’électronarcose, explique Martial Albar. Autrement dit, rien ne prouve que l’animal ne ressent pas ce qui se passe ensuite. Ce système d’étourdissement, comme les autres procédés, est avant tout utilisé afin de favoriser le travail de l’homme pour la mise à mort car après avoir reçu la décharge, l’animal tombe à plat, inerte (…) »

« Dans tous les abattoirs que j’ai connus, presque systématiquement, les animaux reprennent conscience avant d’être saignés car trop de temps s’est écoulé depuis le choc électrique. L’électronarcose, ce procédé franchement archaïque, provoque ainsi une souffrance supplémentaire et inutile à l’animal avant d’être tué».

 «PARFOIS , LES ANIMAUX SE RÉVEILLENT D’ENTRE LES MORTS»

Autre procédé qui ne soulage en rien, le matador, une tige électrique de quelques centimètres qui s’enfonce et ressort du crâne des ovins «  Comme une balle à blanc » dit Mauricio. Logiquement, le matador devrait leur faire perdre conscience le temps qu’ils soient exécutés.

«En réalité, l’étourdissement par matador échouerait dans 16% des cas, presque une fois sur six…» (5)

«  Les animaux se débattent, luttent et se réveillent parfois d’entre les morts, la gorge pourtant tranchée depuis de longues minutes. Ces revenants hantent les cauchemars des ouvriers » explique le journaliste Geoffrey Le Guilcher (6) ».

LE MENSONGE DES COCHONS « ENDORMIS »

Les porcs n’ont pas davantage de chance. Eux qui ont déjà quasiment tous été castrés sans anesthésie au cours de leur courte vie (pour que leur viande ne dégage pas d’odeur qui indisposerait le consommateur) ,  passent dans une fosse à CO2 destinée à leur faire perdre connaissance avant leur mise à mort. Un procédé asphyxiant qui brûle leurs voies respiratoires et provoque une douleur extrême.

On pourrait les croire « endormis », c’est en tous cas ce qu’on veut nous faire croire. En réalité, les porcs paniqués « comprennent parfaitement qu’ils sont en train de mourir et poussent des cris perçants peut-on lire dans « La face cachée de nos assiettes », un livre écrit par les associations L214 et Eyes on animals (5).

«Ils se débattent et se jettent contre les parois de la nacelle à la recherche d’un peu d’oxygène . Ils le font tous, sans exception ».

L’HORREUR DES POULETS ÉLECTRIFIÉS

La perte de la conscience avant la mort ne se pose même pas pour les pauvres poulets, qui sont plongés dans un bain d‘eau électrifié.

Quelle a été leur vie, eux qui ne mettent plus que 41 jours avant d’être transformés en poulets rôtis ? Eux qui ont été débecqués à vif poussins, eux qui sont si fragiles qu’ils meurent plus que de raison de défaillances cardiaques ?

OK C’EST HORRIBLE, ME DIREZ-VOUS , MAIS CA VA TRÉS VITE

Tout dépend de ce que l’on entend par « vite »…

Et tout dépend si vous mangez halal ou pas. Comment ça, vous ne mangez pas halal ? Détrompez vous !

Qu’est-ce que l’abattage rituel ? C’est un abattage (halal ou casher) où les animaux ne sont pas étourdis avant d’être égorgés. En théorie, tués de cette façon, les animaux devraient moins souffrir.

Dans la réalité, les bovins ainsi saignés souffrent abominablement car ils peuvent demeurer conscients une quinzaine de minutes, parfois davantage, après égorgement …

«CES SCÈNES DÉPASSENT L ENTENDEMENT»

Martial Albar raconte : « Généralement, les moutons sont suspendus par une patte arrière et égorgés en pleine conscience. Les vaches et les veaux sont quant à eux placés dans des dispositifs mécaniques de contention, des sortes de cages rotatives qui se referment sur eux et se retournent. L’animal se retrouve les pattes en l’air, la tête enserrée dans un système qui fait tendre son cou. Le sacrificateur tranche profondément sa gorge, puis le piège se retourne à nouveau, l’animal tombe, parfois il tente de se relever, alors que sa tête ne tient plus que par la colonne vertébrale, avec des projections de plusieurs mètres… Ces scènes dépassent l’entendement. »

IL VOUS ARRIVE DE MANGER HALAL MAIS VOUS N’AVEZ PAS LE DROIT DE LE SAVOIR

Comment la chair de ces poulets, bovins, , hang selon des méthodes qui « dépassent l’entendement » peut-elle donc se retrouver dans le circuit traditionnel ? Réponse : parce que cette viande n’a pas l’obligation d’être étiquetée !

Les industriels s’opposent en effet à la mention obligatoire « abattage sans étourdissement » de peur de faire fuir les consommateurs.

C’est juste dingue quand on y pense: vous n’avez même pas le droit de savoir ce que vous mangez !

SURTOUT NE PAS FÂCHER LES GROS CLIENTS

Et, vous savez dans tout cela quel est le plus révoltant ? C’est que les bêtes tuées façon halal pourraient mourir avec moins de souffrances si tout cela n’allait pas à l’encontre des intérêts des industriels français.

Ces derniers ont en effet pour plus gros clients l’Egypte et l’Arabie Saoudite qui ont sur le sujet de l’abattage halal des positions extrêmes, qui ne supportent aucune forme d’étourdissement.

«Des positions qui sont loin de faire l’unanimité dans le monde musulman » remarque L214, qui poursuit « Pour ne pas braquer leurs gros clients, les transformateurs français bloquent donc aujourd’hui, tout débat sur la possibilité pourtant réelle de proposer de la viande 100% halal obtenue au prix de moins de souffrances pour l’animal» (5)

MANGER DE LA SOUFFRANCE ET DE L’HUMILIATION

Qui sommes nous pour infliger cela aux animaux ?

Manger cette viande issue de ces abattoirs , c’est manger de la souffrance, bestiale et humaine, de l’humiliation.

Ne pas vouloir savoir ce qui s’y passe, c’est accepter de se faire enfumer par les lobbys.

Le lobby de la viande et de l’industrie laitière cherche à tout prix à dissocier de l’esprit des consommateurs la viande de la bête. Jean-Paul Bigard, patron de la marque Charal, l’a complétement assumé devant la commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs (5).

En clair, bouffez  vos saucisses, on s’occupe de tout ! (5)

NI IGNORANTS, NI COMPLICES !

Je n’accuse personne. Je revendique juste le droit que nous ne soyons plus tenus dans l’ignorance. Qui parmi vous, nous, a envie de faire sciemment du mal aux animaux ? Personne !

Qui a envie de continuer à être les complices passifs de ce que nous leur faisons subir, à eux et aux hommes qui leur donnent la mort ?

Je me souviens d’un dîner où une dame m’avait demandé de lui expliquer pourquoi je ne mangeais plus de viande. Au bout de cinq minutes, elle m’avait demandé d’arrêter : « Je ne veux pas parler de ça ».

Alors, certes, je peux parler de tout et de rien en caressant le chat de la maison qui, lui, à la chance d’être bien traité même s’il n’est pas plus intelligent que les animaux que nous mangeons (à ce sujet lire L’intelligence du cochon).

 Je le peux mais je ne pourrais pas ignorer longtemps, tout comme vous, que les ressources de la planète étant limitées, nous serons bientôt obligés de renoncer à la viande et aux produits animaux.

En France ( 5ème pays producteur de viandes) comme partout dans le monde, des alternatives fleurissent de partout.

Si vous continuez à lire mes newsletters, vous serez au fait de toutes ces alternatives.

Vous saurez qu’il y a plein d’autres solutions. Et qu’en changeant une seule chose, son alimentation, on peut changer plein de choses (7).


Toute le série des Repentis : Pourquoi devenir Vegan ?

Les repentis 1 – Maurizio Garcia Pereira
Les repentis 2 – Sivalingam Vasanthakumar
Les repentis 3 – Rémi Thomas
Les repentis 4 – Carole


Sources :
(1) – Libération , 16 mai 2016

(2) – Ma vie toute crue, Mauricio Garcia Pereira, edition Plon

(3) – Selon un rapport commandé par la Mutualité Sociale Agricole en…2005, (MSA) et exhumé par le journaliste Geoffrey Le Guilcher qui s’est infiltré dans un abattoir, 89% des hommes et 92% des femmes travaillant dans les abattoirs bretons souffrent de TMS (Troubles musculo-squelettiques) Selon ce rapport, le métier d’opérateur en abattoir est « l’un des plus difficiles du monde industriel ». Rapport de 2005 intitulé «  Santé et travail dans l’industrie de la viande »

(4) – Depuis 2013, tous les abattoirs de France sont tenus de désigner dans leur personnel “un responsable du bien-être des animaux, qui est garant de la bonne application des mesures relatives au bien-être des animaux”.

(5) – Cité dans La face cachée de nos assiettes, L214, eyes on animals, ed Robert Laffont

(6) – Steak Machine, Geoffrey Le Guilcher ed Goutte d’Or 2017

(7) – L’animal est une personne, ed Fayard


  • jacqueline soulie dit :

    comment faire pour qu’il y ait un contrôle obligatoire permanent dans chaque abattoir (avant de les supprimer totalement..mais ce n’est pas pour demain mais il faut y croire…)il faudrait un poste créé complètement indépendant ..mais qui pourrait supporter ces visions cauchemardesques de ces souffrances …???

    • Il faudrait déjà Jacqueline, que soit honorée une des promesses de campagne du candidat Macron : mettre des caméras dans les abattoirs. Mais en avril 2018, les députés ont rejeté cet amendement comme plein d’autres qui auraient pu contribuer à une amélioration de ce qu’il est convenu d’appeler “le bien-être animal”. Selon un sondage Ifop commandé par 30 millions d’amis, 78% des français estiment qu’Emmanuel Macron ne prend pas suffisamment en compte la protection animale. Comment leur donner tort ?

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