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Les repentis 3 – Rémi Thomas, ex employé de boucherie devenu antispéciste

Remi a mis longtemps avant de réaliser que la viande qu’il manipulait provenait d’un être vivant… Une vidéo montrant des images choquantes d’abattoir a mis fin à son déni. Depuis, il est devenu vegan et milite pour la cause animale. Même si au sein de sa famille, il est « perçu comme quelqu’un d’anormal… »

En juin 2016, Rémi, angevin de 27 ans, commence un nouveau travail : employé en boucherie dans un supermarché. À cette époque, cet emploi ne revêt aucune considération particulière pour lui. Il consomme de la viande et considère qu’il fait partie de la chaîne de production. « Au poste auquel j’étais employé, je ne voyais pas le début de la chaîne. Je voyais la bête déjà à moitié découpée donc pour moi, l’animal était quelque chose, pas quelqu’un. Je voyais la viande comme je voyais les légumes, comme un ingrédient. »

«Au fond de moi, je savais que les vegan avaient raison »

Consciemment, Rémi dissocie alors les pièces de viande qu’il manipule, de l’animal. Pour autant, il n’est pas sourd au discours ambiant sur la réduction de la consommation de viande. « Je n’avais rien contre les vegan, mais dès qu’on voulait m’imposer ce régime, j’avais un rejet et j’étais dans le déni. Au fond de moi, je savais que les vegan avaient raison. Mais comme leur vérité me dérangeait, je fermais les yeux sur les choses qui étaient évidentes parce que ça voulait dire que, si je prenais vraiment en compte leur discours, j’allais devoir faire des changements dans ma vie et je n’en avais pas envie à ce moment. Je voulais rester dans mon confort et garder mes habitudes. »

«Tuer les animaux n’est pas une nécessité pour vivre»

Mais au bout de quelques mois, Rémi découvre par hasard sur les réseaux sociaux une vidéo de l’association L214 montrant la souffrance animale dans la chaîne de production de viande. C’est un premier choc : « Je me suis dit, on tue les animaux par habitude culturelle, ce n’est pas une nécessité pour vivre. Si c’est ça qu’il faut faire pour produire, je ne mange plus de viande ! »

Etre boucher et défendre la cause animale

La « claque » Earthlings

En quelques semaines, il opte pour un régime végétarien. D’autant qu’il a continué à se documenter sur le sujet et que sa conviction s’est renforcée. « L’Académie américaine de nutrition et de diététique, la plus grande organisation mondiale de la santé, a prouvé que les humains n’ont pas besoin de produits animaux pour être et rester en bonne santé », explique-t-il. Puis il découvre le documentaire américain Earthlings  : « Une claque ! » Sans filtre, le film montre le sort réservé aux animaux dans les élevages et abattoirs, mais aussi leur condition dans les fermes d’animaux de compagnie, dans les zoos et cirques et leur utilisation pour des expérimentations scientifiques.  « Au bout de dix minutes de visionnage, je savais que je deviendrai vegan et antispeciste ».

«L’antispecisme, c’est la continuité d’autres mouvementscomme l’antiracisme ou l’anti sexisme»

Adopté par la plupart des défenseurs de la cause animimaleale, l’antispecisme réfute la place l’espèce humaine au centre et au sommet de l’ensemble des espèces du monde vivant et considère, a contrario, que l’homme est une petite partie d’une famille bien plus grande : le règne animal. Il n’aurait donc pas à décider de la manière dont on doit traiter et considérer les autres espèces, comme les animaux. « Je considère que l’antispecisme, c’est la continuité d’autres mouvements sociaux comme l’antiracisme ou l’anti sexisme. C’est arrêter de détruire ceux qui nous sont différents. Je suis convaincu que l’abolition aurait bien lieu, c’est une suite logique. »

En accord avec cette philosophie, Rémi devient vegan à l’été 2017. « Pour moi, c’est un devoir. La science nous a prouvé maintes fois que les produits animaux sont purement facultatifs et on sait que pour les produire, il faut commettre des injustices envers eux. Si quelque chose est autant facultatif qu’injuste, il est logique de ne plus participer à cette injustice et de ne plus la commettre. »

Employé de boucherie et vegan…

Etre boucher et défendre la cause animale

Mais contre tous ces nouveaux principes de vie, il continue à travailler au sein de la boucherie par nécessité financière. « C’était le conflit total dans ma tête. Je participais aux choses que je dénonçais. J’avais honte. Durant cette période, je militais et le lendemain, je retournais travailler dans la boucherie. C’était très difficile à gérer. Je me souviens de ce jour où j’étais à mon poste de travail et j’ai reçu une notification sur mon téléphone m’informant que des militants bloquaient un abattoir alors que moi, j’étais dans mon laboratoire. Ma place n’était plus ici… », se souvient Rémi.

«Au sein de ma famille, je suis perçu comme quelqu’un d’anormal»

En mai 2018, il quitte enfin son emploi de boucher et applique complètement ses nouveaux préceptes. Un choix de vie qu’il n’imaginait pas aussi clivant. « Auprès de ma famille, je suis perçu comme quelqu’un d’anormal. On m’a dit plusieurs fois que j’étais entré dans une secte. J’ai perdu beaucoup d’amis. Il y a eu des distances avec ma famille. Mais petit à petit, ils entrevoient que je n’ai pas tort. »

Les réponses aux questions que tout le monde se pose !
Ma famille ne comprenait pas mon choix vegan et cause animale

« Ça va peut-être être long mais c’est inévitable » Convaincu que ses choix sont les bons et que l’humanité en prendra conscience, Rémi est très désormais engagé et milite auprès d’association de défense des animaux pour dénoncer et informer. « C’est notre manière de militer qui fera avancer les choses plus rapidement ou non. L’humain a toujours évolué en élargissant sa sphère de considération morale. La prochaine étape de la progression morale de l’humanité, c’est de ne plus faire de l’espèce un critère de discrimination. Du coup, je suis optimiste. Ça va peut-être être long, mais c’est inévitable. Albert Einstein disait : Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire… »

C'est quoi le plus bizarre, prendre le lait d'une vache ou le laisser à son veau?

Toute le série des Repentis : Pourquoi devenir Vegan ?

Les repentis 1 – Maurizio Garcia Pereira
Les repentis 2 – Sivalingam Vasanthakumar
Les repentis 3 – Rémi Thomas
Les repentis 4 – Carole

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